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Un “credit bureau” pour aider les banques à octroyer des prêts
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Un “credit bureau” pour aider les banques à octroyer des prêts
Aider les banques à mieux gérer les risques liés aux prêts et avances. Tel est le principal objectif du “credit bureau” que la Banque de Maurice a mis sur pied récemment.
Le “credit bureau” est une base de données où sont répertoriés les emprunts des clients des banques. Un individu ou une compagnie emprunte Rs 1 million à la State Bank of Maurtius (SBM). La même personne ou entreprise sollicite ensuite la Mauritius Commercial Bank (MCB) pour un crédit de Rs 1 million également.
Grâce au “credit bureau” la MCB pourra savoir que ce client s’est déjà endetté auprès de la SBM. En connaissance de cause, elle pourra déterminer si ce client a la capacité de rembourser un deuxième prêt de Rs 1 million.
Avant la création de ce “credit bureau”, les banques se sont fait avoir par des clients qui empruntaient de l’argent auprès de plusieurs banques sans qu’elles ne le sachent, explique-t-on à la Banque de Maurice.
Le “credit bureau” est entré en opération depuis le 6 mai. Les banques commerciales du pays sont en train d’entrer les données dans le système informatique. Cette phase de saisie devrait être complétée vers le 31 juillet.
Le système informatique et les logiciels appropriés ont été développés en interne par la Banque de Maurice. Le réseau informatique repose sur le “Mauritius automated clearing and settlement system” que la Banque de Maurice a déjà créé depuis 1999.
Les banques commerciales auront à payer un droit d’accès à cette base de données. Les conditions imposées pour avoir accès au “credit bureau” auront valeur de règlements officiels.
Le “credit bureau”, comme son nom l’indique, n’enregistrera que les emprunts et avances des clients des banques. Les dépôts ne sont pas concernés.
“Ce credit bureau aura un impact positif. Il aidera à réduire les cas de banqueroute, les prêts non performants et les ventes à la barre. Il permettra aux banques de prendre des décisions en étant mieux informées”, déclare Rameshwurlall Basant Roi, gouverneur de la Banque centrale.
<B>Accueil favorable de la MAB </B>
Au niveau de la Mauritius Bankers Association (MAB), on accueille favorablement la création de ce “credit bureau”.
“Ce sera un outil de plus dans la panoplie des outils dont disposent les banques pour déterminer le credit worthiness des clients. Mais ce ne sera pas le seul outil”, déclare Aisha Timol, chief executive de la MBA.
A la Banque de Maurice, on soutient effectivement que la décision finale demeure la prérogative de la banque commerciale. Elle aura toutefois un profil du client pour pouvoir prendre une décision avisée.
Le “credit bureau” permettra effectivement aux banques d’avoir le profil des clients pour leur accorder un crédit ou pas. Une disposition spéciale a été prise dans le nouveau Banking Act pour permettre aux banques commerciales de donner des informations sur les crédits qu’elles ont accordé à leurs clients.
“Nous avons de toute façon accès à ces informations lors des exercices d’inspections que mène la Banque de Maurice régulièrement dans les banques. Les informations qui seront communiquées au credit bureau demeureront absolument confidentielles”, soutient la Banque de Maurice.
En dernier lieu, la place financière de Maurice devra être dotée d’agences de “credit rating” pour aider les banques à jauger le niveau de risques qu’elles prennent en octroyant des prêts à leurs clients. Un grand conglomérat rentable devrait avoir un meilleur “credit risk rating” qu’une entreprise de textile.
La Banque de Maurice pourra alors questionner les banques commerciales sur le fondement des décisions qu’elles prennent pour accorder un prêt ou pas.
Cette évolution du système bancaire s’inscrit dans la logique de la deuxième convention de Bâle. Cette convention prévoit en effet que les banques centrales pourront remettre en question les notations de risque crédit effectuées par les banques.
Néanmoins, ce degré de sophistication n’est pas pour demain. Les pays développés ont prévu qu’ils pourront se conformer au “Basel 2” en 2007. Les pays en développement comme Maurice pourront prendre plus de temps.
<B>Réduire les “non-performing loans”</B>
Pour la Banque de Maurice, la création du “credit bureau” est une étape décisive qui aidera les banques à assainir le portefeuille de crédit. La semaine dernière, l’agence internationale de notation Moody’s avait exprimé de fortes réserves sur la qualité du portefeuille de crédit des banques locales, en mettant en exergue une forte concentration dans quelques secteurs clés seulement.
Pour Rameshwurlall Basant Roi, l’assainissement du portefeuille de crédit des banques a commencé depuis 1999. C’est à partir de cette date que la Banque centrale a fait pression pour que les banques réduisent la proportion des “non-performing loans”.
“D’ici la fin de l’année plusieurs banques auront ramené leur ratio de non-performing loans à 3 % de leur portefeuille global de crédit. Ce sera déjà un immense progrès. D’autres banques sont en train de faire de leur mieux pour atteindre le même objectif”, commente le gouverneur de la Banque de Maurice.
A terme, les institutions financières qui octroient un crédit à leurs clients seront appelées à intégrer le nouveau système de “credit bureau”.
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