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Tzipi Livni, la prétendante

16 juin 2008, 00:00

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Tzipi Livni (photo) est dans les starting-blocks. Tous les sondages la placent en tête. Elle est convaincue qu?Ehoud Olmert, le Premier ministre ? mis en cause par la justice pour une affaire de financement illégal de ses campagnes électorales ?, ne pourra plus tenir longtemps dans la position inconfortable dans laquelle il se trouve.

Tzipi Livni est persuadée que son heure est venue. La ministre israélienne des Affaires étrangères a donc demandé que des primaires aient lieu au sein du parti «Kadima» (En avant) pour désigner un successeur à l?actuel chef du gouvernement. Elle se prépare à cette bataille d?appareil en recensant ses appuis.

La lutte ne sera pas facile contre son principal adversaire, l?ancien chef d?état- major de l?armée, Shaul Mofaz, ministre des Transports. Ehoud Olmert, non plus, n?est pas disposé à lui faire de cadeau. Au contraire. Il va tout tenter pour faire échouer cette concurrente qui, contrairement à lui, ne contrôle pas les rouages du parti. C?est là son principal handicap.

En revanche, cette avocate de profession dispose d?un atout capital, outre celui de sa popularité : son intégrité. Jamais impliquée dans un scandale de quelque nature qu?il soit, la «Mme Propre» de la politique israélienne fait figure de renouveau après la succession d?affaires qui ont terni l?image de bon nombre de dirigeants politiques du pays ces dernières années.

«Un peu comme Ségolène Royal»

Sans espoir de lui trouver la moindre casserole, ses adversaires et concurrents s?efforcent de mettre en avant son côté novice en politique ainsi qu?un parcours sans beaucoup de relief. Mais comme le dit Daniel Bensimon, journaliste à Haaretz, «son avantage est qu?ici en Israël on adore le changement, et sa faiblesse est que le parti a peur d?elle. C?est un peu comme Ségolène Royal avant la présidentielle : plébiscitée à l?extérieur et contestée à l?intérieur».

Bientôt âgée de 50 ans, Tzipi Livni est, il est vrai, entrée tard en politique. Fidèle du Likoud (droite nationaliste), elle a été élue pour la première fois à la Knesset (Parlement) en mai 1999.

Issue d?une famille de combattants de l?Irgoun, organisation ultranationaliste juive qui a eu recours à des opérations terroristes contre les Anglais et les Palestiniens avant la création de l?Etat d?Israël en 1948, Tzipi Livni a été élevée dans la tradition conservatrice, le goût du secret et la volonté indéfectible du combat dans lesquels ses parents Sara et Eitan se sont illustrés.

Aujourd?hui encore, elle connaît par coeur les chants de conquête et de sacrifice qui ont bercé son enfance.Rendant hommage à sa mère, décédée en octobre 2007, elle a salué «cette guerrière qui a entraîné tout le monde dans son sillage».

Dans sa jeunesse, elle en fut aussi une. Pendant au moins quatre ans, au début des années 1980, elle a été un agent du «Mossad» ? officiellement en tant qu?expert juridique ? et aurait participé à la traque de dirigeants de l?Organisation de libération de la Palestine (OLP), notamment en Europe. Bien évidemment, peu a filtré de ces années de lutte clandestine.

Revenue à une vie plus paisible, elle achève des études de droit à peine commencées, puis devient avocate, spécialiste du droit commercial. C?est tout naturellement qu?elle s?est orientée vers la politique pour continuer le combat entrepris par les siens et par cette famille politique issue de l?Irgoun qu?est devenu le Likoud. Même si elle n?est pas du même bord politique que Golda Meir, elle voue une profonde admiration à la seule femme israélienne qui fut ministre des affaires étrangères pour devenir ensuite Premier ministre. Une trajectoire qu?elle espère bien suivre.

© Le Monde 2008

Distribué par The New York Times Syndicate

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