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Textile : le salut passe par une réduction des coûts du fret aérien
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Textile : le salut passe par une réduction des coûts du fret aérien
Le fret aérien est la clé de voûte de la stratégie pour assurer la survie de l?industrie du textile et de la confection. Telle est l?idée maîtresse qui a émergé hier à la clôture des travaux du forum organisé par Enterprise Mauritius pour faire le point sur ce secteur et dégager un plan d?action de trois ans pour le remettre sur les rails.
« La question du fret aérien est l?élément le plus important si nous voulons que notre industrie survive et s?épanouisse. Si nous ne pouvons pas obtenir un tarif beaucoup plus compétitif nous allons mourir», déclare Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza).
La logique est simple. Maurice doit éviter l?affrontement avec la Chine ou le Bangladesh. Pour cela, l?industrie doit entrer dans une niche où le délai de livraison et le contenu de design et de service priment sur le prix. Maurice est déjà en compétition avec des pays comme la Turquie et la Grèce qui sont à quelques jours de camions des marchés européens que nous visons.
L?objectif est de persévérer dans cette voie et d?arriver à ramener les délais de livraison dans une fourchette de sept à 14 jours. Pour cela, l?avion est indispensable.
Ahmed Parkar estime que pour obtenir une réduction substantielle du coût du fret aérien le soutien financier de l?Etat sera requis. Le patron de la MEPZA chiffre à Rs 500 millions annuellement pendant les trois prochaines années l?effort que l?Etat aura à fournir pour résoudre ce problème.
Pour lui c?est un investissement qui se justifie car grâce à cette stratégie les recettes d?exportations de l?industrie du textile-habillement pourraient passer de Rs 25 milliards an- nuellement aujourd?hui à Rs 35 milliards dans trois ans. «La question du fret aérien est le premier problème que nous devons résoudre», dit-il.
« La logistique est une question clé. Si nous n?arrivons pas à livrer nos vêtements aux portes des clients dans les plus brefs délais, nous nous retrouverons bientôt avec une industrie qui n?emploiera que 35 000 personnes », déclare Yves Robert Lamusse, directeur du groupe Palmar et rapporteur d?un comité de réflexion qui a planché sur la stratégie dans le courant de la journée d?hier.
Modernisation
Selon lui, l?industrie du textile a un avenir. On peut conserver un noyau de 55 000 emplois, mais si le plan d?action défini hier est effectivement mis en application l?industrie peut même croître pour employer 65 000 personnes.
Outre la question du fret aérien, le plan d?action met l?accent sur la nécessité de poursuivre et d?accélérer l?intégration verticale qui est un élément déterminant aussi pour arriver à réduire les délais de production et de livraison car il apporte de la flexibilité et de la réactivité.
La modernisation de l?outil de production est aussi une priorité et à ce chapitre Ahmed Parkar demande au gouvernement de réactiver les fonds de modernisation sur des bases plus souples.
Le président de la MEPZA met aussi l?accent sur la nécessité de repenser la qualité des ressources humaines, que ce soit au niveau du management qu?au niveau des machinistes. Selon lui, il serait nécessaire de créer une université spécifiquement pour former les ressources humaines aux métiers spécifiques du textile et de la confection.
Un autre aspect du plan d?action concerne les tarifs des services publics qui devraient être plus compétitifs pour mieux servir une économie tournée vers l?exportation.
Le branding de la destination Maurice comme un centre de textile de qualité est également un aspect qui a été relevé. Yves Robert Lamusse note qu?il y a des fonds pour vendre la destination de Maurice pour le tourisme mais pas un sou pour la valoriser à l?étranger comme producteur de textile et d?habillement.
Réflexion
Amédée Darga, président Enterprise Mauritius a renouvelé son assurance que les deux jours de discussion du forum ne déboucheront pas dans un énième rapport. Un groupe de réflexion stratégique sera rapidement mis sur pied pour peaufiner et finaliser le plan d?action. Les actions identifiées seront chiffrées et un calendrier défini. Le plan sera soumis au gouvernement. Le ministre de l?Industrie, Rajesh Jeetah a promis tout le soutien du gouvernement.
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