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Suren Seeruttun, balade à travers Maurice carte postale
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Suren Seeruttun, balade à travers Maurice carte postale
Des coins reconnaissables au premier coup d??il. Des images de Maurice que l?on aime, que l?on balade avec soi partout où l?on va. Suren Seeruttun croque les lieux sans les citer. Il préfère nous laisser redécouvrir des espaces mille fois visités, qui à force d?être lavés par nos regards, ne nous frappent plus.
Sacré Poivre, par exemple, se veut l?allégorie du bassin de nénuphars au jardin de Pamplemousses. C?est dans la même veine que Suren Seeruttun a conçu les 28 tableaux exposés à partir d?aujourd?hui, à la galerie Max Boullé.
Jusqu?au 14 septembre, le peintre ? qui à 37 ans est à sa première exposition ? nous balade à travers un pays carte postale. Les couleurs y sont flamboyantes, comme l?arbre éponyme à la fin de l?année. L?ombre et la lumière sont celles des journées d?été. Clarté vive, blancheur à la limite de l?aveuglant. Les ombres longues, les bleus vifs, les tons chauds.
Au pinceau et au couteau, Suren Seeruttun étale ses huiles avec générosité. Avec la fougue d?un passionné longtemps refoulé. Coincé entre son emploi de graphic designer chez Cathay Printing et sa vie de famille, cela fait 25 ans que ce Vacoassien rêvait de peindre. D?où le thème de l?exposition : Ile Maurice ma patrie, entre rêves et réalité.
Alors que ses ?uvres sont des reflets parlants d?un quotidien placide et immuable, il affirme que sa part de fantasme réside dans sa furieuse envie d?immortaliser des lieux qui ont retenu son attention. Dès que Suren Seeruttun est lancé sur le sujet, il est intarissable. Ses mains qui brassent l?air, ses yeux exorbités, ses paroles qui se bousculent, ne suffisent pas pour raconter les décennies d?attente avant la concrétisation de l?exposition.
?J?ai appris tout seul?
Des années à se construire une vie. A mériter son salaire, à faire des heures supplémentaires. Bref à assurer. Le déclic se produit en novembre dernier. ?Ne me demandez pas ce qui s?est passé, c?est juste que je ne pensais qu?à peindre et que dès que je terminais un tableau, je n?avais qu?une envie : recommencer.? Tout y passe, les photos prises sur la route vers Mahébourg, quand il va rendre visite à s?ur. Des clichés oubliés dans des tiroirs.
Les moyens formats coulent littéralement de ses doigts. Soleil, Salines et Sueur gagne le concours du plus bel effort ex aequo avec Liberté et enchaînement, toile où des pêcheurs fourbus ramènent un filet chargé des prises de la journée.
A chaque fois, les visages restent flous, les profils sont de trois-quarts, les corps sont représentés de dos. ?Ce qui me frappe, ce sont surtout les paysages?, s?excuse presque Suren Seeruttun. Même ton pour nous confier :?Je n?ai pas de grands diplômes, j?ai appris tout seul. Ma seule expérience vient des dessins de divinités que je faisais dans des temples.?
Et la promenade de continuer. Flots de fraîcheur se baignant dans les eaux du Rochester Falls. Histoire de patienter en attendant Le retour du lion, l?instant magique d?un retour au pied de l?imposante montagne du Sud.
Décidément fasciné par les constructions naturelles en granit bleu, le peintre s?en va téter aux Mamelles vues des tamariniers, avant de rendre leur liberté aux coursiers du Champs de Mars, car dans son rêve, Suren Seeruttun voit le Turf au naturel.
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