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Tous contre le sida
Sous l?égide de la Commission de l?océan Indien (COI) et de l?Onusida et sous l?impulsion de Richard Hein du Studio Kapricorn, une dizaine d?artistes de l?océan Indien, dont Désiré François, Benjam, Salim, Hardy Meunier ou encore Blakkayo, se mobilisent en musique contre le sida. Le lancement du CD se fera demain, à 17h au Port Franc, dans le cadre de la conférence des petits états insulaires.
Aux armes amis artistes ! Parce que la musique s?écoute et parce qu?elle fédère, Richard Hein, producteur de musique sous le label du Studio Kapricorn, a voulu apporter sa petite pierre pour tirer la sonnette d?alarme face à la propagation du sida chez nous et dans l?océan Indien.
Il y a trois ans, le producteur de musique locale, réputé pour être en marge des mélodies commerciales, soumet un projet de CD qui regrouperait les voix les plus populaires de l?océan Indien à l?Onusida.
Après délibérations et le temps de trouver le budget nécessaire à la concrétisation de ce projet, l?Onusida donne son feu vert, soutenu par la Commission de l?océan Indien.
«Le but est de sensibiliser les populations à se mobiliser, parce que, comme le disait un slogan de Pils il y a quelques années, Sida pa get figir. Mais cet album se veut d?abord et avant tout, porteur d?espoir. Ce n?est pas parce qu?il parle du sida qu?il doit être morbide. Il parle du sida sans sombrer dans le misérabilisme et prône une vie meilleure pour les personnes atteintes du virus, grâce aux textes écrits ou réécrits pour la cause qu?il défend. Il présente, dans le livret qui l?accompagne, des visages souriants, vivants et pleins d?espoir.» Richard Hein ne prétend pas totalement faire ?uvre sociale.
«C?est aussi pour moi l?occasion de me faire connaître dans l?océan Indien et si c?est en défendant une cause dans laquelle je crois, je suis doublement satisfait.»
Cet album, dont le nom n?est pas encore arrêté, présente ainsi un concentré d?artistes, qui ont composé des chansons pour certains, tandis que d?autres les ont interprétées.
Les textes, visés par Joy Backory, ancien responsable de l?hôpital de jour du VIH-Sida de Cassis, et point focal de l?Onusida pour cette initiative, explique son rôle.
ARTISTES PORTEURS DE RESPONSABILITÉS
«Ce CD ne sera que le point de départ d?une campagne sur tout l?océan Indien, pour responsabiliser nos populations. Au-delà même de cette initiative, on vit un enjeu. Les artistes deviennent par conséquent des ambassadeurs de notre cause. Il fallait donc que les chansons soient les leurs, qu?ils puissent les interpréter en ayant en tête les enjeux ainsi que les nouvelles responsabilités qui leur ont été attribuées. De mon côté, je me suis contenté, en toute humilité, de suggérer quelques idées afin que les messages transmis soient clairs et qu?ils traduisent bien les réalités liées au sida.»
Cet album est aussi divers que varié, tant par rapport aux artistes qui y poussent la voix, que par rapport aux mariages des genres qui l?habillent et aux langues dans lesquelles chantent les artistes.
Ainsi, Désiré François chante en duo avec Thierry Gauliris, le chanteur du groupe réunionnais Baster sur Black Out, chanson déjà connue de Baster.
«Nous nous sommes contentés de changer les paroles et d?y ajouter des sonorités nouvelles,» précise Richard Hein. Jean-Jacques Arjoon, compositeur averti, s?est chargé de réécrire le texte.
Blakkayo, Hardy Meunier, ou encore le nouveau venu Sniper, se sont également joints à cet élan de solidarité.
C?est ainsi que la chanson Abominasyon du Rodriguais Hardy Meunier, a été réactualisée, pour aborder certaines préoccupations liées au sida.
Ce CD a l?avantage non seulement de vouloir responsabiliser le public, mais également de le divertir, en lui offrant une musique fusion, aux couleurs de tous les courants musicaux dont sont friands les artistes de l?océan Indien.
LANGUE EN FUSION
C?est ainsi que le prolifique Blakkayo pousse la voix sur une chanson traditionnelle malgache ou que Benjam chante en hindi avec Mira Mohun.
Dans la foulée, le kréol seychellois de Jean-Marc Volcy, est traduit en kréol morisyen, tandis que les rythmes comoriens de Salim, se marient au bhojpuri de Sangeeta Deerpaul-Sharma.
Au finish, ce CD, réussit deux gageures : la première étant de saluer la louable initiative du producteur et des artistes, ainsi que celle de la COI et le l?Onisida.
Enfin, le CD réunit, pour la première fois, des artistes de renom de l?océan Indien, sur un même support.
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