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Thomas et les petits écrivains curieux

28 mai 2005, 00:00

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C?est l?histoire d?un cheval, né au pied de la montagne Pieter Both. Mais le cheval est différent parce qu?il a un sourire au coin des lèvres. Un jour , il rencontre une fée récemment diplômée et maladroite qui veut l?aider à ne plus être différent. Elle se trompe dans la formule et le transforme en petit garçon. Voilà le début d?une belle histoire, d?un « conte magique », imaginé avec poésie par les enfants d?une école primaire, aidés par l?écrivain français Thomas Scotto, spécialisé dans la littérature de jeunesse, et par Henry Koombes, peintre et illustrateur.

Thomas Scotto en est à sa deuxième visite à Maurice, toujours dans le cadre d?un projet littérature jeunesse initié par le CIFOD, un service du Centre Culturel Charles Baudelaire. L?écrivain part à la rencontre d?écrivains en herbe, dans les écoles. Un atelier d?écriture dans lequel les enfants laissent aller leur imagination et construisent ensemble une histoire. Selon les âges, ce travail donnera un roman, des mots-valises, des comptines, des poésies, des jeux sur les mots (« le bec du dodo est un casse coco »). L?innocence libère l?art, des histoires pleines de poésie et d?espoir, parce que « les enfants n?ont pas d?a priori », explique Thomas Scotto. Les enfants le surprennent toujours, par leur poésie, leur humour, leur vérité.

C?est pour mieux se familiariser avec le monde de la lecture que les enfants sont appelés à jouer les écrivains, savoir quel est le processus de création, ce qu?il faut écrire, comment illustrer ? A ce jeu-là, les jeunes Mauriciens sont très curieux paraît-il. « Ils m?ont posé des questions sur mon travail d?auteur, sur mes livres, qu?est ce que tu ressens quand tu écris, à quel âge on peut devenir écrivain? ». Avant la rencontre, les enfants ont lu des livres de Thomas Scotto et se sont préparés à s?évader par les mots et les couleurs. «On part de ce qu?ils connaissent, l?école, la vie de famille, toujours dans le contexte mauricien ». Aux enfants de guider les personnages, ils restent les maîtres de leur histoire. Thomas Scotto n?est là que pour les aider à la mise en forme.

Nouvelle expérience, cette année, les enfants ont eu la chance d?avoir aussi en classe un illustrateur, Henry Koombes, le papa de Tikoulou. « C?était adorable, ça m?a libéré moi-même », dit l?artiste. Pour la technique, Henry Koombes est retourné à l?essentiel, à la simplicité. Pas de crayons ni de pinceaux. Des feuilles de papier en couleur que les enfants ont dû déchirer et coller.

« Pour leur montrer que l?on peut faire quelque chose avec rien. Pour leur apprendre à ne pas toujours rechercher la perfection. Je leur ai dit, tant que vous rigolez, c?est bon signe ». Et les enfants se sont bien amusés paraît-il. Dans certains cas, ils ne voulaient plus laisser partir Thomas et Henry. « A la fin, quelques-uns m?ont glissé des petits poèmes dans les mains, en cachette». Une jolie fin.

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