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Tino Rossi, légende vive
D?Ajaccio à Sydney, en passant par New York ou Londres, les fêtes de la Nativité ne se passent pas sans que l?on entende sa voix. Plus qu?un tube, Petit Papa Noël, est devenu un classique réédité toutes les fins d?année depuis 1946. Et chaque fois, le disque bat des records de ventes : 50 millions d?exemplaires à ce jour.
Vingt ans après sa mort, Tino Rossi n?a pas été oublié et le cadre de ses admirateurs est loin de se restreindre aux seuls Ajacciens nostalgiques des sérénades et des tangos qui, des folles années 30 à l?après-guerre, ont fait danser des cortèges de couples tendrement enlacés.
?Mon père réunit tout le monde?, confirme son fils Laurent, qui vient de lui rendre hommage dans la demeure familiale d?Ajaccio, où quatre générations se sont pressées pour témoigner de leur respect envers celui qui a fait chavirer autant de coeurs que Rudolph Valentino. ?La plus belle surprise a été d?accueillir des Corses venus des quatre coins de l?île, des cars entiers de touristes, mais surtout des jeunes?, souligne-t-il. Au-delà de la curiosité de pouvoir pour la première fois franchir les grilles du Scudo jusqu?alors fermées aux curieux et de découvrir la propriété mythique d?une idole intemporelle, tous vouent un véritable culte au seul artiste français à avoir tenu pendant 28 semaines consécutives la première place du plus célèbre hit-parade américain, avec sa chanson Vieni, Vieni.
?Si tu veux durer, chante l?amour?, disait l?un de ses plus fidèles amis, Vincent Scotto. Pendant plus de cinquante ans, Constantin Rossi, dit Tintin jusqu?à ce qu?il ?crève? la scène de l?Alcazar de Marseille, a séduit et conquis le monde entier en vantant les charmes de son ?île d?amour?. ?Quand il est mort, la chaîne CBS a interrompu ses programmes pour annoncer la disparition du chanteur corse?, confie d?une voix émue, Laurent, comme pour rappeler que son père avait su mieux que quiconque se montrer ?identitaire?, avec ses 1 154 chansons et ses 350 millions d?albums vendus de par le monde.
Dans sa villa du Scudo, où aujourd?hui s?exposent toutes les photos, affiches, revues de presse, costumes de scène, films, disques d?or, et autres souvenirs rares comme la canne à pommeau d?or offerte par Maurice Chevalier, la correspondance qu?il entretenait avec ?son frère? Marcel Pagnol, dont il a été l?exécuteur testamentaire, ou encore sa Rolls rubis immatriculée 20 ER 20, Laurent aimerait créer un musée. ?Nous avons reconstitué son intérieur tel qu?il était de son vivant, avec son piano et bien sûr sa guitare, explique-t-il, et nous referons une exposition au printemps.? A terme, dans le cadre de l?association Tino-Rossi qu?il préside, il devrait y installer une fondation permanente, pour aider et promouvoir de jeunes artistes. ?Nous mettrons aussi en ligne un site Internet officiel et nous devrions réaliser un son et lumières retraçant toute sa vie.?
En attendant, il sortira bientôt un ?long box 3 CD? de collection, une compil de 40 titres d?or, une série limitée de Petit Papa Noël et un album de Noël. Comme ses ritournelles, le mythe de Tino n?est pas prêt de s?éteindre.
Dominique Costa
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