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Trois attentats à Bagdad endeuillent la fête de l?Achoura
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Trois attentats à Bagdad endeuillent la fête de l?Achoura
Au moins 30 personnes ont trouvé la mort et une centaine d?autres ont été blessées dans trois attentats commis samedi dans les quartiers chiites de Bagdad à l?occasion du temps fort de l?Achoura, fête religieuse la plus importante pour cette communauté.
Si on y ajoute des attaques contre les forces de sécurité irakiennes, le bilan pour l?ensemble du pays est d?au moins 40 morts. Le quartier de Khadamiya a ainsi été le théâtre de deux attentats perpétrés coup sur coup à proximité d?une mosquée chiite.
Un homme portant une veste bourrée d?explosifs a mis sa charge à feu à bord d?un autobus qui se trouvait près d?un barrage interdisant l?approche du lieu de culte, faisant 17 morts et 41 blessés, selon la police. Un autre kamikaze l?avait précédé, tuant un soldat américain après une fusillade avec les forces de l?ordre.
Un peu plus tôt, c?est à moto qu?un premier kamikaze s?était glissé parmi les fidèles rassemblés devant une autre mosquée chiite pour assister aux obsèques d?une Irakienne tuée vendredi dans un précédent attentat suicide. Des responsables médicaux ont fait état de quatre morts et de 39 blessés.
A Bakouba, au nord-ouest de la capitale, où chiites et sunnites cohabitent, une voiture piégée a par ailleurs coûté la vie à un civil et à un membre de la Garde nationale irakienne.
Ces attentats surviennent alors que culminait la fête de l?Achoura qui commémore le martyre de l?imam Hussein, petit-fils de Mahomet, massacré à la bataille de Kerbala avec 72 de ses partisans par les troupes du calife omeyyade.
Plusieurs milliers de fidèles ont défilé dans les rues de Bagdad et de Kerbala en scandant le nom de l?imam et en se frappant rituellement la poitrine ou en s?infligeant des blessures symboliques pour rappeler son martyre.
Dans la ville sainte, théâtre de ce martyre, le trafic avait été interdit pour écarter tout risque d?attentats à la voiture piégée. L?an dernier, les attentats commis pendant l?Achoura avaient coûté la vie à 170 personnes, dont une centaine à Kerbala.
Moins meurtrière cette année, l?Achoura a également donné lieu à une démonstration de force de la communauté chiite au lendemain de la confirmation de son triomphe électoral aux dépens des sunnites, qui dirigeaient le pays de longue date.
<B>L?Italie se mobilise pour Giuliana Sgrena </B>
Anticipant la vague d?attentats, les dignitaires chiites avaient exhorté les fidèles à la retenue. Leurs représentants politiques ont, quant à eux, saisi l?occasion pour adresser un message d?unité à la minorité sunnite et lui garantir un rôle politique dans le processus de transition, en dépit de sa faible représentation au sein de l?Assemblée sortie des urnes le 30 janvier.
L?Alliance irakienne unifiée (AIU) a obtenu la majorité absolue des 275 sièges en jeu et cette coalition chiite à dominante religieuse devrait désormais s?entendre avec les partis kurdes pour contrôler les deux tiers du parlement.
Outre la rédaction d?une nouvelle Constitution, l?Assemblée devra élire à une majorité des deux tiers un conseil présidentiel formé d?un président et de deux vice-présidents. Ce conseil nommera ensuite un Premier ministre et formera un gouvernement, que l?Assemblée approuvera à la majorité simple.
Forte de sa majorité absolue, l?AIU devrait obtenir le poste de Premier ministre. L?actuel vice-président Ibrahim Djaafari fait figure de favori, mais les tractations se poursuivent. Ahmed Chalabi, l?ancien protégé du Pentagone aujourd?hui en disgrâce, est également candidat. La coalition kurde brigue, quant à elle, la présidence.
Quelle que soit leur origine politique, religieuse ou ethnique, les prochains dirigeants auront pour tâche prioritaire de faire prévaloir l?Etat de droit dans un pays en proie à une insécurité qui ne montre aucun signe de reflux.
Les ravisseurs de deux journalistes indonésiens ont diffusé vendredi une vidéo dans laquelle ils demandent à Djakarta d?expliquer ce que ses ressortissants faisaient en Irak. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono est rapidement intervenu sur une chaîne de télévision arabe pour assurer que les deux reporters ne faisaient que leur travail.
Plusieurs centaines de milliers d?Italiens - 500 000 selon les organisateurs - ont par ailleurs défilé samedi dans les rues de Rome pour demander la libération de la journaliste Giuliana Sgrena, enlevée le 4 février en Irak.
La veille, Michel Barnier, chef de la diplomatie française, avait déclaré que Paris gardait l?espoir quant au sort de la journaliste de Libération, Florence Aubenas, et de son guide irakien Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier. ?Nous avons eu depuis plusieurs semaines, dès le moment où ils ont disparu, des indications indirectes qui nous donnent l?espoir qu?ils sont en vie et que nous pourrons les ramener à la maison?, a déclaré le ministre des Affaires étrangères.
<B>Mariam KAROUNY</B>
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