Publicité
There?s only one Thierry Henry
L?expédition européenne d?Arsenal à Prague aura donc été historique. Auteur, mardi, d?un doublé face au Sparta pour son grand retour à la compétition après une absence de six semaines, Thierry Henry a effacé des tablettes le nom du légendaire Ian Wright.
Avec 186 buts à son compteur en six ans de carrière à Highbury, l?international français, 28 ans cette année, est désormais le meilleur buteur de tous les temps d?Arsenal. Un record qui ne sera pas égalé de sitôt et qui confirme, si besoin est, l?énorme influence de ?Titi le flingueur? sur le jeu des Gunners.
Le club londonien en a bien sûr profité pour joindre l?utile à l?agréable et se racheter une conduite. Objet de toutes les critiques depuis sa défaite samedi en championnat à West Brom, défaite qui le relègue à quatorze points de Chelsea, Arsenal peut en effet se flatter d?afficher un bilan autrement plus crédible en Ligue des Champions.
Sa victoire, 2-0, face au Sparta, mardi, sa troisième dans le groupe B, lui permet en effet d?envisager en toute sérénité les huitièmes de finale. A mi-parcours de la phase des poules, Arsenal a cinq points d?avance sur l?Ajax Amsterdam, son adversaire le plus consistant, tombeur du FC Thoune mardi, 2-0 la aussi.
Même en cas de départ, la saison prochaine, pour le Real Madrid ou Barcelone, comme le veut la rumeur, Thierry Henry sera à jamais lié à l?histoire d?Arsenal, un club qu?il a rejoint en août 1999 en provenance de la Juventus et d?un championnat italien qui ne lui convenait pas, tellement le jeu défensif y est privilégié.
Ian Wright, qui a inscrit 185 buts sous le maillot d?Arsenal de septembre 1991 à juillet 1998, ne s?était, donc, pas trompé quand il avait prédit, au lendemain de l?arrivée de Thierry Henry, que le Français avait tout pour devenir un jour son héritier.
Précis, rapide, instinctif
Comme Wright, il est en effet le portrait typique du renard des surfaces qui ne laisse rien passer. Il a la précision, la vitesse et l?instinct de son illustre prédécesseur. Si l?Anglais, volubile et intempestif, était, en son temps, le leader moral de l?équipe, Henry, lui, plus discret et plus effacé dans les vestiaires, pèse davantage sur le jeu que sur les joueurs.
Et puis, contrairement à Wright, opportuniste à souhait, grand spécialiste des contre-attaques, il ne se contente pas de la finition, mais aussi de la création. C?est un artiste qui marque souvent de très beaux buts et qui fait marquer.
Henry est d?une régularité étonnante. Trois fois meilleur buteur de la Premier League ces quatre dernières années, il a été titularisé par Arsène Wenger à 303 reprises. Ses rares absences, pour suspensions ou blessures, ont d?ailleurs souvent donné lieu, comme ces dernières semaines, à une inquiétante baisse de régime d?Arsenal.
Son insolente réussite, Henry le doit à son talent, bien entendu, mais aussi un peu à Arsène Wenger, qui l?a réorienté sur le terrain, contre son gré dans un premier temps, mais avec le résultat que l?on sait. Ailier, il l?était en effet et il aimait ça. Mais l?Alsacien a toujours pensé que son jeune compatriote serait plus utile et plus efficace comme avant-centre. Et même si Henry a tardé à s?affirmer dans ce nouveau rôle, le temps a bien fini par donner raison à Wenger, homme vénéré à Londres pour avoir conduit Arsenal à trois titres de champion d?Angleterre et quatre FA Cup depuis son arrivée en 1996.
Le règne d?Arsène Wenger à Highbury a coïncidé avec l?émergence, au premier plan, de Thierry Henry, symbole par excellence d?une équipe d?Arsenal adepte du beau jeu et offensive à souhait, une équipe en total déphasage avec sa devancière des années 90, emmenée par ?l?Italien? George Graham, concepteur du ?Boring boring Arsenal?.
C?était l?époque où les armoires à glace Tony Adams, Nigel Winterburn, Martin Keown et Lee Dixon avaient le beau rôle, l?époque où ne pas encaisser de but était plus important que gagner, l?époque où les victoires naissaient souvent d?une contre-attaque rondement menée et conclue par ce diable de Ian Wright.
A bien voir, ce dernier avait peut-être bien plus de mérite que ?Titi le flingueur?. Il n?avait pas, lui, des Ljungberg, des Vieira et des Pirès pour le servir. Le boulot, il avait souvent à le faire tout seul.
Au contraire d?Henry, qui a intégré le centre de formation de l?AS Monaco à l?âge de 13 ans et dont la progression a été constante, Wright a été projeté sous les feux des projecteurs de façon brutale. Ancien employé de la construction, il avait déjà la vingtaine quand Crystal Palace l?a déniché. Son premier véritable exploit aura été un doublé en finale de la FA Cup face à Manchester United alors qu?il était entré en cours de jeu comme remplaçant. Cela n?a pas empêché Palace de perdre mais le football anglais tenait là une nouvelle perle.
Depuis Wright, transféré en cours de route à Arsenal, n?a eu de cesse de faire son petit bonhomme de chemin. Quand, en 1997, il a battu le vieux record de Cliff Bastin, qui avait inscrit 178 buts en 395 matches, d?aucuns à Highbury prédisaient qu?il ne serait jamais remplacé.
Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais?
Publicité
Publicité
Les plus récents