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Un accord bientôt signé avec les États-Unis

16 septembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Akilesh ROOPUN

Une nouvelle opportunité pour développer des liens plus étroits avec la plus puissante économie au monde se présente. Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo, signe, ce lundi à Washington, un Trade and Investment Framework Agreement (TIFA) avec l?administration américain.

Cet accord prépare le terrain pour une collaboration plus étroite entre les deux pays en termes d?échanges commerciaux et d?investissements. En effet, TIFA met en place un mécanisme de dialogue entre officiels des deux gouvernements pour étudier les pistes de coopération. Des joint councils se réuniront au moins une fois l?an pour des discussions sur ce chapitre.

Ce processus d?interactions peut déboucher sur des rapports commerciaux plus structurés, telles une zone d?échanges préférentiels (ZEP) ou encore une zone de libres-échanges (ZLE).

«Avec la suspension du cycle de négociations de Doha, il y a une tendance dans plusieurs pays développés, dont les Etats-Unis, d?avoir recours à des accords de commerce bilatéraux avec d?autres pays. Certains de ces accords débutent comme des TIFA, tandis que d?autres débouchent directement sur les ZEP ou même les ZLE», explique Asad Bhuglah, directeur du département de la politique commerciale (Trade Policy Unit) au ministère du Commerce international.

Jusqu?ici, Maurice n?avait aucun arrangement commercial formel bilatéral avec les Etats-Unis. Le gros des exportations mauriciennes vers le marché américain ces dernières années s?est faite sous l?égide de l?Africa Growth and Opportunities Act (Agoa), qui est au fait un accord d?échanges économiques entre les Etats-Unis et l?Afrique subsaharienne.

Pour Maurice qui cherche à développer le marché américain, pour ses exportations de vêtements en particulier, et à attirer les investissements américains, TIFA sera complémentaire à l?Agoa.

Le pays maintient, d?autre part, ses efforts de lobbying en vue de trouver un meilleur deal commercial sous l?Agoa. Au cours de ces deux dernières semaines, le trade commissioner mauricien à Washington, Vinod Busjeet, et le lobbyiste pour l?African Coalition for Trade, Paul Ryberg, ont rencontré au moins une douzaine de législateurs (républicains et démocrates). L?objectif est de les persuader de maintenir la dérogation aux règles d?origine de l?Agoa dont jouit Maurice. Avec cette exemption, les fabricants de vêtements mauriciens pourront importer des matières premières des pays tiers (des pays non couverts par l?Agoa) et continuer à bénéficier d?un accès préférentiel sur le marché américain.

Cette facilité est accordée aux pays africains les moins développés et devrait arriver à terme à la fin du mois de septembre. Toutefois, le sénateur Dick Lugar, qui préside le Senate Foreign Relations Committee pour les républicains, a introduit, au début du mois, un projet de loi portant sur l?extension de cette dérogation.

Dans un communiqué de presse, le sénateur explique que l?extension de la dérogation est nécessaire pour encourager le développement d?une industrie de textile viable en Afrique. Il évoque les effets néfastes du démantèlement de l?Accord multifibre sur les industries naissantes de l?habillement sur ce continent.

Le bureau du trade commissioner de Maurice aux Etats-Unis suit de près la situation. Un proche du dossier à Washington nous indique que la situation devrait s?éclaircir dans les deux prochaines semaines, avec d?éventuelles contre-propositions venant d?autres sénateurs.

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