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Tsiganes, ces mal-aimés de Russie

15 mai 2005, 00:00

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L?appel d?un député appelant à brûler les maisons des Tsiganes et l?accès aux services publics souvent refusé à cette minorité, autant d?exemples des droits des Tsiganes qui sont violés et qu?a dénoncé, le 11 mai à Moscou, une ONG internationale. « La situation des droits des Tsiganes est très inquiétante en Russie », a ainsi déclaré Dimitrina Petrova, directrice exécutive du Centre européen des droits des Tsiga-nes, un organisme international de défense des droits humains, dont le siège est à Budapest, lors de la présentation de son rapport.

Le rapport, intitulé À la recherche des Tsiganes heureux : persécutions des minorités rejetées en Russie, énumère sur près de 300 pages, les cas de discrimination des Tsiganes, recueillis en Russie par les experts du Centre, avec l?aide financière du gouvernement britannique. Le document donne l?exemple d?un manuel recommandant aux écoliers de ne pas « toucher les Tsiganes » pour éviter une infection, cite le cas d?une Tsigane accouchant dans les champs après que des ambulanciers ont refusé de l?emmener dans une maternité.

Un traitement particulièrement violent

« Nombre de Tsiganes, par racisme, se voient interdire l?accès aux services publics, d?enseignement, de santé ou de logement, ou empêcher d?exercer un métier », accuse le rapport. Celui-ci fait également état du traitement particulièrement « violent » qui leur est réservé par les forces de l?ordre, avec des descentes de police contre des trafiquants de drogue visant directement « les représentants de l?ethnie tsigane ».

Depuis l?adoption, en 1956, de la loi Sur la vie sédentaire qui avait interdit aux Tsiganes soviétiques de mener une vie nomade, sous peine de cinq ans de prison, « des milliers de gens ont été sédentarisés, en absence de tout programme social », rappelle, indigné, le président de l?Union des organisations de Tsiganes, Guéorgui Tsvetkov.

Les autorités russes, qui ont reçu le rapport, « n?ont pour l?instant pas encore réagi », selon ses auteurs. La Russie compte près de 182 000 Tsiganes, d?après le dernier recensement de 2002, et plus d?un million d?après les organisations russes de défense de leurs droits. « Les statistiques sont difficiles à recueillir, la peur d?une discrimination poussant beaucoup de Tsiganes à cacher leur identité », selon Mme Petrova.

La région de Volgograd, sur la Volga, compte officiellement la plus grande communauté de Tsiganes, avec 46 000 personnes enregistrées. Suivent les régions de Tver, 150 km au nord-ouest de Moscou où vivraient 7 000 Tsiganes et de Krasnodar, au sud de Russie où les statistiques gouvernementales en dé-nombrent 6 000.

■ @ 2 005 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate

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