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Un budget populaire mais raisonnable ?
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Un budget populaire mais raisonnable ?
La tentation de présenter un « budget électoraliste » à quelques mois d?une consultation nationale est grande. Et le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pourrait se permettre d?y céder. Car il peut jongler avec les taxes indirectes pour se laisser aller à certaines largesses tout en restant «fiscalement correct ».
Durant les trois premiers mois de l?année financière 2004-05, la taxe à valeur ajoutée (TVA) a déjà contribué Rs 2,8 milliards, soit 23 % des recettes projetées pour l?exercice fiscal. Durant la période de grande consommation de novembre-décembre, les rentrées d?argent dans les caisses de l?État via la TVA devraient avoir été plus importantes encore.
« La TVA est buoyant. Je pense que le gouvernement pourra atteindre ses objectifs en termes de recettes grâce à la croissance dans la consommation des ménages », avance Eric Ng, directeur du cabinet Pluriconseil.
Même avec un taux inchangé de 15 %, la TVA a fait entrer Rs 1 milliard de plus en 2003-04 comparé à 2002-03. Le taux est resté inchangé pour cette année financière, mais les dépenses supplémentaires des ménages sur les biens et les services seront déterminantes.
La consommation des ménages a progressé de 6,7 % en 2004 contre un taux de 4,9 % en 2003. À ce rythme, il ne devrait pas être trop difficile d?atteindre les objectifs fixés et même songer à apporter une certaine détente fiscale.
Une TVA florissante accorde aux autorités une meilleure flexibilité dans l?administration des droits de douane.
« Le gouvernement a les moyens d?enlever les droits de douane sur des articles de consommation populaire », estime Eric Ng.
Le vice-Premier ministre pourra ainsi proposer un budget avec une dose électoraliste tout en restant dans les limites de la responsabilité fiscale. En même temps, les autorités doivent aussi répondre à certaines exigences de l?Organisation mondiale du commerce et des entités régionales en procédant à l?élimination graduelle des barrières tarifaires.
Une meilleure malléabilité mais une pression latente
Selon les prévisions initiales pour l?année financière en cours, les recettes fiscales seront de l?ordre de Rs 32,7 milliards : TVA (37 %) ; taxes sur le commerce international (24 %) ; corporate tax et impôt sur les individus (17 %) ; le reste (22 %).
Les finances de l?État restent sous pression, malgré une meilleure malléabilité par rapport aux années précédentes. Le déficit public se chiffrera à environ Rs 9 milliards, soit 5,1 % du produit intérieur brut (PIB). Le grand argentier consacre une enveloppe de Rs 37,2 milliards aux dépenses courantes et une autre d?un montant de Rs 7,4 milliards au budget de développement.
Même si le gouvernement a beaucoup investi dans la construction de logements sociaux, routes, écoles, services de santé, services publics, infrastructures sportives et parcs informatiques depuis 2000, il lui reste encore de gros chantiers tels le tout-à-l?égout et le logement social à compléter.
La marge de man?uvre du grand argentier ne dépend pas uniquement de l?État actuel de la trésorerie. Elle est aussi tributaire du déficit budgétaire auquel il consentira pour la prochaine année financière. « Même s?il se fixe un objectif de 4,5 % du PIB, il aura toujours une large marge de man?uvre », affirme Eric Ng.
En tout cas, l?objectif des 3 % du PIB déclaré au début du mandat est hors d?atteinte. Les remèdes pour le déficit public ne seront pas pour ce mandat.
Préparer l?emploi du futur
Le secteur sucrier et la Mauritius Employer?s Federation (MEF), les derniers à avoir soumis leur mémorandum dans le cadre des consultations pré-budgétaires, ont tous deux de sérieux défis à relever. Le premier doit dès maintenant se restructurer en profondeur afin de ne pas être balayé par l?abolition des prix et quotas garantis que lui consent l?Europe pour le moment. Tandis que le syndicat des patrons doit avoir des objectifs concrets en tête afin que la main-d??uvre qui travaillera demain dans les usines de textile ou le secteur des technologies de l?information et de la communication soit productive et proprement encadrée.
La MEF demande au gouvernement de mettre en place toutes les mesures nécessaires afin d?améliorer les compétences de la main- d??uvre existante. Lui assurant ainsi une plus grande mobilité. La formation additionnelle permettra aussi, en cas de perte d?emploi, un recyclage facilité.
Les associations de l?industrie sucrière pointent du doigt, avec raison, la nécessité d?une action rapide. Afin de préparer le secteur au démantèlement des préférences européennes, l?industrie réclame une application immédiate du plan d?action accéléré pour ce secteur. Celui-ci comprend l?accès au financement pour le développement de projets novateurs mais aussi le déblocage de fonds spécifiques pour aider les entreprises sucrières à se désendetter.
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