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trois questions à votre psy

22 avril 2007, 00:00

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Est-il normal que des enfants se disputent ?

Tout dépend de la façon dont ils le font. Si les chamailleries sont normales et inévitables, les rivalités et les haines méritent que l?on se pose des questions, car elles ont toujours une histoire. Ce qui est anormal (et qu?il faut interdire), c?est que ces ranc?urs se traduisent par des actes violents qui risquent de mettre la vie d?un enfant en danger.

Les disputes fréquentes ont souvent pour origine un conflit antérieur qui n?a pas été repéré ou dépassé. Ce conflit peut être lié, par exemple, à ce qu?a vécu l?aîné à la naissance du plus jeune, à cette « crise de jalousie » qui est, en fait, une crise d?identité pour lui. Il voit, en effet, ses parents être séduits par un bébé et il ne peut pas rivaliser avec lui, car il lui est impossible de redevenir un nourrisson.

Si l?enfant n?a pas eu l?occasion d?exprimer sa souffrance ou si l?on n?a pas su y répondre, elle risque de ressurgir ou de se trouver réactivée à la naissance d?un bébé.

Certains problèmes sont-ils liés à l?attitude des parents ?

Les parents peuvent, même sans le vouloir, « fabriquer » des problèmes : en donnant un de leurs enfants comme exemple à l?autre ; en évoquant trop de différences entre eux ou en prétendant n?en faire aucune. Il arrive aussi que les parents laissent les enfants se « coller » ensemble et certaines haines entre frère et s?ur ont alors un caractère inconsciemment incestueux. Si un garçon a la tête occupée par sa propre vie sociale, par ses amours et ses amitiés propres, il ne peut pas attacher une importance démesurée aux faits et gestes de sa s?ur. S?il s?en occupe et s?en préoccupe trop, c?est qu?il n?a pas suffisamment de vie extérieure. Quel que soit le cas de figure, quand les conflits dégénèrent et mettent en danger les enfants, c?est le signe que, dans une famille, les limites ne sont pas définies.

Par leur agressivité anormale, les enfants peuvent aussi exprimer une violence qu?ils subissent ou l?absence d?autorité paternelle. Le père est, pour les enfants, celui qui est censé dicter la loi et la faire respecter. Certains pères ne le font pas et d?autres éprouvent même, inconsciemment, un certain plaisir à voir leurs enfants la transgresser.

Que faut-il faire quand la violence physique s?installe entre les enfants ?

Il faut, bien sûr, essayer de comprendre ce qui se passe, mais il faut surtout faire cesser, au plus vite, les actes dangereux. Dans la société, en dehors de la famille, si l?on me-nace ou si l?on agresse quelqu?un, on tombe sous le coup de la loi.

Les enfants doivent comprendre qu?on ne peut pas leur permettre de faire dans la famille ce qui est interdit en dehors. Si l?on ne respecte pas cette règle, la famille devient pour eux une école de la délinquance. Il faut, de plus, qu?ils prennent conscience du fait qu?être mineur ne signifie pas être à l?abri de la loi, et qu?il existe des juges pour enfants auxquels on peut faire appel.

L?existence de la justice est un repère symbolique pour les enfants et il ne faut pas hésiter à en parler et à faire appel à elle pour les cas graves. Il est dangereux de laisser les enfants et les adolescents se livrer à la violence, car elle est pour eux un facteur de déshumanisation et ne peut qu?hypothéquer gravement leur avenir.

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