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Un autre séisme prévu mi-avril
Un malheur ne vient jamais seul, dit-on? C?est d?autant plus vrai pour les tremblements de terre. Malgré la levée de l?alerte au tsunami hier à 4 heures du matin, les services météorologiques demeurent vigilants. D?après les données qu?ils ont collectées, les techniciens attendent une réplique d?ici deux semaines en Indonésie. On n?en connaît toutefois pas la magnitude. C?est ce qu?a annoncé à l?express Soobaraj Sokappadu, le directeur de la station de Vacoas, hier.
Il a précisé que des directives ont été données hier à tous les techniciens de la météo pour qu?ils consultent tous les jours les sites Internet sur les tsunamis et ?cette réplique qui est attendue?.
Il a souligné que, fort heureusement, aucun dégât n?a été enregistré dans les parages. ?Il n?y a pas eu de séries de vagues qui ont déferlé sur Maurice et Rodrigues. Les vagues ont été basses.?
Les vagues étaient de moins d?un mètre de haut, confirme Jacquelin, un commerçant très connu à Port-Mathurin. Il a confié à l?express que les pêcheurs ont pris toutes les précautions nécessaires en ramassant leurs bateaux. D?autres Rodriguais qui vivent de l?élevage ont rentré leurs animaux et leurs effets personnels.
Les informations en provenance de la station météorologique du Japon sont minutieusement analysées chaque jour. Rien n?est laissé au hasard ,a indiqué Soobaraj Sokappadu, depuis le tsunami du 26 décembre 2004 et la menace de lundi.
La station météo japonaise assume l?intérim de la surveillance des tsunamis pour l?océan Indien, en attendant qu?un nouveau centre sophistiqué entre en opération. Il sera probablement mis en place dans le sud-ouest de la région.
Cette station a informé en premier la météo de Vacoas, lundi vers 21 h 29 des risques de raz-de-marée dans l?océan indien, dont Maurice. Cinq minutes après, les Etats-Unis, à travers leur antenne dans la région et dans le Pacifique, ont alerté les autorités mauriciennes.
La nuit de lundi a été très mouvementée. Un vent de panique a soufflé sur les côtes du pays. Des appels téléphoniques de Mauriciens résidant aux Etats-Unis, d?Italiens et de Français qui ont suivi les informations sur la possibilité qu?un raz-de-marée touche l?île, ont augmenté la peur.
D?autre part, de nombreux touristes et responsables du secteur hôtelier estiment qu?il serait souhaitable que les autorités en charge du comité des calamités naturelles expliquent aux Mauriciens et aux touristes quelle route emprunter et où se diriger en cas de danger réel de tsunami.
A en croire Prem Saddul spécialiste en géomorphologie, d?autres tsunamis pourraient toucher Maurice dans les années à venir. Un puissant séisme marin comme celui qui s?est produit le 26 décembre et lundi, près de Sumatra, pourrait amener les vagues jusqu?à Maurice si le même phénomène a lieu à Java.
Il affirme de plus que, d?ici 2020, il est probable qu?un énorme bloc de glace aussi grand que Madagascar se détache très loin au sud de Maurice, en provenance de l?Antarctique. Cela provoquerait un tsunami qui pourrait avoir de graves conséquences pour le pays. Le réchauffement de la planète serait à l?origine d?un tel phénomène.
L?autre danger, à très long terme sur l?échelle humaine, estime Prem Saddul, viendrait de l?activité volcanique à l?île de la Réunion. Elle fera émerger dans le sud-sud-est marin de l?île S?ur une île volcanique qui provoquerait des mini tsunamis dans un proche avenir géologique, soit des dizaines de milliers d?années.
Il n?écarte pas l?idée que des volcans pourraient à nouveau entrer en irruption à Maurice. Il parle de l?axe Bassin-Blanc?Mon-Piton où des activités volcaniques sont réelles. Cela s?explique par le fait que Maurice se trouve sur la plaque somalienne, très active, et qui bouge à une vitesse de 6 à 7 cm par an vers le nord-nord-ouest. Le mouvement de cette plaque a entraîné la cassure du continent africain de la Mer Rouge jusqu?à Maputo et tout au long de la rift valley de l?Afrique de l?est. Une autre île continentale comme Madagascar émergera.
Maurice doit se préparer à faire face à ces calamités dès maintenant, soutient-il.
Plus de mille morts en Indonésie
Le puissant séisme qui s?est produit lundi soir dans l?océan Indien aura peut-être fait plus de mille morts sur l?île de Nias, dans l?ouest de l?Indonésie, mais la crainte d?un nouveau tsunami lié à cette secousse est vite retombée en Asie du Sud.
L?épicentre de ce séisme de magnitude 8,7 se situait à 160 km environ au sud-est de la zone où avait eu lieu, le 26 décembre, un tremblement de terre suivi d?un raz de marée régional dont le bilan s?élève à près de 300 000 morts ou disparus à travers l?Asie.
Selon le centre indonésien pour les catastrophes naturelles, un millier de personnes ont été tuées par la dernière secousse. Elle était deux ou trois fois moins puissante que celle du 26 décembre, qui accusait une magnitude de 9,0 points, mais elle s?inscrit néanmoins dans les huit plus fortes enregistrées dans le monde depuis 1900.
Le vice-président indonésien, Jusuf Kalla, a jugé possible que le bilan atteigne 2 000 morts. Le séisme a frappé non loin de l?île de Nias, à l?ouest de Sumatra, et a dévasté sa ville principale, Gunungsitoli. L?aérodrome est endommagé et le premier avion apportant des secours n?est parvenu à atterrir que mardi soir.
Le séisme de lundi, qui s?est produit vers minuit heure locale, a semé la panique dans l?ouest de l?Indonésie, au Sri Lanka et sur les côtes indiennes, malaisiennes et thaïlandaises, les secteurs les plus touchés par le tsunami de décembre.
Malgré l?heure tardive, les pays de la région ont bien réagi même si l?on a observé beaucoup de panique. Par contraste avec ce qui s?était passé il y a trois mois du fait notamment que les pays de la région n?étaient pas intégrés à un réseau d?alerte, le risque a immédiatement été signalé par le Centre d?alerte aux tsunamis du Pacifique, basé à Hawaï.
Panique
Policiers, soldats, moines, pêcheurs et habitants des zones côtières de l?océan Indien ont fait usage de mégaphones, de radios, de téléphones et mêmes de cloches de temples pour avertir les populations du risque de raz-de-marée.
Toutefois, bien avant l?aube, les alertes avaient été levées en Inde, en Malaisie, au Sri Lanka et en Thaïlande. ?Le système fonctionne infiniment mieux cette fois?, a déclaré Jan Egerland, coordonnateur de l?Onu pour les secours d?urgence.
A Banda Aceh, capitale de la province indonésienne la plus touchée par le tsunami de décembre, des habitants saisis de panique se sont précipités dans les rues après le séisme de lundi. ?Nous sommes descendus dans la rue et la panique a commencé. Des gens criaient L?eau ! L?eau ! C?est l?eau qui revient !? a rapporté un employé municipal.
Ailleurs dans l?océan Indien, des embouteillages se sont formés sur les routes côtières de nombreuses stations touristiques, habitants et vacanciers empruntant tous les moyens de transport disponibles pour gagner des zones surélevées.
Sur l?île thaïlandaise de Koh Phi Phi, dévastée par le tsunami de décembre et rendue célèbre par le film La Plage, les bars se sont vidés dès que le téléphone et le bouche à oreille eurent fait leur travail.
Le tremblement de terre a été ressenti jusqu?à Singapour et dans la ville malaisienne de Penang. Selon Don Blakeman, porte-parole de l?institut de géologie américain, il s?agissait à la fois d?une réplique du séisme de décembre et d?un ?très sérieux tremblement de terre à part entière?.
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