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Trois questions à votre psy
Est-ce difficile d?élever les enfants de son mari ?
Il n?est jamais facile, pour une femme, d?élever les enfants de son mari, d?autant qu?il pèse inévitablement alors sur elle toutes sortes de clichés sur les belles-mères. Ainsi, on les a longtemps affublées de ce vilain nom de « marâtre » qui venait du latin populaire et qui est devenu péjoratif au xiiie siècle, en même temps que son équivalent de « parâtre » disparaissait. Aujourd?hui, on ne parle plus de « marâtre », mais il reste une certaine méfiance à l?égard des belles-mères. On redoute toujours qu?elles fassent souffrir les enfants de leur conjoint.
Mais il faut savoir que les belles-mères rencontrent de nombreuses difficultés. Il n?est, en effet, pas facile de vivre une histoire d?amour en essayant, en même temps, de construire des relations avec des enfants, d?autant que la belle-mère « hérite » à leur propos de tout ce qui s?est passé auparavant : la manière dont ils ont été élevés, ou encore ce qu?ils ont eu à vivre au moment de la séparation de leurs géniteurs.
Ainsi, beaucoup de femmes, par exemple, s?imaginent, lorsqu?elles sont confrontées à des difficultés que leur posent les enfants de leur mari qu?elles n?ont aucune autorité parce que ces derniers refusent de leur obéir. En fait, ils essaient seulement de la faire céder comme ils le faisaient avec leur mère. Il ne faut pas non plus oublier que la position des enfants lors des remariages est difficile. Ils ont à faire le deuil de la vie avec leurs géniteurs et ils craignent très souvent de trahir leur mère s?ils s?attachent à leur belle-mère. Leurs problèmes de comportement sont donc, en général, le signe d?une grande souffrance.
Comment sortir de ce genre de problèmes ?
Il n?y a qu?une seule solution : c?est que le mari prenne sa place d?homme et de père. Il est en effet le seul qui puisse donner une légitimité à la belle-mère et définir son rôle auprès des enfants. Il faut qu?il leur dise quelque chose comme : « Cette femme est là parce qu?elle est mon épouse et que je l?ai choisie, et cela ne se discute pas. Elle va s?occuper de vous parce que je le lui ai demandé et elle est prête à vous aimer. »
Il est important qu?il précise bien aux enfants qu?il ne leur demande pas d?aimer sa compagne ? c?est le seul moyen de couper court aux chantages affectifs ? mais qu?il tient à ce qu?ils se conduisent avec elle de façon civilisée. Les paroles de ce type ne sont dures qu?en apparence. Si elles suscitent toujours de la part des enfants de la rogne et de la grogne, elles les rassurent toutefois car elles les remettent à leur place et leur signifient que face à eux, les adultes sont capables de tenir la leur. De telles paroles leur interdisent, en outre, le jeu de « je vais essayer de séparer les parents », qui les amuse toujours beaucoup mais qu?ils paient, ensuite, toute leur vie.
Les remariages sont, en effet, des moments où beaucoup de conflits ?dipiens s?expriment. Ils sont rarement décodés comme tels, car on prend au premier degré les paroles des enfants : on les attribue alors parfois à l?angoisse de la séparation qu?ils viennent de vivre. Ce faisant, on oublie que beaucoup de petites filles rejettent leur belle-mère parce qu?elles comptaient, bien inconsciemment, prendre la place qu?elle occupe et que beaucoup d?adolescents ont besoin qu?on leur rappelle que cette femme leur est, comme leur mère, interdite parce qu?elle est l?épouse de leur père.
Quels conseils donner alors aux belles-mères ?
Il y a, pour les belles-mères, une place à prendre au-près des enfants. Elle n?est pas celle de la « mère de naissance » qui est irremplaçable, mais celle d?une « mère de parole », si l?on peut dire. Les enfants ont besoin d?un adulte qui leur permette de mettre des mots sur ce qu?ils vivent. Qui les aide avec tendresse à se construi-re, malgré les difficultés qu?ils ont connues et celles qu?ils rencontreront encore.
La belle-mère peut être cette personne. Elle peut créer entre elle et eux un lien qui soit aussi fort et aussi important que les liens de sang, puisqu?il permet de donner la vie, même à des enfants que l?on n?a pas mis au monde.
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