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Très forte mobilisation dans les deux camps
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Très forte mobilisation dans les deux camps
MEETING NATIONAL
<B>Ramgoolam : ?Il y a de la lumière au bout du tunnel?</B>
<B> Le leader de l?opposition demande à l?électorat de comparer sa performance lorsqu?il était Premier ministre à celle de l?alliance au pouvoir. Corruption, drogue et climat social sont les autres thèmes de son discours. </B>
La place du quai pour un dernier meeting national de l?Alliance sociale pour la campagne électorale. Ce choix était ?symbolique?, s?accordent à dire les dirigeants de l?Alliance sociale. ?Derrière nous, il y Chacha, devant nous Seeneevassen, Anquetil, Rozemont? Ils sont témoins de l?engagement que nous prenons devant vous?, dit Rama Valayden.
?Ou pou aret soufer, aret pass mizer. Il y a de la lumière au bout du tunnel?, s?est évertué à faire ressortir Navin Ramgoolam avec émotion. Il ajoute que ?c?est la dernière ligne droite ek mo pe senti ou avek mwa?.
Ainsi l?humeur est des plus optimistes hier sur le podium du ?bizin changement?. S?y trouvent un peu plus d?une soixantaine de personnes dont les candidats. Yousouf Mohamed, Kader Bhayat, Guy Ollivry et Dharam Fokeer, étaient ausssi presents, entre autres. La conversation principale des candidats : l?étendue de la foule et des spéculations quant à celle de Quatre-Bornes.
Pour Madan Dulloo, la foule presents qui atteint les portes de l?hôtel du gouvernement est une preuve que ?nou pe rentre kare kare? alors qu?Anil Bachoo demande à cette même foule de prendre un peu de patience car ?nou pou rent lotel gouvernma lot semenn?.
<B>?Le vrai visage de Bérenger? </B>
Xavier Duval s?amuse de son côté à faire ressortir que c?est la première fois qu?il parle à une foule ?divan ek derier?. (Il y avait aussi une foule derrière l?estrade). Rashid Beebeejaun rappelle que ?c?est à ce même endroit que Bérenger vous avait promis en 1982 qu?il défendra les intérêts des travailleurs et la classe syndicale. 18 ans après vous voyez son vrai visage?.
Pour la circonstance, l?Alliance sociale a sécurisé l?accès au podium en distribuant des cartes de presse aux journalistes et photographes. Les agents de sécurité ont aussi été très prompts à réagir quand des personnes ont succombé à la chaleur et se sont évanouies.
Navin Ramgoolam et son épouse, arrivent au meeting vers 11 45 au son de ?bizin changement? et des pétarades. D?emblée, le leader de l?Alliance sociale attaque. Le gouvernement a ?failli sur toute la ligne?, la population doit se demander si elle vit mieux maintenant comparé à la période durant laquelle ?j?étais Premier ministre?.
Ramgoolam déplore que 11 % de la population ?est sans emploi. Ek se enn trazedi?. Il affirme que la dette publique grimpe, que les investisseurs ne viennent pas ?parce qu?ils n?ont pas confiance et touris na pa kone ki pe arive alor ki dan Sri Lanka, Sidafrik, Repiblik Dominikenn ek Maldiv pe ogmente. Poz zot la kesyon kifer.?
Paul Bérenger, dit-il, a lui-même admis que ?la situation est dramatique et sans précédent. Il est venu admettre son incompétence.? S?ensuit alors le procès du gouvernement sur la corruption, le climat social et la drogue. Navin Ramgoolam rappelle qu?alors que Bérenger avait demandé un mois pour résoudre le problème, ?les travailleurs sociaux viennent dire qu?il y a assez de drogue dans le pays pour 50 ans?.
?Si mwa ki ti Premie minis, lagazet na pa ti pou lais mwa trankil.? Il prend l?engagement de ?fer enn lenket pou kone kinn arive koumsa dan sa pei la?. Ramgoolam fait ici référence aux déclarations du syndicaliste Jack Bizlall, qui avait dit que ?la corruption roule et coule dans le MMM comme un fleuve déchaîné ?et de Dev Virahsawmy qui avait affirmé que ? this MMM-MSM is the best governement money can buy?.
? Aucune institution n?est en train de fonctionner?, ajoute Navin Ramgoolam en précisant que d?après un journal, l?Electoral Supervisory Commission a envoyé une lettre au président de la République ?pour exprimer son inquiétude quant à la participation de Lady Sarojini à la campagne électorale. Il est temps qu?ils arrêtent de faire l?amalgame entre le Sun Trust et le Réduit?.
Le leader des Rouges précise que ce que le Premier ministre appelle ?des élections exemplaires sont caractérisées par la violence?. Il demande à la police de prendre ses responsabilités. ?Il est malheureux que des gens sont en train de perdre leur vie.?
<B>?Donn sakenn so sans? </B>
Navin Ramgoolam condamne ?le langage vulgaire qu?utilisent Bérenger et ti Jugnauth. Nous ne faisons pas la politique ainsi et donc nous ne descendrons pas à leur niveau?. Et il met en garde contre Bérenger qui ?pe alim dife kominal.?. Pour Navin Ramgoolam, ?Bérenger finn trahir lalit? et cela expliquerait, selon lui, la présence d?autant d?anciens militants sur le podium de l?Alliance sociale. Le leader de l?opposition veut donc reprendre donc cette lutte que ?Bérenger a trahie?. ?Bizin donn sakenn so sans.?
Il énumère ainsi les mesures qu?il compte initier une fois au pouvoir dont l?Equal Opportunities Act qu?il compte faire passer. ?Parski zot dir bizin vinn kouma Singapore me na pa pou kapav si na pa donn sans egal.?
Navin Ramgoolam explique que contrairement à ce qui a été rapporté, il ne critique pas le ?seafood hub? mais ?monn dir ki li pa possib ki nou entoure ek lamer ek ena peser na pa ena travay dan sa pei la?. Il demande à la population de ne pas désespérer car ?la delivrans pe vini?. Il affirme que ?bannla pa kompren ki ve dir Vox Populi. La voi bondie sa. Si enn pep desid sanzman, na pa Paul Bérenger ki pou sanz sa?.
L?aspirant Premier ministre déclare qu?il subit des attaques personnelles ?et on attaque même ma famille mais vous voyez, ma femme est à mes cotés et elle est souriante?. Echange de sourire avec Veena Ramgoolam avant de poursuivre : ?Zot pe servi la vilgarite ek sa na pa fer honeur à Maurice.?
Navin Ramgoolam prend l?engagement que son gouvernement sera efficace et que ?efficacité ne veut pas dire pena leker?. Cet engagement de développement dans la justice sociale, Ramgoolam affirme le prendre ?sous le regard du père de la Nation?, tout en montrant la statue de son père derrière lui. ? Je vous donne la garantie d?un gouvernement moderne, transparent et efficace.?
Un peu plus tôt, Xavier Duval, leader du PMXD, a qualifié Bérenger de ?méchant? avec un ?gouvernma pikpoket, zot nek met lame dan ou pos?.
Madan Dulloo s?est pour sa part appesanti sur la façon dont le gouvernement sortant a ? mal géré? les relations entre Maurice et les pays amis. ?Alor ki tsunami inn kraz pei, ici pe fer maja karo dan Vivekananda.?
Rama Valayden, leader du Mouvement républicain, évoque ?l?enterrement politique? de Paul Bérenger et de son ami Cuttaree. Il réitère ses allégations sur le crime de Bassin-Blanc et affirme que s?il était en train de mentir, il aurait déjà été arrêté, ?or tel n?est pas le cas?.
Anil Bachoo condamne Bérenger ?qui a morcelé ce pays? et affirme que quand ?nous prendrons le pouvoir, il faudra garder notre humilité. Parce que nous avons une grande responsabilité.? Jean François Chaumière, président du PTr qui a présidé le meeting, raconte qu?en venant à Port-Louis, ?monn trouve korbiyar pe al Quatre-Bornes?.
A la fin de son discours, quelque 45 minutes après, Navin Ramgoolam fait quelques pas de danse avec son épouse. Le leader des Rouges salue ensuite tous ceux présents sur l?estrade. Avant d?être englouti par la foule.
<B>Des convictions partagées en famille</B>
L?ironie : deux vestes retournées galvanisent la foule. Les haut-parleurs diffusent du Zul Ramiah. Un quart d?heure avant le début du rassemblement de l?Alliance sociale, Bizin sanzman tourne en boucle. Il ponctuera chacune des interventions.
Puis, l?ancien militant cède la place à un die-hard : Nitish Joganah. Il est des icônes que l?on brûle sans ménagement. Sur l?air de Krapo Kriyé, il crache rageusement son amertume. ?Militant baisse la tête.?
Les orateurs prennent la relève à 10 heures. Jean-François Chaumière, président du Parti travailliste, donne le ton devant une foule encore clairsemée. Des drapeaux verts contrastent avec la dominante rouge. Mouvement républicain ou Les Verts Fraternels ? Difficile à dire du premier coup d??il.
Les défilés viennent grossir la foule et envahir l?espace à l?arrière du podium. Beaucoup préfèrent le front de mer à la chaussée. Quand Navin Ramgoolam s?empare du micro, des partisans cherchent un meilleur point de vue et grimpent sur les poubelles et les feux de signalisation.
Le soleil d?hiver tape dur. Il n?épargne même pas les bambins. Des enfants en bas âge avec des larmes aux yeux pour dire qu?ils ont chaud et soif. Les parents ne se sont pas munis de casquettes. Entre les pleurs des gamins qui finissent par somnoler sur leurs épaules, ils écoutent les discours des différents orateurs.
On est venu en famille. Entre potes. Les petites vieilles installées à l?ombre des palmiers royaux donnent l?exemple. Les drapeaux de-viennent des nattes posées au sol. Les pistaches salées servent d?entrée au plat de riz préparé tôt le matin. Les marchands ambulants font de bonnes affaires.
Une mère de famille retient notre attention. Sa jupe mauve et son haut à carreaux lilas sautent aux yeux. Non, Geneviève, elle, ne voit pas ce qui cloche. ?Ki fer ou dimann moi sa ??
<B> ?Leve pavion? </B>
Au même moment, passe un cercueil. Enveloppé de mauve, il symbolise la mort politique des leaders de l?alliance gouvernementale. ?3-0 pisso?, scande des convaincus survoltés. Les observateurs de la Southern African Development Community (SADC) ne se laissent pas gagner par la fièvre des tambours qui ponctuent les discours. Ni ne se laissent distraire par les appels répétés de ?leve pavion?. Calepin en main, ils prennent des notes. Mais la barrière de la langue ne leur facilite pas la tâche.
Mouvement de foule. On glousse. On se pousse du coude. Voilà un chef inca sous les tropiques. Suant sous le déguisement en raphia : Gervais Moorghen, un ex-danseur de disco, domicilié dans la circonscription n° 2, Port-Louis-Sud ?Port-Louis-Central.
Sa main tremble d?excitation. Il nous explique : ?Il m?a fallu quatre jours pour confectionner mon costume. Je l?ai choisi parce que les Indiens d?Amérique sont des modérés.? Sans hésitation, il déballe ses déceptions : dès l?enfance, il est attiré par le Mouvement militant mauricien (MMM). Mais le jour où il demande ?enn ti kontribision ? à ses amis mauves, ?pou mo neve ki finn kass so lazam,? personne ne lui répond. ?Zis Anil Bachoo ki finn recevoir moi.?
Michel lui, attend la fin du meeting pour récupérer les restes. D?un coup de talon, il aplatit les canettes de bière et les entasse dans des sacs en plastique. ?Bizin 32 pou fer enn liv.? Il nous explique que sa retraite ne lui suffit pas et qu?il ira revendre les canettes du côté de Plaine-Lauzun. ?Le 3 zuiyet nou ava gete.?
RASSEMBLEMENT À QUATRE-BORNES
<B>Le MSM-MMM lance un appel à l?unité entre les communautés</B>
<B> ?Kok sante, soley leve, leker vibre.? Une phrase pour résumer l?esprit dans lequel le MSM-MMM a organisé hier son ?meeting de la victoire?. Critiques de l?adversaire et autocongratulations n?ont pas manqué. </B>
Le héros du dernier grand rassemblement de l?alliance MSM-MMM à Quatre-Bornes, hier, était indéniablement Paul Bérenger. Les partisans ont démontré que leur coeur vibrait pour leur leader. L?exubérance avait atteint son apogée lorsque celui-ci a pris le micro en tant que dernier orateur.
Pendant que Solda lalit militan est diffusé à la sono, des centaines de pavillons se lèvent et les cris de joie de la foule se font entendre. Entouré par ses candidats, portant presque tous un polo rayé mauve et orange, Paul Bérenger arbore un grand sourire en contemplant la foule qui s?est déplacée.
Que le MSM-MMM dise tenir à c?ur l?unité entre les différentes communautés du pays n?est pas un secret. Mais les 18 intervenants ont presque tous, comme d?un commun accord, décidé d?axer leurs discours sur ce thème.
Les discours ?infectes, démagogiques et communaux? qu?utiliserait l?Alliance sociale sont qualifiés, par Paul Bérenger, de ?dangereux? pour le pays. Cela laisse présager que ce sera un point phare de la campagne MSM-MMM durant cette dernière semaine vers le scrutin du 3 juillet.
La stabilité politique pour un progrès économique et social durable, que promettent les intervenants s?ils sont reconduits au pouvoir, ont aussi été des thèmes omniprésents durant les deux heures et demie de discours.
C?est devant un public particulièrement enthousiaste que les orateurs citent un à un les différentes raisons pour lesquelles ils estiment qu?il faudra mettre trois croix derrière le symbôle ?leker dan soley?. L?emplacement de l?estrade à la gare routière de Quatre-Bornes fait cependant que plus d?un tiers de l?assistance n?a pu accéder à la place Jules-Koenig. Ces partisans ont donc dû se contenter des discours diffusés à travers les haut-parleurs. Mais pour indisposer les militants, il faut bien plus que ça. Le coeur était à la fête.
Pour Paul Bérenger et ses compagnons de route, ?c?est le meeting de la victoire?. Mais il faut rester ?mobilize ziska dimans prosin?, parce que ?Maurice pena drwa a lerer?. Pour Paul Bérenger, l?erreur étant bien évidemment de voter l?Alliance sociale.
La seule coalition capable de faire progresser le pays est le MSM-MMM, estime-t-il. Avec son équipe, dit-il, Maurice pourra continuer sa transformation en île du savoir, en seafood hub, ou encore en paradis hors taxes où les technologies de l?information et de la communication seront omniprésentes.
?Me ena osi bann defi bien difisil pli devan?, avertit le leader du MSM-MMM. Le secteur sucre est ?toujours en danger de mort? malgré la réforme entamée, tout comme le textile. Tout cela ne ?donne pas droit à l?erreur?, répète-t-il. Et d?ajouter que les cinq années à venir sont ?décisives?.
Alors que la campagne de l?alliance gouvernementale se termine sous le signe de ?l?arc-en-ciel composé de toutes les communautés mauriciennes?, Paul Bérenger affirme que de ?lot kote pe terminn dan kominal?. Rashid Beebeejaun, pressenti pour devenir vice-Premier ministre si l?Alliance sociale vient au pouvoir, est qualifié d??homme du passé?.
<B>?Nou pa koze selman, nou fer?
En tant que Premier ministre et ministre de l?Intérieur, Paul Bérenger a, par ailleurs, lancé un appel au calme durant cette dernière semaine de campagne. Il a aussi demandé qu?une minute de silence soit observée en mémoire d?Anand Banarsee, activiste travailliste mort électrocuté la semaine dernière en accrochant des banderoles, et de Pynee Ramasamy, agent MSM-MMM, assassiné vendredi soir. Le père de sa colistière, Fazila Jeewah-Daureeawoo, décédé la semaine dernière, n?a pas été oublié. Le mot d?ordre est scrupuleusement respecté avant que la fête ne reprenne.
Lorsqu?il prend la parole, Pravind Jugnauth s?attarde, lui, sur le bilan ?formidable? du gouvernement sortant et les propositions les plus populaires contenues dans le programme MSM-MMM. Celles-ci visent notamment à ?continuer à démocratiser l?économie et la terre?.
La ?grande révolution dans l?éducation? qui veut ?donner les mêmes chances à tous les enfants peu importe leurs communautés? a été entamée pour atteindre un objectif. C?est d?ailleurs pour cela que les frais d?examens pour le SC et le HSC seront dorénavant entièrement payés par l?Etat, tout comme le transport pour les étudiants du primaire, secondaire et des universités, souligne-t-il.
L?engagement de continuer le combat contre la pauvreté et l?exclusion est pris. La création d?une National Poverty Alleviation Agency est sur le menu du prochain gouvernement, annonce Pravind Jugnauth. Et l?introduction d?un Equal Opportunities Act est une ?priorité?. ?Nou pa koze selman, nou fer?, précise-t-il, en rappelant que 90 % du programme électoral de 2000 a été réalisé. ?Nou pe al ver enn 2e mirak ekonomik?, annonce le successeur de Paul Bérenger à la barre du pays dans deux ans et demi en cas de victoire du MSM-MMM.
?Gouvernma Navin Ramgoolam pa ti konn pran desizion. Lepep bizin konn reflesi ki dan ou lintere.? Pour le leader du MSM, ?Madam ek tifi fini dir ki zot pa le enn Premie minis Macarena?. Les pavillons se lèvent et la foule crie son approbation. ?Li fer nou rapel instabilite ek indecision, Kaya lor so konsians?, ajoute-t-il.
Pour donner plus de force à ces mots, il utilise des paraboles. ?Nous avons pu remettre sur les rails solides un train qui avait dé0raillé. Aujourd?hui, nous avons atteint une vitesse de croisière.? De l?autre côté, dit-il, ?Navin Ramgoolam de zour en zour pe enfonse dan labou ek koze kominal?.
Maurice Allet, leader du Parti mauricien sociale démocrate (PMSD), lance, lui, son discours par un ?kok pe sante, soley leve e leker vibre?. La foule est en délire. Le développement, insiste-t-il, ne peut se faire que dans l?unité et celle-ci se trouve dans l?alliance gouvernementale. ?Souval andikape lot kote, ici souval gagnan?, hurle-t-il devant une assistance qui s?amuse visiblement.
Pour Jayen Cuttaree, colistier de Paul Bérenger au n°19, l?équipe MSM-MMM se démarque par son sérieux. ?Ramgoolam kapav ekrir sa ki li le dan so program, li pa pou tini so promes. Rapel 1995-2000.? La ?paresse? alléguée de ce dernier est d?ailleurs souvent utilisée, par les différents orateurs, en opposition au ?sérieux et la stabilité? qu?apporterait le MSM-MMM.
<B>?Kominalism, dernie kartous?
Sam Lauthan, futur n°3 du gouvernement si l?équipe remporte un nouveau mandat, fustige la ?politique de division? des troupes de l?Alliance sociale. ?Sel ranpar kont kominalism, se nou ki lor lestrad?, soutient le candidat du n°3.
C?est également le ton utilisé par Alan Ganoo. ?Fos promes pa pe marse, plastik pa pe marse, aster li servi dernie kartous : kominalism. Aswar loup-garou sorti, koz kominal, mais en ?95, le faux rassembleur Ramgoolam pa ti trouv Bérenger enn blanc?, dénonce-t-il devant une foule qui réagit bruyamment.
Le ?bulldozer? Rajesh Bhagwan estime, lui aussi, que Navin Ramgoolam ?pe zoue so dernie kart. Li pe rant dan labou, fer kominal lor Paul Bérenger?. Et à Nando Bodha de dénoncer ?lopozision ki koz tidimoun an kampagn me o pouvwar pe koz tikopin. Nou ena enn sel langaz, enn sel parol, enn sel destin e enn sel lavenir?.
Ciblant également le leader de l?Alliance sociale, Dev Ramnah, candidat au n°11, soutient que ?li dir li pou sanz ou lavi an 100 zour, me an katran edmi li pann resi fer nanie dans un contexte international favorable?.
Lorsque le leader Bérenger quitte la scène, c?est l?attroupement. Tous veulent voir de près le patron de l?alliance MSM-MMM. Avant de retourner aux préoccupations du quotidien?
<B>La Ville des fleurs en proie à la fièvre</B>
Ils sont venus de loin pour assister au ?dernier grand meeting? avant les législatives. Et la fièvre électorale s?est emparée de la ville de Quatre-Bornes, hier. Le temps d?un meeting du MSM-MMM. Les autobus, qui se succèdent à l?entrée de la ville, déversent un flot continu de sympathisants. Les slogans pro-gouvernementaux fusent. Les insultes à l?encontre de l?Alliance sociale aussi.
A peine sortis des autobus, Sanjay et ses amis, venus de Moka, se rassemblent à quelques mètres de l?estrade avant d?entamer des chansons locales, au rythme des ravannes et autres percussions. Pour la circonstance, tous ont revêtu des T-shirts blancs aux couleurs de l?alliance gouvernementale. Des visières sont distribuées à la volée pour permettre aux partisans de se protéger du soleil. Ils sont peu après rejoints par d?autres jeunes, tout aussi enthousiastes.
?Nous sommes venus montrer que, contrairement à ce qui est dit, les jeunes sont concernés par l?avenir du pays?, lance Sanjay, sous les cris d?approbation de ses camarades. Le rassemblement prend rapidement un air de fête populaire.
Des sympathisants entament des pas de danse, protégés du soleil par des hauts-de-forme faits maison, aux couleurs du gouvernement sortant. De nombreux adultes, accompagnés de leurs proches arborent, sur leurs joues, le soleil orange et sur la poitrine, le c?ur mauve. Ces symboles, prennent pour les sympathisants présents, tout leur sens lorsque Pravind Jugnauth, le leader du MSM, déclare, enthousiaste : ? Soleil leve, li bizin continie brille pu tu dimun dan sa pays la.?
Une camionnette blanche, presque entièrement recouverte de banderoles et d?affiches se voit contrainte par des policiers de se garer plus loin, à cause de l?importante foule qui continue d?affluer vers l?estrade. La camionnette, avec de faux airs de chars de canavals avance et disparaît aussitôt dans une route latérale. Ses passagers, munis de drapeaux et de sifflets sautent du véhicule, en transportant à bout de bras un cercueil rouge sur lequel est inscrit en blanc le nom de plusieurs candidats de l?Alliance sociale.
<B>Dernière ligne droite</B>
Les imposants haut-parleurs, disposés de chaque côté de l?estrade grésillent. La voix de Françoise Labelle se fait aussitôt entendre, provoquant l?hystérie de la foule compacte. La fièvre électorale s?empare des sympathisants de l?alliance gouvernementale.
Au-dessus des têtes flottent plusieurs milliers de drapeaux. L?un d?entre eux, particulièrement imposant, attire les regards. C?est un drapeau à damier, symbolisant la dernière ligne droite avant les élections qui se tiendront ce week-end.
Alors que les orateurs qui se succèdent font état de leurs bilans et de leur programme pour les cinq prochaines années, une affiche géante, à l?effigie de Paul Bérenger, installée sur d?imposants supports en bois circule de main en main jusqu?à l?estrade. La photo datant de 1969, en blanc et noir, montre le Premier ministre sortant blessé à l??il. On peut y lire : ?1969, l?Histoire d?un combat.? C?est une foule toute acquise à la cause de l?alliance gouvernementale qui reprend en c?ur : ?Navin, go back to London !?
Peu après, c?est le fair-play qui prend le dessus lorsque les sympathisants rendent, à la demande de Paul Bérenger, hommage à l?activiste du MSM-MMM, Pynee Ramasamy, et à Anand Banarsee, agent du Parti travailliste, mort électrocuté alors qu?il accrochait des oriflammmes.
C?est également dans une ambiance festive et bon enfant que les partisans de l?alliance gouvernementale regagneront les autobus mobilisés pour cette occasion. Ils se donneront une fois rendez-vous ce week-end? aux urnes.
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