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Sévir contre le gaspillage : Pas à l?ordre du jour
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Sévir contre le gaspillage : Pas à l?ordre du jour
Fin décembre 2007. Alors que les réservoirs sont pratiquement à sec et que les grosses pluies se font attendre, la Central Water Authority (CWA) décide de sévir contre ceux qui gaspillent l?eau. Ce liquide si précieux manque alors cruellement dans certaines régions de l?île. La fourniture d?eau y est sporadique. La CWA annonce alors que parallèlement aux campagnes de sensibilisation à l?économie de l?eau, les Central Water Authority (Drought Period) Regulations 2007 seront appliqués. Les contrevenants seront passibles d?une amende de Rs 50 000 ainsi que d?une peine d?emprisonnement n?excédant pas deux ans. L?objectif : décourager le lavage de voitures avec des kärchers, l?irrigation, même des jardins privés, et le nettoyage à grande eau? du chemin. Ceux qui «volent» de l?eau de la CWA, à travers des raccordements illégaux, sont également dans le collimateur de l?autorité régulatrice.
<B>«Cela pourrait causer des remous»</B>
Trois mois plus tard, aucune amende. Aucune arrestation. Harry Booluck, directeur de la CWA explique qu?entre-temps, «nous avons eu un peu de pluie». Mais que surtout, «dans la pratique, ces règlements-là ne sont pas facilement applicables». «Si l?on appliquait ces règlements comme ils devraient l?être, nous devrions traduire ces gens-là en justice. Cela pourrait causer des remous», soutient-il. Des «remous» qu?ils veulent à tout prix éviter alors même que le gaspillage se poursuit. Que le niveau d?eau dans les réservoirs est loin d?être satisfaisant. Et loin également de nous garantir un hiver sans coupures. Si pour le moment, si l?on en croit le directeur de la CWA, les coupures dans la fourniture d?eau potable sont loin d?être «drastiques», du moins dans la plupart des régions de l?île, si d?ici quelques semaines, il ne pleut pas davantage, «la situation va être très difficile». D?autant plus difficile que chaque année, «c?est la même chose» : «on est tributaire des caprices de la nature».
Mais en attendant que la CWA trouve des solutions durables pour faire face à ce problème récurrent, Harry Booluck devait en discuter avec son conseil d?administration hier. N?aurait-il pas été judicieux de faire respecter ces règlements depuis l?an dernier déjà ? En voulant éviter de faire des vagues, combien de mètres cubes d?eau ont été gaspillés par des consommateurs négligents qu?une amende bien salée (Rs 50 000 par exemple) aurait arrêtés net ?
<B>Conscience et sens des responsabilités</B>
Certes, appliquer ces règlements n?est pas une chose aisée? Comment une poignée d?officiers de la CWA, et ce même s?ils étaient aidés de ceux du ministère des Servies pu-blics, pourraient faire pour fliquer tous les gaspilleurs d?eau ? Ils auraient fort à faire pour prendre sur le fait des indélicats qui attendent la tombée de la nuit pour remplir leur piscine, arroser leur jardin ou nettoyer le chemin devant leur portail?
Lorsque ce durcissement des règlements avait été ann-oncé il y a quelques mois, la CWA comptait sur la conscience des mauriciens et leur sens des responsabilités pour agir mieux. Dans le même élan, ils encourageaient les membres du public à les informer de toute connexion illégale qu?ils découvraient ou de toute infraction aux règlements qu?ils constataient en appelant leur hotline sur le 170 ou leur service clientèle.
Mais outre la délation, la CWA ne devrait-elle pas envisager l?introduction d?une «Police de l?eau», similaire à celle de l?environnement ? Des policiers dont les journées - et pourquoi pas les nuits - seraient consacrées à traquer ceux qui gaspillent impunément l?eau. Interrogé à ce sujet, Harry Booluck précise qu?une telle mesure n?a encore jamais été envisagée. Il n?est jamais trop tard pour bien faire?
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