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Un acte de foi
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Un acte de foi
Comment l’express désigne-t-il le Mauricien de l’Année ? N’est pas élu d’offi ce celui ou celle qui a le plus marqué les esprits, ému la population ou fait les gros titres. L’exercice n’est pas un concours de popularité. Désigner le Mauricien de l’année, c’est en quelque sorte émettre un acte de foi dans le pays.
L’express a ainsi toujours porté son choix sur une personnalité qui incarnait les ambitions que le journal, lui-même, nourrit pour le pays. Une personne qui aura oeuvré ou oeuvre pour l’avancement économique de Maurice et le bien de sa population pour la consolidation des liens entre les Mauriciens pour le renforcement de la justice sociale et des institutions.
Bien des Mauriciens nous ont semblé mériter le titre cette année. Tant mieux. La rédaction de l’express a, pour ne citer que l’un d’eux, été particulièrement sensible au combat de la syndicaliste dont les droits ont été brimés, Rehana Ameer. Pour de nombreuses raisons cependant, c’est sur Dhanjay Jhurry que nous avons porté notre choix final.
Dans le portrait ci-contre, le lecteur appréciera en effet comment ce chercheur a permis au pays de rayonner à l’étranger par la grande intelligence de son travail. Il appréciera le sens de leadership du professeur, son renoncement à des intérêts personnels, lui qui met au service du pays un talent qui aurait été mieux valorisé ailleurs. Il s’inspirera de l’inventeur, du pionnier qui révèle les vertus insoupçonnées des ressources naturelles mauriciennes… Et au-delà des qualités humaines, citoyennes et professionnelles de Dhanjay Jhurry, il découvrira avec un grand intérêt la voie économique nouvelle dans laquelle s’engage le Centre pour la recherche biomédicale.
Maurice a affi ché son projet d’être un «medical hub», comme Singapour l’est pour l’Asie. Pour réussir ce pari, il ne suffira pas d’ériger des cliniques et des centres de soins high-tech. Le tourisme médical est certes un aspect majeur de la stratégie mais pour donner à Maurice la dimension d’une référence en matière médicale, il faudra d’une part investir lourdement dans la formation de techniciens de la médecine et d’autre part soutenir le développement de l’industrie de sciences biomédicales qui fournit médicaments et équipements. A Singapour, attirés par l’expertise de la main-d’oeuvre et l’infrastructure de qualité, les grands noms du secteur pharmaceutique ont déjà installé leurs usines : Novartis, Pfizer, GlaxoSmithKline…
Faut-il le rappeler, même si les nouveaux secteurs – les services fi nanciers, les TIC, la Pêche – affichent des performances honorables, même si la transformation du paysage indique un pays en bonne santé, les Investissements directs étrangers ont dangereusement stagné cette année. Et la réflexion pour les relancer de même, le débat national ayant été paralysé par de vaines chamailleries et de troubles «affaires». Le choix du Mauricien de l’année se veut, au bout du compte, une manière de diriger l’attention vers les questions de nature fondamentale.
Nous croyons que la recherche est capitale au développement économique. A la naissance de l’industrie-mère, l’express le disait en désignant le pathologiste en chef de l’Institut de Recherche sucrière comme Mauricien de l’année pour ses travaux sur les maladies de la canne. C’était il y a plus de quarante ans. Comme hier la recherche a donné au Sucre des reins suffisamment solides pour porter, durant tant d’années, l’économie nationale, peut-être l’école du Professeur Jhurry soutiendrat-elle l’émergence d’un nouveau pilier économique. C’est ce que nous souhaitons.
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