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Un cadre légal pour les « bouncers »
Rien ne sera plus comme avant pour ces agents, communément appelés videurs ou bouncers, chargés de la sécurité dans les discothèques, clubs privés et autres restaurants. Leur profession sera désormais réglementée par un amendement au Private Secu-rity Service Act de 2004. Et ce, au même titre que pour les agents affectés à la protection des personnes et des biens, et qui sont employés par des compagnies enregistrées dans le cadre des dispositions de cette même loi.
L?une des dispositions de ce projet d?amendement préconise que toute organisation qui détient un permis pour employer des agents, ou encore les opérateurs qui veulent les emplo-yer ou mettre un terme à leur contrat, doivent en informer le commissaire de police dans un délai de sept jours.
Ce projet d?amendement a toutefois obtenu un accueil mi-figue, mi-raisin de la part des opérateurs du secteur. Pour Philippe Harel, un des directeurs de Bodyguard Co Ltd, le gouvernement a raté une occasion en or d?apporter des changements réfléchis et en profondeur dans la profession d?agent de sécurité.
« C?est, certes, une bonne chose que ce métier soit enfin reconnu par les autorités. Je me bats depuis longtemps pour que disparaissent les étiquettes et autres clichés négatifs associés à ces personnes qui exercent une profession plus qu?utile à la société », confie notre interlocuteur.
Toutefois, ce dernier regrette que les autorités n?aient pas jugé utile de con-sulter des professionnels de ce domai-ne. « On donne l?impression que ce projet de loi a été rédigé dans la précipitation. Cela crée la perception, à tort peut-être, que le cadre légal a été envisagé dans le seul but de montrer à l?opinion publique que désormais, les videurs de discothèques ou autres seront plus que surveillés par la police », poursuit Philippe Harel.
Il estime, en outre, que ce projet de loi aurait dû, au moins, inclure une disposition définissant les conditions dans lesquelles un agent est en mesure de faire usage de la force, comme c?est le cas pour la police.
« Dans le cas actuel, l?agent ne dispose d?aucun filet de protection contre les revers de ce métier à risque. »
Tout en accueillant l?objectif de ce projet d?amendement, Appanah Yee-riah, Managing Director de Caudan Security Services Ltd, veut qu?on aille plus loin. Il trouve indispensable la mise en place d?une Mauritius Security Industry Authority, dont le rôle principal sera d?exercer un contrôle sur l?ensemble des opérateurs de ce secteur.
Éric Rey, Chief Executive Officer de Brinks abonde dans le même sens.
Il pense que dans le domaine de la sécurité, Maurice est sur la bonne voie. La prochaine étape, selon lui, serait d?atteindre un degré de développement où des normes spécifiques seront fixées.
Pour obtenir leur accréditation, les opérateurs du secteur de la sécurité devront alors démontrer que la qualité de leur service est à la hauteur des exigences des normes établies.
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