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Syndicats et employés appréhendent l?heure d?été

21 octobre 2008, 00:00

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Heure d?été oblige, devoir se lever plus tôt dès dimanche prochain, 26 octobre, pour se rendre au travail est diversement accueilli par les employés des secteurs du transport, de l?externalisation et de la zone franche. Ils en ont fait part à leurs représentants syndicaux ainsi qu?à leurs supérieurs.

Les receveurs et les chauffeurs d?autobus ont informé l?Union of Bus Industry Workers Union de leurs inquiétudes. Pour eux, cette nouvelle disposition risque de causer d?innombrables problèmes, tant sur le plan professionnel que familial. Ils assurent qu?ils vont devoir prendre le travail à 3 h 30 du matin au lieu de 4 h 30.

«Pour pouvoir se lever tôt et prendre le travail à 3 h 30 du matin, il faudra que les chauffeurs et les receveurs se réveillent au moins une heure avant. Leurs épouses devront en faire de même», déclare Wakhil Lalloo, porte-parole de l?UBIW.

A rude épreuve</B>

De plus, dit-il, les nerfs des chauffeurs seront mis à rude épreuve. Ces travailleurs ont tendance à faire des heures supplémentaires pour joindre les deux bouts en raison de la hausse du coût de la vie et ils courent ainsi des risques accrus.

«La fatigue risque de mettre en péril la sécurité des passagers. Il suffit d?un seul moment d?inattention et un accident est vite arrivé», dit le syndicaliste. Wakhil Lalloo ajoute que l?heure d?été ne doit pas être appliquée aux chauffeurs et receveurs d?autobus. Elle ne devrait concerner que les employés de bureau, dit-il.

Cette crainte exprimée n?est pas restée lettre morte. Les propriétaires des opérateurs individuels d?autobus se réuniront demain pour étudier la question en profondeur. C?est ce qu?a déclaré à l?express, hier, Guruduth Chuckun, président de la Bus Owners Cooperative Federation.

Viraj Nundlall, directeur général de la Triolet Bus Service, dit qu?il étudie actuellement les répercussions de l?application de l?heure d?été sur les horaires d?autobus. «Les chauffeurs et les receveurs vont certes commencer à travailler plus tôt que d?habitude. Mais ils pourront aussi rentrer chez eux plus tôt», argue-t-il.

Le changement d?horaire de travail a également ses conséquences dans le secteur de l?externalisation. Certains employés affirment qu?il faudra se préparer psychologiquement pour affronter cette nouvelle situation. «J?ai l?habitude de rentrer chez moi avant minuit. Maintenant je vais rentrer chez moi après minuit. Le risque de se tromper de jour sera sans précédent», déclare Arielle, une employée.

<B>«Pas de grande résistance»</B>

Roshan Seetohul, directeur d?Euro-CRM dit avoir déjà animé des réunions avec ses employés à propos de l?heure d?été et du décalage horaire. «Il faut certainement un temps d?adaptation car le changement d?horaire de travail à Maurice va coïncider avec celui qui va être appliqué en France ce mois-ci», précise-t-il.

Dans ce nouveau contexte, un employé qui, d?habitude, commence à travailler à 1 h 30 du matin va maintenant démarrer à 2 h 30, dit Roshan Seetohul. Cette décision profitera, dans une certaine mesure, aux salariés de Euro-CRM.

Dans la zone franche, les employés ont aussi fait part de leurs appréhensions à propos du changement d?horaire de travail. Ils en ont discuté avec leurs représentants syndicaux. Interrogé hier, Yousouf Sooklall, président de la Free Democratic Union Federation, a déclaré qu?il n?a pas reçu, jusqu?ici, de vives critiques à propos de l?entrée en vigueur de l?heure d?été.

«Il est un peu prématuré pour mesurer les répercussions de cette décision. Ce changement va certes changer les habitudes dans les foyers. Mais comme on le sait, tout changement provoque des réactions.» Seule une campagne de sensibilisation aidera à faire accepter cette décision.

La Mauritius Employers Federation a, de son côté, démarré un sondage auprès de ses membres quant aux répercussions de l?application de l?heure d?été dans différents secteurs. Pradeep Darsun, porte-parole de cette fédération, a déclaré que l?on aura une idée plus claire, dans deux semaines, de la réaction des propriétaires d?entreprises sur la question. Jusqu?ici, dit-il, il n?a pas noté de «grande résistance» de leur part à l?introduction de l?heure d?été.

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