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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Les bruits de sabots n?ont pas fini de résonner dans des salles de rédaction que d?autres cris hostiles sont lancés à l?égard des journalistes et de la presse. Des politiques de tous bords renouvellent, ces jours-ci, leur offensive contre les médias indépendants. Leurs attaques laissent présager une situation dangereuse pour le droit des citoyens à l?information.
Mercredi dernier, la police a arrêté trois journalistes après une sortie du Premier ministre contre la presse, la veille, au Parlement. Hier, c?était au tour du Mouvement socialiste militant (MSM) de s?en prendre à notre journal. Ce parti annonce qu?il boycottera notre titre pour protester contre l?espace que nous lui accordons et qu?il estime insuffisant. Il met également en cause l?objectivité des estimations des foules faites par nos journalistes. C?est une réaction classique : quand les faits rapportés ne vont pas dans le sens qu?ils le souhaitent, les politiciens pourfendent le messager. C?est le syndrome de la reine à la beauté flétrie qui brise son miroir parce que l?image que celui-ci renvoie ne lui plaît pas.
Le MSM a du mal à reconnaître une réalité que lui présentent non seulement des articles de presse mais également des enquêtes d?opinion. Dans le dernier sondage politique réalisé par Sofres pour le compte de l?hebdomadaire économique, «Business Magazine», le parti de Pravind Jugnauth est crédité d?un score qui n?est pas à la hauteur de ses prétentions. Interrogés sur le parti duquel ils se sentent le plus proche, 21 % des interviéwés répondent le Mouvement militant mauricien (MMM). Le Parti travailliste obtient 21 % également tandis que le MSM recueille 9 %.
Dans l?opposition, le MSM a recours à l?arme du boycott pour espérer nuire à un titre de presse qui publie des informations rigoureuses et qui, donc, le gênent. Maintenant, on peut imaginer ce qu?il fera s?il a le pouvoir entre ses mains. Il va sans doute ordonner à la police d?agir comme elle l?a fait dans l?affaire du «magot».
Le MMM a choisi, lui, de répondre par l?insulte à ceux dont il ne partage pas les points de vue. Lors de son intervention dimanche au congrès-anniversaire de son parti, Paul Bérenger s?est montré virulent à l?égard du directeur exécutif de La Sentinelle, Jean Claude de l?Estrac et de l?animateur de Radio One , Finlay Salesse. «Zordi enn boufon couma de l?Estrac là, ou guette so lagel gramatin, ena li ek so Salesse tout sa la bann lepav politik ki pas finn disparet? disparet allé, zordi enn boufon couma de l?Estrac obligé reconnaît ki ban entreprise pe lager entre zot, et ban PME dans bez.» Certes, les journalistes ne peuvent refuser aux politiciens le droit de critiquer leurs propos, mais tomber dans l?insulte, c?est indigne.
Arrestations, boycott ou insulte, les moyens ne sont pas les mêmes. Mais tous prônent la même intolérance envers la presse qui ne pratique pas un journalisme de révérence.
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