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Trois hommes accusés de viol collectif innocentés
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Trois hommes accusés de viol collectif innocentés
Elle alléguait avoir été victime d?un viol collectif. Mais dans le rapport médico-légal, le médecin légiste déclarait être d?un autre avis. La cour intermédiaire a finalement acquitté Jean-Marc Gowry, Gérard Pyday et Eddi Gai. Ces trois hommes étaient accusés d?avoir agressé et violé une adolescente il y a cinq ans dans un bungalow à Blue-Bay.
Le 10 octobre 2003, la jeune femme, alors âgée de 15 ans, rentre chez elle complètement ivre. Son état inquiète sa mère, qui n?a d?autre choix que de la conduire à l?hôpital. Une fois les effets de l?alcool dissipés, l?adolescente fait des révélations accablantes à sa mère. Elle allègue avoir été violée par trois individus dans un bungalow à Blue-Bay. Une déposition est consignée au poste de police de Mahébourg.
Ces allégations vont conduire à l?arrestation de Jean-Marc Gowry, Gérard Pyday et Eddi Gai. Ces derniers sont poursuivis sous une charge de viol conformément à l?article 249(1) du code pénal. Les accusés plaident non coupables.
Lors de sa déposition en cour, l?adolescente affirme qu?elle a été enlevée en plein jour par les accusés. Ces derniers l?auraient forcée à monter à bord d?un taxi. Ils l?auraient ensuite conduite dans le store du bungalow. Là, Jean-Marc Gowry lui aurait ligoté les pieds et les mains, avant de lui faire boire une boisson alcoolisée.
Jean-Marc Gowry, Gérard Pyday et Eddi Gai l?auraient ensuite déshabillée. Et c?est ainsi qu?elle aurait été violée tour à tour. A chaque fois, deux des accusés lui auraient immobilisé les pieds et les mains. La jeune fille a déclaré avoir été victime de plusieurs sévices de la part des trois hommes. Ces derniers, ajoute-t-elle, auraient menacé de la tuer si jamais elle relatait l?incident à quiconque.
Après ce viol collectif, l?adolescente affirme que ses agresseurs l?auraient jetée dans la piscine, où elle aurait failli se noyer. Selon ses dires, les trois hommes prenaient un énorme plaisir à la voir se débattre dans le bassin. C?est finalement Gérard Pyday qui l?aurait aidée à en sortir. Elle aurait ensuite été reconduite chez elle.
Mais le contre-interrogatoire de la jeune fille devait révéler beaucoup plus que la version qu?elle a donnée en cour. Elle entretenait en fait une liaison amoureuse avec Jean-Marc Gowry, qui est un chauffeur de taxi de la localité.
Le contre-interrogatoire a également permis à la cour de relever plusieurs incohérences dans la déposition de l?adolescente. «Il est très peu probable que le kidnapping ait pu avoir lieu en plein jour et en plein centre-ville sans que personne n?ait rien vu», notent les magistrates Shameem Hamuth Laulloo et Jane Lau Yuk Poon.
<B>Preuves matérielles</B>
Mais l?élément qui a le plus joué en défaveur de l?adolescente a été le rapport du médecin légiste. «Les accusés 1 et 2 sont robustes alors que la fille est très frêle. Si elle avait été violée par les trois individus, les blessures auraient beaucoup plus conséquentes que celles prélevées dans le rapport médico-légal», peut-on lire dans le jugement.
Les deux magistrates font également remarquer qu?au moment où les allégations ont été faites, la jeune fille sortait avec Jean-Marc Gowry. «Si ce qu?elle dit est vrai, alors la cour ne voit pas comment Jean-Marc Gowry aurait pu la violer, puisqu?elle était consentante à avoir des relations sexuelles avec lui.»
Les magistrates Shameem Hamuth Laulloo et Jane Lau Yuk Poon trouvent également étrange que les trois accusés déposent la plaignante chez elle après l?avoir violée. «Cette cour n?est pas convaincue par le témoignage de l?adolescente. En l?absence de preuves matérielles pour soutenir ses allégations, la charge est rayée contre les trois accusés», ont-elles déclaré.
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