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T-East avide de sentiments

30 juillet 2004, 20:00

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Il va finir par devenir un chanteur de l?amour. Après La zalouzi, l?ex membre de Gangsta Beach prépare un nouvel album qui laboure le champs des grands sentiments. Plus aucune trace de timidité. L?époque où T-East faisait du featuring dans l?ombre des «cousins» plus charismatiques, c?est fini. Les gangsters de la plage mais «messagers de la paix» ? logique de raggamen ? c?est révolu.

Gangsta comment déjà ? A force de Kriyé plus fort que tous les autres, le groupe s?est usé les cordes vocales. Au point de disparaître de la scène musicale sur un énorme succès. Et une controverse : rumeurs de plagiat.

Dénégation en bloc en plaidant la reprise cautionnée par un producteur réunionnais. Il est de ces histoires qui restent belles tant qu?elles sont embrouillées.

Relax au bord de la piscine de Richard Hein producteur sous le label Studio Kapricorn, T-East démêle quelques brins de l?écheveau. Avant de s?arrêter ? se rattraper ? - trop tôt. « Enn group pa kapav fer repetition par telephone. Gangsta Beach pa finn kasse. Natty finn marie, li la France. Moi aussi mo finn marie, mo viv la France. »

Choix de vie, choix qui désunit. Entre les lignes : le sentiment d?une vogue soudaine. Mal gérée. Dans son complet rouge Jamaica, T-East nous fait irrésistiblement penser au proverbial linge sale qui se lave en famille.

Alors changeons de sujet. Ou pas tout à fait. Cinq mois que T-East fait le va-et-vient entre sa nouvelle vie dans l?Oise, près de Paris et le studio de Péreybère. Trajets où T-East évite de tourner en rond. S?est mis en tête de croiser la route des deux Benoît de Monaster. Au point de mettre en boîte une chanson avec chacun d?entre eux pour son nouvel album. Mo baby avec Ultimatum et Ki to pe vive avec Benzblakka.

Encore une fois, T-East se met une main devant la bouche. « Mo finn coz trop boukou la non. Bizin gard surprise pou public. » Le sourire qui s?épanouissait sous le bandana bariolé se renfrogne un peu. Vite, trouver la parade. Lui parler de son parfum tiens. Celui qui nous arrive par bouffée puissante à chaque fois qu?il ponctue ses mouvements d?un mouvement de bras. «Li appelle Beau Gosse. Mo pas finn aste li akoz so nom mais akoz so bouteille. » Un temps de réflexion. «Parfin natirel oussi sa.» Avec un soupçon de «mariejeanne ? » Nous resterons sur l?interrogation.

T-East sourit. Redevient presque un gamin, lui qui à 23 ans en fait paraît cinq de plus. Cela doit venir des déceptions qu?à vécu ce gosse né « dan ghetto, kosté avec Valetta. » Une vie de copains, de partie de foot et d?amour de jeunesse dont on ne se remet jamais. Des sentiments tellement forts qu?ils vous rendent malade au point de devoir être admis à l?hôpital. Qui vous laisse une lueur d?amertume dans les yeux légèrement rouges. Et vous avouer malgré vous, «ena enn barrière autour mo leker.»

Pourtant, c?est le côté obscur de l?amour qui lui a porté chance. En décembre 2003, T-East se faisait un nom à force de chanter le désir de possession exclusive. La zalouzi, sorti sous le label Studio Kapricorn, faisait rimer jalousie et hypocrisie pour aider Steve Bouf, nom d?artiste T-East, à se démarquer du quatuor Gangsta Beach.

Moins d?un an après, T-East a digéré sa vogue inattendue. « Mo ti la France kan album-la finn sorti. Mo finn gagn sok kan Richard Hein, mo prodikter finn dir moi ki li finn marse.» Choc salutaire d?où a jailli l?envie de persévérer dans la voie qu?il s?est choisit, «mo gagn mo la vi avek la misik.»

T-East s?est remis au micro et à la guitare du côté de Péreybère. Cinq mois qu?il planche sur un nouvel album reggae et seggae dans le but avoué de surfer à nouveau sur la vague du succès. Sans donner de date de sortie, les chansons, qui si elles n?ont pas encore de nom d?ensemble, parleront à coup sûr d?amour.

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