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Tété, artisan du folk
?Ma valeur intrinsèque est là : quand je débarque en guitare-voix dans un bar ou dans la rue. Je me dis tout le temps que si tout doit s?arrêter, je suis sauvé, puisque fondamentalement, mon métier c?est ça.? Tété, aux antipodes du chanteur météorite qui se la joue vedette. Les qualificatifs ne manquent pas pour saluer le parcours de ce pur qui ose dire que ?sa seule richesse c?est sa guitare.? Compagne de galères des débuts. Amante des nuits de cabarets interminables. C?est sur son ventre et entre ses cordes que Tété pose ses textes bien sentis, acides et lucides.
Le centre culturel français Charles Baudelaire nous propose de le découvrir samedi 26 février à 20 heures au conservatoire François Mitterand à Quatre Bornes. Prix des places : Rs 150. Les billets sont en vente au CCB, au CCEF, au Cifod, à l?Alliance française de Bell-Village ainsi qu?au kiosque d?information du Caudan.
Authentique, généreux, le style de Tété coule d?une ?plume subtile et pleine de bon sens.? Ses accords riches et sensibles mettent en valeur une ?voix veloutée qui donne le vertige.? Sans illusion mais avec humour, Tété se décode lui-même en disant : ?troubadour noir et charmeur, jeune gars super futé, fabricant de chansons pop-folk-bluesy à tendance légèrement intello.? Il poursuit en rassemblant un puzzle articulé autour d?une ?part de mélancolie, de la joie, des moments d?exaltation, des états d?âmes, des tristesses et une part d?irrésolution.?
Flatté mais pas dupe des critiques élogieuses, Tété reconnaît que c?est ?agréable d?être perçu positivement, mais je trouve juste ça un peu réducteur.? S?agissant de ses influences, ce chanteur qui a traîné les semelles de ses jeunes années dans le Sud-Ouest de la France, cite avec un enthousiasme sans limite, ?le blues du Delta, les sources de la musique noire, du folk au blue grass en passant par le rock et la pop Motown.?
De ses compositions, ce chanteur débarqué à Paris vers 1998 dit, ?ce qui compte, c?est moins le sujet que la façon de la traiter.? Ce fou du vocable, passionné de la phrase juste, de la syllabe qui claque compte deux albums à son actif. Le premier : L?air de rien est sorti en janvier 2001. Le deuxième, A la faveur de l?automne, date d?octobre 2003. Un opus où il aborde avec finesse et poésie des thèmes plus personnels.
La force du personnage, c?est justement de ne rien laisser au hasard et surtout de faire de vraies chansons. Des textes joliment soignés, des mélodies qui aux premiers abords ont l?air inoffensives, et que pourtant on chantonne au réveil. Pour parvenir à ce résultat, pas besoin d?écouter ses disques en boucle, Tété nous ouvre toutes grandes les portes d?un univers touchant et réaliste, à l?humour gentiment grinçant. Porté par son élan, Tété se lâche, nous offre une escapade dans le burlesque à la limite de la chanson à boire. Il ne renie pas non plus le country & western déglingué. Autant d?exercices périlleux où il aurait pu se casser les dents, laisser quelques plumes, voire prendre un carton rouge, mais grâce à son sens de la dérision, la critique nous signale qu?il s?en sort plutôt bien.
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