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Tous les portefeuilles des ministres ne sont pas encore définis
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Tous les portefeuilles des ministres ne sont pas encore définis
Le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, n?a pas encore informé les ministres de leurs attributions et des départements qui tombent sous leur responsabilité. L?article 62 de la Constitution confère ce pouvoir au président, pouvoir qu?il exerce en consultation avec le Premier ministre.
Or, le bureau du Premier ministre n?a pas encore informé la présidence des responsabilités et des pouvoirs de gestion des départements du gouvernement qui ont été conférés à chaque ministre.
A la State House, où on attend toujours ces informations, on affirme que depuis l?arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, aucun document important n?est parvenu à la présidence. ?L?agenda du Conseil des ministres de vendredi n?a pas été envoyé au président. Le seul papier qui lui a été envoyé, les délibérations du cabinet, a été expédié à son domicile à La Caverne et non à la Sate House?, a déclaré une personne bien informée.
Des renseignements recueillis dans des milieux proches du bureau du Premier ministre indiquent toutefois que la non-expédition au président des portfolios des ministres ne fait nullement partie du bras de fer qui oppose le premier ministre, Navin Ramgoolam, au président. Les portefeuilles d?au moins trois ministres n?ont pas encore été bien définis, ce qui a retardé la publication de la liste des autres ministères.
?Le document publié concerne tous les ministères. Il faut donc attendre que les portefeuilles des trois ministères en question soient finalisés pour le publier et l?expédier au président?, a expliqué un haut fonctionnaire. Aucune précision n?a été obtenue sur ces trois ministères.
Résultat : les ministres sont encore dans le flou au niveau de la délimitation de leur ministère. Ils comptent sur la mémoire et l?expérience des chefs de cabinet pour ne pas empiéter sur les plates-bandes des autres.
Bagarre pour le contrôle
La formule consacrée pour informer les ministres de leurs responsabilités et de la délimitation de leur ministère commence toujours par la phrase suivante : ?In the exercise of my powers under section 62 of the Constitution and in accordance with the advice of the Prime minister, I have assigned to you with effect from ? and until such time as this authority is revoked, responsibility for the conduct of the business of the government (subject to the provision of the Constitution or any other law), including responsibility for the administration of the departments of government concerned, in respect of the subject set out below.?
Suit alors toute la liste des départements qui tombent sous le ministère concerné.
Par exemple, sous l?ancien gouvernement, le ministère des Terres et du Logement avait les responsabilités suivantes : ?Housing, National Housing Development Co Ltd, Land use, including use of State lands and Pas Geometriques, Land surveys, Town and country planning, Morcellement Board, Fair Rent Tribunal, Housing and Management Unit.?
Mais souvent les responsabilités ministérielles se chevauchent et donnent lieu à des conflits. Ainsi, dans le passé, des ministres se sont battus pour avoir le contrôle de certains secteurs. La création d?un one stop shop (guichet unique) pour les investisseurs a été maintes fois renvoyée. Elle ne s?est finalement pas concrétisée, car le Premier ministre d?alors, Sir Anerood Jugnauth, n?a pas voulu trancher.
Les frontières sont souvent très floues entre certains ministères. Quand un prisonnier demande une aide médicale, des lunettes ou un dentier, ce n?est pas le bureau du Premier ministre, responsable de la prison, qui s?en occupe. Le cas est envoyé à la Sécurité sociale. Quand une détenue réclame de l?aide pour son enfant, l?affaire est tantôt traitée par le ministre de la Sécurité sociale tantôt par celui de la Femme.
Dans ces cas, il n?y a pas de conflit. Mais les choses peuvent parfois tourner au vinaigre. Sous l?ancien gouvernement, le ministère du Tourisme a distribué des lopins de plages publiques à des particuliers ou à des compagnies pour la construction de centres nautiques et de restaurants. Le ministère des Terres a déproclamé ces plages, c?est-à-dire, il les a détachées du domaine public. Et c?est le ministère du Tourisme qui a procédé à la distribution.
Sir Bhinod Bacha, ancien secrétaire au cabinet, affirme qu?il n?y a pas vraiment de conflit au Conseil des ministres quand des cas semblables surgissent. ?Il ne faut pas oublier que les ministres sont guidés par le principe sacro-saint de responsabilité collective.?
Il explique qu??on va surtout chercher un consensus. Il est vrai que certains ministres ont de fortes personnalités et arrivent à imposer leurs vues et leurs décisions et défendent bien leur dossier. Mais tout est réglé dans le consensus.?
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