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Terrassée par une crise d?épilepsie, Usha meurt noyée

28 février 2004, 20:00

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Drapée dans un vieux sari, Oumawtee Ramkoroa chemine sur un sentier rocailleux bordé de maisonnettes enfoncées dans des marécages. Son visage ridé se renfrogne lorsqu?elle arrive sur les berges de la rivière qui traverse Caroline, son village natal niché dans le district de Flacq. Mardi, Usha, sa belle-fille, a été emportée par les courants de Bel-Air Rivière-Sèche après avoir fait une crise d?épilepsie pendant qu?elle faisait la lessive. Oumawtee marmonne des mots sur le drame qui afflige son fils Prakash, devenu veuf à 30 ans avec trois enfants à sa charge. Et dire qu?Oumawtee avait bien recommandé à sa bru d?attendre son retour du travail avant de se rendre à la rivière.

Nulle part en vue

Mais Usha, 26 ans, n?en a fait qu?à sa tête. Elle s?est rendue seule à la rivière et une fois dans l?eau, elle a été terrassée par une crise sans que personne ne puisse lui porter secours. Elle s?est sans doute noyée sans même s?en rendre compte.

À plusieurs reprises au cours de ces cinq dernières années, elle a été prise de crises similaires alors qu?elle lavait le linge en compagnie d?Oumawtee ou d?autres lavandières. À chaque fois, le pire a pu être évité. Ainsi, il y a trois semaines, son fils aîné Avishek, âgé de huit ans, a dû courir à la maison pour avertir Prakash qu?elle risquait d?être emportée par les flots. « Mama ti fine gagne crise, tine bizin appel papa », lance le garçonnet.

Le jour du drame, en revenant du travail vers onze heures, Oumawtee demande à son époux où est Usha. Elle a un étrange pressentiment. Le vieil homme lui répond que leur bru est partie tôt le matin avec sa cuvette de vêtements sales. Elle réprimande son époux de lui avoir donné la permission et court à la rivière.

Dans une courbe menant vers la berge, les deux chiens de la famille sont comme d?habitude assis sur une pierre plate. Ils attendent fidèlement que la jeune femme ait terminé la lessive pour la suivre jusqu?à la maison. Mais Usha n?est nulle part en vue. Avec les pluies, l?eau est montée de quelques centimètres. Des vêtements sont posés sur la « roche » qu?elle a utilisée, la cuvette est sur la berge, ce qui laisse supposer qu?elle ne doit pas être bien loin.

Un époux atterré

Malgré ses appels, Oumawtee se rend à l?évidence; Usha a dû être emportée par la rivière. Elle alerte aussitôt ses proches. La police organise une battue. Deux heures plus tard, le cadavre de la malheureuse est repêché à trois kilomètres en aval. « Létan mo rentré mo pas trouv so baquet, so bane lichiens pas là, so bane zenfants pé rode li? Mo léker ine gros létan mone trouvé so lécorps et ki mone bizin tire li dans délo », confie Raj, le frère aîné de Prakash. « Ou kapav kwar éne zoli madame kumsa ine mort », dit Summun, une belle-s?ur d?Usha.

Prakash est un époux atterré. Il ne pensait pas qu?il allait perdre Usha. Sa maladie, sans doute héréditaire, a commencé à l?affecter il y a quelques années. Elle a commencé à avoir des grincements de dents suivis d?une période courte d?absence où elle ne se souvenait pas de ses actions. Elle grimpait alors sur une chaise, urinait dans ses vêtements ou restait prostrée. Malgré un suivi médical, son état ne s?était guère amélioré. Comme elle, un homme, originaire de Flacq et souffrant de crises d?épilepsie, est mort noyé dans la rivière de Riche-Mare ce mois-ci. Il lavait son pantalon lorsque le drame est survenu.

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