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Un accident fatal pousse à la révolte

7 septembre 2004, 20:00

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Ce n?était qu?une ?question de temps?. Les habitants de la partie de la rue Royale qui relie Pointe-aux-Canonniers à Grand-Baie sont formels : cet endroit précis est, depuis des années, un véritable danger. La mort d?Harry Ramdeo Bundhoo, 55 ans, aurait, disent-ils, pu être évitée si leurs doléances avaient été prises en considération. Cela n?ayant pas été fait, cet homme a été fauché par un bus de la compagnie Triolet Bus Service qui se dirigeait vers Péreybère vers 6 heures hier matin. Révoltés, les villageois ont violemment réagi.

La victime quitte son domicile à 5 h 45 pour attendre le bus qui devait l?emmener à l?hôtel Hibiscus, où il travaillait dans la maintenance. L?arrêt ne se trouve qu?à quelque cinquante mètres. Vingt minutes plus tard, c?est le drame. Alors qu?il attend, un bus circulant à vive allure le percute et l?écrase contre un mur. Il s?évanouit sous la violence du choc mais revient brièvement à lui quand ses proches l?extirpent de là pour le transporter d?urgence à l?hôpital du Nord. ?Zot pe touy mwa !? crie-t-il alors.

Devant la fuite du chauffeur et du receveur de l?autobus, les habitants de la localité, excédés, mettent le feu au véhicule et démolissent une partie du mur en face de Lennard?s Store. Des débordements qui ont amené à la fermeture de la route. Celle-ci a pu être rouverte lorsque l?assistant commissaire de police de la Northern Division, Rajesh Ramen, et ses hommes sont intervenus.

Les habitants expliquent que cela fait dix ans qu?ils réclament l?installation de ralentisseurs et d?un ?layby? de bus sur cette partie très dangereuse de la route où les véhicules passent à grande vitesse. Avec l?absence d?un trottoir, les risques qu?un tel drame ne sur-vienne n?en étaient que plus grands, affirment-ils. ?Il fallait qu?il y ait une mortalité pour que les autorités prennent des mesures. C?est scandaleux?, lance Pravin Ramkurrul.

La victime a, en effet, succombé à ses multiples blessures avant même son arrivée à l?hôpital. Il laisse derrière lui une épouse, Santa, et trois enfants, Sheetal, Sunita et Shanish, âgés de 23, 21 et 15 ans respectivement. Sheetal, qui est enceinte, devait partir pour la Réunion hier mais restera auprès de sa famille.

<B>?TBS roul kouma fou?</B>

?Kouma mo mama ek mo tifrer pou fer aster ? Mo papa ti enn bon papa. Li pa ti fer narien de mal, li ti inosan?, déplore Sunita. ?La police bizin aret sa bann bis la kan zot fer exces.?

Cette dernière n?est pas seulement en colère à cause de l?insécurité routière. Elle soutient que le chauffeur de l?autobus est le principal fautif. ?Bann TBS roul kouma bann fou. Ki vites sa bis la ti pe ale? Bann sofer TBS kriminel, zot na pena respe pou bann pieton. Mo papa in mort, eski zot pou kapav retourn li?? Elle envisage d?entreprendre des actions légales contre la compagnie de transport.

Malgré sa tristesse, Santa veut lancer un appel. ?J?espère que le gouvernement regardera la photo de mon mari et lira son histoire. Il est grand temps que des mesures soient prises?, dit-elle, en larmes.

Le chauffeur, un habitant de Triolet âgé de 24 ans, a été traduit devant la cour de Pamplemousses hier. Une charge provisoire d?homicide involontaire pèse sur lui. Il est actuellement en détention policière. Le bus incendié a été transporté au poste de police de Triolet. Aucune arrestation n?a été faite dans le cadre des débordements de la journée.

La police de Pointe-aux-Canonniers enquête.

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