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Timides mesures pour une économie en berne

31 août 2005, 00:00

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Rama Sithanen ?Face à l?adversité, on ne peut pratiquer la politique de l?autruche.?

Pas de miracle ni de big-bang. Le ministre des Finances, Rama Sithanen, avait prévenu. C?est effectivement le constat auquel on arrive après la présentation, hier, à l?Assemblée nationale, de son plan d?action pour relancer l?économie.

Il était effectivement difficile de réinventer la roue dans le corset plus qu?étroit des finances publiques. Toutefois, une des idées novatrices à retenir ? et qui fera sans doute plaisir au secteur privé ? concerne l?adoption du concept de silent agreement pour faciliter l?investissement. En l?absence de réponse de l?administration, l?investisseur pourra considérer que son dossier a été approuvé. Mais attention, il faudra encore attendre qu?une task force définisse les critères et aide les institutions gouvernementales et les collectivités locales à simplifier leurs procédures. Espérons que cela ne sera pas un comité de plus.

Au niveau du tourisme, annoncé comme fer de lance de la stratégie de Sithanen, on peut sans doute dire que l?on reste dans la même logique prudente concernant la libéralisation de l?accès aérien. Elle se fera de manière graduelle. Le développement des voyages d?affaires et du tourisme pour le shopping est prévu, bien que peu détaillé. Là encore, rien de bien neuf sous le soleil des tropiques?

Déficit budgétaire très élevé

Dans le secteur textile, le gouvernement compte mettre sur un pied d?égalité la zone franche et les manufactures non-zone franche. Il accordera le même traitement fiscal avantageux aux filatures et aux usines de confection.

Les ?petits? ; petites et moyennes entreprises (PME), petits planteurs, bénéficient de mesures les aidant à faire face à l?avenir. Au niveau des PME, Rama Sithanen prévoit de leur faciliter le financement. Quant aux planteurs, leurs terres seront épierrées et mécanisées. Le gouvernement proposera prochainement son plan de réforme accélérée pour rendre l?industrie sucrière plus compétitive. La pêche sera soutenue.

Pas de big-bang. Pas de surprises... Et pourtant, tout va mal. En trois mots, voilà le constat qu?a dressé Rama Sithanen. C?est justement par rapport aux sombres perspectives économiques que le ministre des Finances justifie l?introduction de cette panoplie de mesures pour tenter d?insuffler un nouveau dynamisme à l?activité.

Le gouvernement ne pouvait se permettre d?attendre la présentation du budget en juin 2006 pour agir, soutient Rama Sithanen. ?Je ne veux pas être alarmiste mais ce serait irresponsable de ma part de ne pas dire les choses telles qu?elles sont. La population doit prendre connaissance des difficultés économiques. Face à l?adversité, on ne peut pratiquer la politique de l?autruche. Il n?y a pas d?issue facile. Ni de solution toute faite.?

La liste des indicateurs qui sont au rouge est longue. Tout d?abord, la croissance qui était en moyenne de 6 % entre 1996 et 2000 a été réduite à 4 % entre 2001 et 2005. Et, pour 2005, la croissance sera encore plus faible à 3,8 %.

Le taux d?investissement par rapport au produit intérieur brut est passé de 25,3 % à 22,1 %. La part du privé a baissé de 17 à 14,8 %. Pour Rama Sithanen, si cette tendance n?est pas inversée, il n?y aura pas d?autre moyen pour dynamiser la croissance que d?accroître le budget de l?Etat pour le développement des infrastructures. Or, ce n?est pas une option car le déficit budgétaire est déjà très élevé et le fardeau de la dette est insupportable.

Selon le ministre des Finances, le taux réel du déficit public pour 2004-2005 est de 5,9 % et non de 5 %. Il estime qu?il faut effectivement tenir compte des intérêts de l?ordre de Rs 1,76 milliard payables sur les bons du Trésor et des dépenses de Rs 500 millions par la Road Development Authority.

Le chômage preoccupant

La dette publique a atteint Rs 105,7 milliards représentant 58 % du PIB. La total public sector debt s?élève pour sa part à Rs 120,4 milliards ce qui représente 66 % du PIB. La combinaison d?un niveau élevé de déficit et de dette limite considérablement la politique fiscale surtout quand on considère qu?un cinquième des dépenses de l?Etat va au service de la dette. Nous sommes déjà pris dans un cercle vicieux. Et si la performance financière catastrophique de certaines corporations publiques persiste, la dette publique pourrait s?élever davantage.

Outre les finances publiques, le chômage demeure le problème le plus préoccupant sur le plan économique et social, estime le ministre des Finances. Il estime que le taux de chômage aurait atteint 11 % en 2004 si l?on se base sur l?ancienne méthodologie. Même avec la nouvelle méthodologie, le taux de chômage est passé de 7,6 % au quatrième trimestre de 2004 à 9,7 % au premier trimestre 2005.

?Les deux méthodes de calcul confirment que l?étendue du problème du chômage est sérieuse et qu?il peut s?aggraver si l?économie ne retrouve pas une courbe de croissance supérieure.?

En attendant, la situation se détériore sur le plan externe. Après quatre années de surplus, le compte courant affiche un déficit de Rs 2,16 milliards en 2004-2005. Le déficit devrait grimper à Rs 7,15 milliards pour l?exercice 2005-2006.

La balance commerciale est également défavorable avec un déficit de Rs 17,1 milliards pour l?année financière 2004-2005. Elle pourrait atteindre Rs 23,8 milliards en 2005-2006. La balance des paiements est en déficit de Rs 3,13 milliards en 2004-2005 et devrait atteindre Rs 8,6 milliards en 2005-2006.

La hausse du prix du pétrole qui tourne autour de $ 70 le baril aura également des conséquences graves pour l?économie. L?inflation qui était de 3,9 % en 2003 a déjà atteint 5,6 % pour l?année financière 2004-2005.

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