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Budget 2026-2027
Restructuration du ministère des Arts : Faudra lui passer sur le corps paraétatique
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Budget 2026-2027
Restructuration du ministère des Arts : Faudra lui passer sur le corps paraétatique
Le compte n’est pas bon. «Le ministère des Arts et de la culture supervise actuellement 34 organismes parapublics dont les mandats se chevauchent, ce qui entraîne une fragmentation des responsabilités et une coordination insuffisante. Une vaste opération de réorganisation et de rationalisation sera menée par ce ministère.» Annonce du Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, dans le discours du Budget 2026-2027. Le 19 juin dernier, il a précisé qu’il présidera le Steering Committee on Public Sector Efficiency, chargé d’identifier les doublons, les inefficacités et les gaspillages. «Chaque ministère et département devra soumettre un plan concret visant à améliorer son efficacité, sans compromettre la qualité des services rendus.» Avant d’ajouter qu’un comité sera également mis en place afin d’examiner les dépenses de chaque ministère et ainsi veiller à ce que les recommandations formulées dans le rapport du directeur de l’Audit soient effectivement mises en œuvre. Ce comité sera présidé par un Deputy Financial Secretary.
Restructuration de fond au ministère des Arts et de la culture ? Il y a ceux qui sont pour. En citant l’exemple de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales. Dans son intervention lors des débats budgétaires, le ministre des Arts et de la culture a indiqué que la construction du bâtiment qui regroupera ces deux institutions au Réduit Triangle à Moka est «terminée à 40%». Le décaissement de Rs 290 millions est prévu pour ce chantier durant l’année financière.
La Bibliothèque nationale conserve les journaux et les livres. Les Archives nationales préservent des documents officiels, comme les actes notariés, les registres d’Etat civil etc. Ces institutions ont toutes les deux des services de numérisation et de restauration de documents. Les Archives nationales, c’est un département du ministère des Arts et de la culture alors que la Bibliothèque nationale est un corps paraétatique, qui existe depuis 1999. Cette structure parapublique n’a pas de conseil d’administration depuis novembre 2024.
Arrmaan Shamachurn, président de SOS Patrimoine en péril trouve qu’un regroupement par «clusters» est souhaitable. Comme la convergence des institutions qui s’occupent du patrimoine. Un secteur où une refonte a déjà été initiée, suite à la signature de la Déclaration d’intention pour la préservation du patrimoine mauricien, par l’ambassade de France, le ministère des Arts et de la culture, Business Mauritius et SOS Patrimoine en péril. Outre la mise en place d’une structure paritaire public-privé, la refonte du cadre légal avec la transformation du National Heritage Fund en National Heritage Authority est attendue.
Une source au sein du ministère des Arts et de la culture propose avant tout de revenir au «fondement, à la sagesse derrière la création des centres culturels. Maurice est l’un des rares pays au monde avec autant d’institutions culturelles. L’idée de départ est noble, c’est après que c’est devenu problématique. On s’est retrouvé avec un centre culturel qui aujourd’hui ne s’occupe que de questions religieuses». On souligne, qu’«en voulant plaire aux différents groupes linguistiques, on a divisé une communauté. Aujourd’hui, ce sera compliqué de changer les choses».

■ Sous l’ancien régime, Somduth Dulthumun à la présidence des musées avait été très critiqué.
Au-delà du clientélisme politique, il y a les questions pratiques comme le statut des employés. «Dans une institution qui n’a pas d’organigramme, on a vu des chercheurs rester trois ans sous contrat, ce qui n’est pas légal. Ces personnes ont fini par démissionner».
Cette source souligne qu’il ne faut pas «mettre toutes les structures dans le même panier. Il y en a qui sont solides, qui savent gérer un comité scientifique». Exemple : le centre Nelson Mandela pour la culture africaine, inauguré en 1986. Il fêtera ses 40 ans d’existence cette année. Et espère la nomination d’un nouveau conseil d’administration. En attendant, au sein du ministère des Arts et de la culture, d’aucuns estiment que la restructuration «n’est pas une priorité. Nous attendons encore les retombées de la Convention nationale sur les arts et la culture.Cette restructuration c’est peut-être une stratégie pour détourner l’attention.»
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