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Tasneem Ramjahn : C?est du gâteau !
par Premila DOSORUTH
Des doigts si fins et si fragiles qu?on les imagine mal malaxant de la pâte à gâteau. Et pourtant. Ce sont ceux de Tasneem Ramjahn, jeune pâtissière de 19 ans qui, à longueur de journée, vous sculpte des gâteaux. Farine, sucre, lait et beurre se métamorphosent en corbeille, château fort, poupée ou encore toute la composition d?un salon avec canapés et moult détails. De véritables ?uvres d?art. Indéniablement, cette fille a un don.
«C?est juste de la créativité pour combattre la routine de l?existence. Et faire transparaître la beauté dans un monde pas toujours rose», se défend-elle modestement. Une fille brillante qui a préféré délaisser l?université pour se consacrer à sa passion.
Sa mère Sahida a un instant tiqué devant le choix de sa fille, mais s?y est finalement résignée. «Aujourd?hui, je suis contente et je l?encourage dans cette voie. Elle a tout mon soutien.»
Cette passion, qui ne date pas d?hier, est loin d?être une lubie. Déjà à l?école, pendant que ses camarades de classe étaient plongés dans des bandes dessinées ou autres romans à l?eau de rose, Tasneem feuilletait inlassablement des livres de recettes.
La main à la pâte
A 12 ans, elle met la main à la pâte et confectionne son premier gâteau. «J?ai fait beaucoup de gaspillage avant d?être satisfaite du résultat. J?allais tout jeter au pied du cocotier et du goyavier, dans la cour, pour que ma maman ne voie rien», raconte Tasneem.
Longtemps après, elle a su que sa mère était au courant de la supercherie. «Finalement, grâce à moi, beaucoup d?oiseaux ont pu être nourris pendant longtemps?» L?autodidacte s?est par la suite perfectionnée, grâce à une année de cours auprès de Feizal Chaumoo, son maître pâtissier (bake master). Elle s?est montrée si douée qu?un grand pâtissier indien lui a soufflé à l?oreille : «Il m?a fallu six ans pour réussir ce que vous arrivez à faire après seulement six mois de cours.»
Désormais la pâte sablée, feuilletée ou à choux n?a plus de secret pour elle. Excellant en bavarois, génoise, caracas, forêt noire, charlotte, viennoiserie? «Le marché pour ce type de gâteau est encore très faible à Maurice. On a du mal à sortir du massepain. Je veux promouvoir la bonne pâtisserie française chez les Mauriciens », souligne Tasneem Ramjahn.
«Le bonheur est dans la capitale»
Sa cuisine a été agrandie pour la circonstance et la pâtisserie «Ravissante» a vu le jour à Médine-Camp-de-Masque, accolée à la maison de ses parents. Seul bémol, les ingrédients pour confectionner ses gâteaux sont introuvables dans les supermarchés voisins. «Je suis obligée d?aller m?approvisionner à Port-Louis tous les 15 jours. C?est uniquement dans la capitale que je trouve mon bonheur.»
Sa spécialité est le nid d?abeille, un gâteau à base de miel et de noix de coco. Son massepain à base de gruau a déjà atteint une renommée certaine auprès des habitants de la localité.
Mais le petit plus demeure son doigté à décorer n?importe quel gâteau. «Je suppose que c?est parce que j?ai toujours excellé dans la pose de mehendi et il y a une similitude à orner les gâteaux à l?aide de crème au beurre.»
Pour meubler les longues heures de préparation, notre pâtissière aux doigts de fée s?adonne à une autre passion qui... adoucit les m?urs. La musique bien sûr. «J?aime toutes les musiques sauf le rock.»
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