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Surendettement : inconscience ou frime ?
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Surendettement : inconscience ou frime ?
Le niveau de vie des Mauriciens s?est indéniablement amélioré. Le soutenir, toutefois, devient de plus en plus pénible. Et le crédit devient un recours dont on use et en abuse.
Au départ, il était question d?encourager la consommation et aussi d?aider les salariés à améliorer leur niveau de vie. Détaxe, taux d?intérêt abordable et vente à tempérament sont ainsi devenus le nouvel ordre des choses. Très vite, cependant, les équipes de marketing des grandes chaînes commerciales ont pris le dessus. Elles concoctent des campagnes de pub hyper agressives pour appâter le consommateur.
Elles rivalisent en créativité pour contourner les conditions contraignantes du Higher Purchase Act?
Les Mauriciens se laissent prendre par la frénésie de la consommation ainsi induite. Et qu?importe si la bourse n?est pas suffisamment garnie. Les maisons de crédit sont là pour pallier ce manque.
Et voilà donc une charge financière de plus qui vient grever le budget du consommateur. Il doit peut-être payer son loyer si ce n?est rembourser son prêt-logement et assumer les frais d?intendance et d?écolage des enfants. Le pouvoir d?achat s?en retrouve sérieusement grignoté. D?où la difficulté à joindre les deux bouts.
Toutes les couches sociales sont sensibles aux facilités de crédit.
Les débiteurs sont aussi bien maçons, policiers qu?avocats. « Une famille sur trois est surendettée », constate Gérard Malliaté, président de l?Association pour la protection des emprunteurs abusés. « La fiche de paie ne veut rien dire aujourd?hui. Certains s?amusent à présenter les mêmes documents à plusieurs maisons de commerces pour profiter des offres. En plus avec les mêmes garants. Comment, dans ce cas, peut-on être en mesure de garantir des paiements réguliers ? » fait remarquer le directeur d?une importante société de crédit.
Le surendettement peut avoir des conséquences pénibles et onéreuses. Incapable d?honorer ses obligations, le consommateur se retrouve souvent au tribunal.
Au cours des dernières années, la consommation a pris de l?essor. L?endettement des salariés aussi. Les statistiques publiées par la Banque centrale le confirment. En juillet 2004, les salariés avaient emprunté quelque Rs 8,5 milliards auprès des diverses institutions financières. Maintenant les indicateurs font état d?un certain ralentissement dans la consommation. Cette tendance devrait s?accentuer l?année prochaine.
Inconscience ou désir de frime ? Les Mauriciens n?offrent pas de réelle résistance aux incitations à la consommation qui les bombardent jour et nuit. Il faut peut-être y voir une crise des valeurs personnelles. Jadis, les dépenses domestiques étaient toujours financées par l?épargne. Le crédit était le dernier recours. Aujourd?hui c?est l?inverse. Et aussi longtemps que ce sera le cas, la population suffoquera à chaque fois que la situation économique du pays se détériorera. Les pays industrialisés l?appellent le Credit Bubble Problem.
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