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Tarzan a plusieurs cordes à son arc

22 décembre 2006, 00:00

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L?art qu?aura pratiqué Abdool Mamode en premier lieu, c?est celui de la débrouille. C?est sa femme, Marie-Louise qui le dit. L?autre, c?est avec des coquillages morts, des noix de coco et autres débris qu?il le pratique.

Car, tout n?avait pas bien commencé pour lui. Abdool, c?est surtout l?itinéraire d?un enfant pas gâté par la vie. Du moins au début, quand il devait batailler dur contre la misère après le départ de son père alors qu?il était tout jeune. Il traînera dans la rue, entrera au couvent où il travaillera comme jardinier. Des cyclones ayant ravagé sa maison à Rose-Hill, il débarque dans le soleil de Port-Louis pour ensuite finir sur la plage de Tamarin à l?âge de vingt ans où il fait du camping en plein air. ?Mo ti kit tou. Mo pran zis enn sac ar mwa?. La renaissance de celui qui en avait ras-le-bol de la vie sera la découverte d?une passion: l?artisanat.

Voilà qu?il se met à collectionner presque tout ce qu?il voit sur la plage : des coquillages, des épines d?oursins ? qu?il préfère appeler creyon disab ? du bois et même des morceaux de vaisselle de la dynastie Ming, dont il s?empresse de montrer la signature sur un bout de ce trésor cassé pour authentifier ses dires. Ils proviendraient du naufrage de La Banda des siècles auparavant?

C?est aussi sur la plage de Tamarin qu?il rencontre Marie-Louise, qui était encore touriste à l?époque, mais aussi peintre. Eh oui! Comme quoi, il suffisait de changer de port d?attache ! C?est le cas de le dire, car avec Marie-Louise, il continuera sur sa lancée en allant en France, en Espagne, en Grèce, en Turquie? où il sera artiste, cuisinier ou marin. Ceci, un peu grâce à l?influence de Marie-Louise, qui est Bretonne.

Créations originales

?Chez nous, on fait de la voile quasiment avant de marcher?, dit-elle. Abdool expose même ses ?uvres au Carrousel du Louvre à Paris. Un succès ? ?Pa vreman, plito ena dimoun inn copie. Me sa pa deranz mwa. Pouvi mo bann ?uvres voyaze?. Ce sont les économies qu?ils font en Europe qui leur permettent de poursuivre leur hobby à Maurice. Car, Abdool précise que son art, ce n?est pas exclusivement pour la vente.

Depuis trois, quatre ans, de nouvelles créations sont venues s?ajouter aux colliers et bibelots d?Abdool : des mobiles. Ce sont des objets décoratifs constitués d?une demi-noix de coco au sommet, avec suspendus des creyon disab et des perles venant d?Inde ou de Turquie placées à une distance calculée et traversées par des fils de nylon, avec au bout des coquillages. Un peu de vent ou un petit toucher, et c?est une douce mélodie qui vous berce? Pour ses amis, le mobile dont le montage seulement peut prendre deux semaines, est à Rs 500.

Quoi d?autre ? Pendant l?exposition Métissage au Centre d?Art et Musique de Tamarin qui s?est tenue du 30 septembre au 1er octobre de cette année, les ?uvres d?Abdool, de son épouse, de Jean-Yves L?Onflé, un autre artiste de l?Ouest et quelques autres artistes de la région ont tapé dans l??il de plusieurs mécènes. C?est ainsi que le directeur de l?hôtel Movenpick de Bel-Ombre leur a demandé de venir exposer leurs ?uvres à l?hôtel. Dans un premier temps, ils y seront pour trois mois. L?expo devrait vraisemblablement débuter avant la Noël. Prochaine étape pour Abdool, ce sera la sculpture. Il projette aussi de se rendre en Inde. Pieds nus. Histoire de continuer ?mo lavi Tarzan?. Pas la peine de lui souhaiter bonne chance.

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