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Un comité mixte à la rescousse du local
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Un comité mixte à la rescousse du local
Le gouvernement prête une oreille attentive aux préoccupations de l?industrie manufacturière domestique. Un groupe de travail conjoint gouvernement-secteur privé a été institué pour aider l?industrie non-zone franche à faire face à la concurrence des produits importés.
Le gouvernement a effectivement annoncé à l?issue du Conseil des ministres jeudi qu?un joint working group étudiera les mesures à prendre pour aider l?industrie domestique qui vit essentiellement du marché local. Ce secteur emploie 55 000 personnes et contribue 12 % au produit intérieur brut (PIB).
Dans le sillage de la présentation du budget 2005-2006, l?Association of Mauritian Manufacturers (AMM) a tiré la sonnette d?alarme sur les risques de pertes d?emplois dans ce secteur en raison de la baisse des droits de douane sur les produits importés. Le Joint Economic Council (JEC) et l?AMM ont proposé une série de mesures pour permettre à l?industrie locale de demeurer compétitive malgré l?importante baisse des droits de douane.
Dans le dossier remis au gouvernement, le JEC et l?AMM réclament pour l?industrie domestique le même traitement que la zone franche pour les intrants et les tarifs des utilités publiques (eau, électricité, etc.). Ils arguent que l?avenir de l?industrie locale est de se lancer résolument dans l?exportation car le marché domestique est trop restreint. Dans cette logique, il serait normal que l?industrie locale ait les mêmes avantages que la zone franche.
Les entreprises de zone franche paient l?eau à Rs 12.50 le mètre cube tandis qu?une usine non-zone franche paie l?eau à Rs 16 le mètre cube. La même différence de traitement se vérifie au niveau des tarifs d?électricité. Le tarif de jour pour la zone franche est de Rs 1,89 le kilowatt/heure et de Rs 2,44 le kilowatt/heure pour l?industrie locale. De même, l?industrie locale paie l?huile lourde plus cher.
Pour un même traitement
«Le salut de l?industrie locale est dans l?exportation mais pour pouvoir exporter, elle doit avoir un traitement égal à la zone franche d?exportation», soutient un responsable du secteur privé proche du dossier.
Par ailleurs, dans un dossier remis au gouvernement, le JEC et l?AMM identifient quelques matières premières qui sont toujours taxées à l?importation bien qu?elles ne soient pas produites localement. Si elles l?étaient, cela aurait pu justifier le maintien des taxes à l?importation, mais tel n?est pas le cas. Le secteur privé réclame donc l?abolition de ces taxes.
Par ailleurs, le JEC et l?AMM comptent aussi soulever les cas de certains sous-secteurs spécifiques particulièrement affectés par les mesures budgétaires. Y figure la production de jus de fruits, qui pourra difficilement soutenir la compétition des produits importés. Les embouteilleurs de whisky importé risquent aussi de souffrir. La taxe a augmenté sur le whisky importé en fûts et cela a entraîné une hausse conséquente du prix du whisky embouteillé localement.
Le joint working group mis sur pied se penchera donc sur les propositions du JEC et de l?AMM. Il étudiera aussi la possibilité de maintenir un niveau de tarif résiduel sur une liste de produits sensibles pour les producteurs locaux. Le comité sera présidé par Ayoob Nakhuda, conseiller spécial au bureau du Premier ministre. Il comprendra Patrick Yip, directeur de la Fiscal Policies Division, et Radakrishna Chellapermal, directeur de la Financial Policy Analysis Division du ministère des Finances.
Le secteur privé sera représenté par Raj Makoond, directeur du JEC, Jacques Li Wan Po, président de l?AMM et Gilbert Espitalier Noël, directeur des opérations de groupe FAIL.
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