Publicité

Un attrait constant pour la nouveauté

23 février 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

VALERYE Laroche-Coralie, 29 ans, depuis un an et des poussières, Madame Elvis Gardenne, est une jeune femme très réservée. Qui n?aime pas se raconter. Et quand elle le fait, elle mesure ses paroles. Elle ne veut pas donner d?elle, l?image d?une prétentieuse.

Et pourtant, il n?y a aucun mal à être ambitieux. Surtout quand c?est de l?ambition saine comme dans son cas. Valerye a soif d?apprendre, de s?améliorer? de maîtriser de nouveaux domaines. D?ailleurs, elle a du mal à comprendre que d?autres restent dans leur confort professionnel au lieu d?essayer d?approfondir leurs connaissances.

Cela tient sans doute au fait que dès son entrée à Rogers Aviation, il y a une dizaine d?années, elle n?avait pas de supérieur attitré. Elle faisait le travail de secrétariat pour les managers qui n?ont pas de secrétaire. Ce qui a, sans doute, développé chez elle, le goût de la nouveauté.

Mais sa personnalité a toujours été affirmée. Elle a toujours réclamé un traitement égal pour elle et ses trois frères et s?urs. A 15 ans, par exemple, elle fait la guerre à sa mère pour être autorisée à aller en boîte de nuit comme son frère aîné. Et obtient gain de cause lorsqu?elle menace de ne plus nettoyer la maison.

Au terme de sa Form VI au collège Lorette de Rose-Hill, et en attendant ses résultats, Valerye travaille au Kids Club de l?hôtel Sugar Beach. Elle suit, en parallèle, un cours d?informatique lui permettant de maîtriser les programmes Word et Excel, le minimum requis par les employeurs.

Insatisfaite de ses résultats, elle reprend le chemin de l?école pour une troisième année de Form VI. Lorsqu?elle termine, elle est embauchée à La Pirogue comme secrétaire d?un des managers. Même si le secrétariat ne lui plaît pas, elle aime par contre, faire des entrées sur l?ordinateur d?informations ayant trait à différents départements. Ce n?est pourtant pas sa responsabilité mais elle tient à apprendre quelque chose de nouveau. «Je voulais apprendre par moi et ne pas dépendre des autres.»

Lasse de la nature routinière de son travail à l?hôtel, Valerye envoie son curriculum vitae à plusieurs entreprises dont Rogers. Rogers Aviation est le premier à répondre? Lors de l?entretien d?embauche, elle met en avant le fait qu?elle est disposée à apprendre et que le lot de travail ne lui fait pas peur. «Je ne refuse jamais un travail, même s?il n?est pas de mon ressort. Et quand on m?en donne trop, je rouspète un peu mais j?exécute la tâche tout de même.»

Elle est embauchée en tant que Trainee clerk chez Rogers Aviation pour épauler les chefs de département ayant besoin d?une secrétaire. De ce fait, elle travaille constamment sur des nouveaux dossiers.

Lorsque la compagnie recrute une directrice pour s?occuper des projets et autres développements en la personne de Soorya Oogarah, Valerye est appelée à l?épauler. «J?ai beaucoup appris avec elle.» Avec cette dernière, Valerye met en place les procédures en vue d?obtenir la certification ISO. Elle contribue à l?ouverture d?une agence de voyages à Ebène, de même qu?un comptoir à l?aéroport. Elle coordonne plusieurs autres projets tels que la création du département du Customer Relationship Manager à Rogers Aviation.

Quand Rogers sous-contracte toute la partie technologie informatique à une compagnie tierce, la supérieure de Valerye fait le lien entre ces deux compagnies. C?est là que Valerye découvre l?informatique un peu plus en profondeur. Au point où elle arrive à comprendre le langage des trois techniciens de la boîte.

Ayant sans cesse besoin de renouveau et sentant qu?elle a maîtrisé tous les dossiers dont elle avait la charge, elle songe à quitter Rogers Aviation. Mais cette compagnie refuse de se passer de ses services. Et lui offre le poste de Project Coordinator lorsque la personne occupant dudit poste démissionne.

Elle est ravie que ses compétences aient été reconnues. Elle réalise que toutes les responsabilités inhérentes au poste conviennent à sa personnalité. «C?est signe que la direction me fait confiance et connaît ma valeur. Elle sait que lorsqu?elle me confie un travail, elle n?a nul besoin d?être sur mon dos pour que je donne des résultats.»

Elle n?a d?ailleurs pas d?horaires fixes de travail. Tout comme il lui arrive souvent d?emmener des dossiers à la maison pour travailler en soirée. «S?il faut travailler jour et nuit pour compléter un travail dans un délai prescrit, je le ferai.» Elle sait pouvoir compter sur le soutien de son mari Elvis, qui a la charge d?un club nautique dans un hôtel.

<I>«Lorsque la direction me confie un travail, elle n?a nul besoin d?être sur mon dos pour que je donne des résultats.»</I>

L?an dernier, elle a dispensé une formation en Power Point et Excel aux employés de Rogers Aviation. Une cinquantaine d?employés ont suivi ses cours, qui avaient lieu après les heures de bureau. Valerye craignait que sa grande réserve ne soit un handicap. Tel ne fut pas le cas. L?expérience a été si concluante qu?elle pense proposer ses services aux autres départements de Rogers et attend une réponse en ce sens.

Bien que sa fonction lui donne le droit d?assister au comité de direction, elle n?a pas encore eu la possibilité de le faire car ces réunions ont lieu tous les trois mois.

Cette année, Valerye a du pain sur la planche jusqu?à octobre. Elle doit coordonner l?uniformisation du système de comptabilité entre Rogers Aviation et ses bureaux régionaux. «Nous avons eu recours à un consultant en Information Technology qui a travaillé sur l?existant et sur nos besoins. Il nous a laissé un rapport et je dois veiller à le faire appliquer.»

<I>«Je suis arrivée là où je suis parce que j?ai fait mes preuves. J?ai tout appris sur le tas. Mais il est important d?avoir un diplôme.»</I>

Un autre dossier ? mais plus épineux celui-là ? est l?entrée en vigueur de la zéro commission en avril prochain. Mesure qui affecte toutes les agences de voyages. «Nous étudions les possibilités de mise en place d?un nouveau modèle de collecte de revenus. Ce sera, assurément, un tournant pour les agences de voyages.»

Bien qu?elle se sente dans son élément en tant que coordonnatrice des projets, Valerye désire reprendre des études supérieures. «Je suis arrivée là où je suis parce que j?ai fait mes preuves. J?ai tout appris sur le tas. Mais je crois qu?il est important d?avoir un diplôme pour sanctionner les connaissances.»

Le hic est qu?elle ne sait pas quelle filière choisir. «Je n?ai jamais voulu me spécialiser dans quelque chose. Une licence en marketing ou en informatique ne m?intéresse pas vraiment. J?ai déjà suivi un cours en Project Management. Ce que j?aime dans mon travail, c?est de toucher à tout. A moins que je prenne un diplôme dans plusieurs matières», dit-elle comme en se parlant à elle-même.

Ce qu?elle veut par-dessus tout, c?est «approfondir mes connaissances et continuer à grimper au sein de la compagnie». Voilà une jeune femme qui sait ce qu?elle veut?

Publicité