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Toulouse reste la capitale du rugby français

24 mai 2005, 00:00

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En remportant dimanche sa troisième Coupe d?Europe, le Stade Toulousain a montré qu?il était encore la ?capitale? du rugby français, malgré la concurrence nouvelle du Stade Français.

Victorieux 18-12 à Murrayfield d?une finale où seul le suspense tenait le spectateur en haleine, les hommes de Guy Novès ont fait coup double.

Ils ont effacé la faute de goût de la saison dernière, terminée sans trophée après la défaite en finale de la Heineken Cup contre les Wasps et l?élimination en demi-finale du championnat par le Stade Français.

Que le succès de dimanche ait été acquis aux dépens des Parisiens n?est pas sans importance. Alors que la mainmise de Toulouse sur le rugby hexagonal était sans contestation après quatre boucliers de Brennus successifs (de 1994 à 1997), le Stade Français est venu contester cette suprématie.

A peine revenu dans l?élite (1997), le club de Max Guazzini infligeait un inattendu 39-3 à l?équipe de Guy Novès en demi-finale du championnat avant de remporter le titre. Et reste sur deux sacres consécutifs en 2003 et 2004.

Mais c?est sur la durée, et sur la scène européenne, que Toulouse est le plus fort. Le club de René Bouscatel, qui fait confiance à Novès depuis 1993, a gagné trois des dix Heineken Cup, un record, et a décroché 16 titres nationaux, contre 12 au Stade Français.

Les Parisiens ont disputé deux finales européennes, qu?ils ont perdues à la dernière minute. En 2001 contre Leicester (34-30) et cette année en prolongation face à Toulouse.

Pour Novès, la culture du Stade Toulousain est un facteur décisif. ?On retrouve toujours une certaine âme dans notre équipe?, soulignait-il.

<B>Novès : ?Le rugby français se porte bien?</B>

Et une certaine idée du jeu, où le mouvement perpétuel est un objectif constant.

La finale de Murrayfield en est le parfait exemple. Alors que les Parisiens abusaient du jeu au pied pour quadriller le terrain, les Toulousains n?ont jamais abandonné l?idée de relancer à la main, malgré la défense agressive de leurs adversaires.

?On a eu du mal à jouer au large car leur défense était très agressive?, expliquait dimanche le capitaine Fabien Pelous.

?Le Stade Français avait misé sur une grosse défense et une occupation au pied?, ajoutait Novès.

?Je ne pense pas que l?on ait refusé de jouer?, assurait pour sa part Fabien Galthié, le coach parisien.

Il n?a pas tort. Mais les philosophies de jeu des deux équipes ne sont pas les mêmes.

Si le Stade Toulousain joue plus ?à la française?, Paris a une approche plus ?anglaise? des rencontres.

Stuart Barnes, correspondant rugby du Sunday Times, estimait que la finale de Murrayfield serait l?affrontement entre ?le pragmatisme écrasant du Stade Français et le ?Gallic flair? toulousain.?

A force de tenter leur chance au large en alternant avec les percées monumentales de Yannick Jauzion, les Toulousains n?ont peut-être pas marqué d?essai mais ils ont poussé leurs adversaires à la faute.

Une certaine idée du rugby a triomphé dimanche. ?Depuis quatre ou cinq ans, les clubs français se sont mieux structurés. Ils jouent la Coupe d?Europe non pas pour participer mais pour y réussir quelque chose?, disait-il.

Pour lui, la réussite des Français en Coupe d?Europe doit quelque chose à la rivalité entre les deux Stades, mais aussi à l?émergence de clubs comme Bourgoin ou Biarritz.

?Si les clubs peuvent contribuer à la réussite des Bleus à la Coupe du monde en France, tant mieux. Mais il faut avoir de l?humilité. L?année prochaine, les clubs britanniques auront l?esprit de revanche?, ajoutait-il. ?Et surtout, il ne faut pas oublier que si on en est là aujourd?hui, c?est aussi grâce au Stade Français.?

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