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Tendrement attachant

21 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A l?affiche du cinéma Star depuis vendredi, le premier film mauricien, signé Barlen Pyamootoo, plonge le spectateur dans une lente introspection. Truffault disait que le cinéma c?est l?art de faire faire de jolies choses. Bénarès, c?est cela et bien plus encore. C?est une invitation au voyage, dans des faubourgs oubliés de la civilisation. Une île Maurice oubliée, une île Maurice authentique qui puise sa force au c?ur de paysages verdoyants. La vision de ces paysages si étrangement familiers, plante le décor d?un road-movie attachant, dans lequel l?absence de conflits et de confrontation, sert de prétexte à une quête, voire une destination. On part d?un point on revient au même, avec au fond de soi, l?impression d?avoir partagé des tranches de vie, des moments d?éternité, que des acteurs non-professionnels, très inspirés, ont mis à profit.

Le film tourne à vide. Seuls les paysages capturent des moments d?intimité. Ils font le plein d?impressions. Une impression de vide, d?un village fantôme, d?où partent deux héros sans histoire. Commence alors une quête vers la tendresse, une quête humaine, avec des filles de joie. Tout est dépouillé. Leurs vies n?ont plus de sens. Il ne reste que les souvenirs d?un village jadis source de joie, malgré les insultes des Blancs. Un vieux moulin, au c?ur de cette errance, rappelle un passé trop vite oublié.

Mais à force de souvenirs, d?échanges, de complicité, ce passé resurgit. Le retour vers ce village est salutaire. Ces hommes ne sont plus seuls. Ils rejoignent le village où les portes du paradis s?ouvriront avant qu?ils ne passent de vie à trépas. Bénarès, ville symbole de l?Inde, ville du bonheur éternel, trace alors son sillon sur chaque visage mélancolique. Et sur ces visages sur lesquels il ne s?est pas passé grand-chose, les silences sont révélateurs d?une grande lassitude.

Au fil de ce voyage, les visages s?apaisent, la quête est terminée. Dans la quiétude de ces paysages, Bénarès réussit à montrer, pour apaiser. Cette douceur lancinante, ne se tarit jamais. Sur fond de jazz, le film de Barlen Pyamootoo prend des allures de film intimiste. Entre lui et nous, un courant de bien-être est passé. On en sort réjoui.

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