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Trois ans aujourd’hui et toujours rien…

25 juin 2006, 00:00

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Trois années se sont écoulées et on ne sait toujours pas qui a violé et assassiné Nadine Dantier, 20 ans, le 25 juin 2003 dans le terrain vague bordant la route qu’elle empruntait pour rentrer chez elle, à l’avenue des Dauphins, Albion. Bien que cette affaire ait connu maints rebondissements, la police n’est pas encore parvenue à appréhender celui qui a laissé son ADN sur le cadavre de la jeune fille.

Le dernier coup de théâtre en date vient de l’officier Hurrydeo Raddhoa, qui a réorienté l’enquête de la Major Crime Investigation Team (MCIT) vers Eden François, un récidiviste notoire habitant la région d’Albion. Mais après quatre ans, Eden François se fait encore attendre pour fournir des échantillons de son ADN qui pourraient le disculper… ou le confondre.

L’homme, qui purge une peine de prison pour coups et blessures sans intention de tuer a, de tout temps, été considéré comme un suspect dans cette affaire, confie-t-on aux Casernes centrales. Une enquête minutieuse avait été faite, bien avant le retour de Raddhoa à la MCIT pour vérifier si Eden François y est impliqué.

La piste selon laquelle une de ses proches a travaillé chez Bruno Tadebois, l’ex-petit ami de Nadine, a aussi été fouillée mais n’a rien donné. La MCIT s’était aussi rendue à Rodrigues pour retracer un homme ayant le même patronyme. Mais un fait demeure : Eden François colle au profil de celui qui aurait été aperçu près du lieu du crime le 23 juin 2003. Des témoins ont confié avoir vu un homme de forte corpulence, à moto, ce jour-là. C’est à peu près la description d’un homme qu’avait faite Nadine Dantier à ses proches quelque temps avant sa mort.

L’étudiante leur confiait qu’elle était harcelée par un « gros » dans le bus et que cet individu n’hésitait pas à la suivre. De là, les limiers ont multiplié les investigations et voulaient vérifier si Eden François aurait pu avoir agressé Nadine Dantier, car il est réputé pour être violent envers les femmes.

Vu la violence des coups portés sur le corps de la jeune fille, une enquête a été menée pour cerner la personnalité du suspect et son mode opératoire. Encore une fois, cela n’a fait qu’attiser les soupçons sur Eden François.

Les limiers de la MCIT avaient ainsi appris qu’une de ses maîtresses avait consigné une déposition contre lui pour coups et blessures. Elle était, à l’époque, âgée de 32 ans et elle a expliqué avec force détails comment elle avait été frappée à coups de pieds au visage, au ventre et sur tout le corps, car incapable de dire à qui appartenait la voiture garée à proximité de son domicile.

La place de suspect numéro un

« Line zour mwa a koz ene loto ti a kote mo lakaz », confiait-elle à l’officier venu consigner sa déposition à l’hôpital. Ce jour-là, dit-elle, elle croyait que sa dernière heure était venue. Non content de lui avoir asséné des coups, il l’a frappée avec un tuyau d’arrosage avant de la forcer à s’allonger et d’insérer un tube de déodorant dans ses parties intimes. La suite est plus horrible.

L’ancienne équipe de la MCIT n’avait alors qu’un but : coincer Eden François en le soumettant à un test ADN. Chose qu’il a toujours refusée et qui ne peut être effectuée en l’absence d’une législation qui se fait attendre. Eden François a ainsi pris la place de suspect numéro un car, selon des sources aux Casernes centrales, les aveux de Marcelin Azie ne tiennent pas la route, d’autant qu’il a été disculpé par les résultats des tests ADN effectués en Afrique du Sud.

Ce jeune homme d’Albion, arrêté, par le Central CID fin juillet 2003, avait donné une version que n’étayent pas certains faits. Ainsi, les détails qu’il a donnés sur les vêtements de la jeune fille ne correspondent pas. Et la bague et le portable qu’il dit avoir volés n’ont jamais été retrouvés. Enfin, contrairement à ce qu’Azie raconte, une minuscule trace de sperme a été retrouvée sur la jambe de la victime.

Eden François est donc au pied du mur. C’est dans son intérêt de se soumettre au test ADN avant que les amendements à loi ne le forcent à le faire, fait-on ressortir aux Casernes centrales.

« J’attends toujours »

Caroline Dantier croit dur comme fer que la vérité sera connue « très bientôt » sur la mort de sa fille. Cela fait des mois qu’elle attend un développement dans l’enquête policière et espère cette fois « que cette porte fermée s’ouvrira enfin ». Dans un petit mot, elle se confie : « Trois années ont passé et j’attends toujours. C’est vraiment pesant, je ne le vous cache pas. On s’est battus dans le droit fil de la justice avec de multiples rebondissements – une chose est sûre, je continuerai mon combat jusqu’au bout pour ma Nadine, car elle n’avait que 20 ans. Elle avait le droit de vivre, et elle avait toute la vie devant elle. »

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