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Sur les bancs du souvenir
Une des plus grandes écoles primaires du pays, Doorgachurn Hurry, de Goodlands, a célébré son jubilé la semaine dernière. Une fête avait été organisée pour marquer l?événement.
Cette institution, avec environ 1 000 élèves et un taux de réussite dépassant les 50 % aux examens, est considérée comme une des meilleures des quatre écoles de Goodlands. Elle a une longue histoire derrière elle.
Un ancien élève, Dharmesswar Hurree (aucun lien de parenté avec Doorgachurn Hurry, nom que porte l?école depuis 1990) aujourd?hui âgé de 75 ans, qui y a travaillé comme instituteur et qui y a été maître d?école, raconte...
Nous sommes dans les années 1935-40. Il y a une seule école à Goodlands. Il s?agit de St Antoine RCA, dont le bâtiment se trouve au centre du village, là où se tenait l?ex-foire maraîchère. Tous les enfants du village fréquentent cette école.
En 1940, des notables décident de lancer une école privée. Elle s?appellera Victoria School et est construite avec du ravenala. Elle est gérée par un certain Donald Francis, un habitant de Beau-Bassin et est située là où se trouve actuellement le bâtiment de Galaxy. Durant les premières années, environ 200 enfants y sont admis. Les fees de l?école sont à 25 sous mensuellement.
Quatre ans plus tard, suite à la pression des parents et de feu Sir Seewoosagur Ramgoolam, la Victoria School est convertie en école publique. Elle est transférée dans l?ex-bâtiment de l?école RCA, qui, elle, a élu domicile dans un autre bâtiment à côté de l?église Ste- Claire, à St-Antoine.
Ce n?est qu?en septembre 1953 qu?un nouveau bâtiment est construit à l?entrée de Goodlands pour abriter l?école. Il y a une dizaine de salles de classe et une vingtaine d?instituteurs. Le premier maître d?école est André Legallant, poète très connu. Edouard Mau nick fait partie du personnel. La plupart des instituteurs viennent des villes.
Ishwar Hurry, qui vient de terminer ses cours à l?Ecole normale, est un des rares instituteurs qui habitent la campagne à l?époque. Il se souvient d?un collègue, Vadamalay Vencathachellum, qui habitait Belle-Rose, mais qui avait eu un petit local dans une société coopérative pour y habiter les jours de semaine. Il ne regagnait sa résidence que les week-ends. Il passe tellement de jours à Goodlands, qu?il trouve même l?élue de son c?ur dans ce village.
Ishwar Hurry raconte que cette école avait jusqu?à 1 800 élèves dans les années 70-80, soit avant l?ouverture de deux autres dans le village. Il y avait aussi des élèves de Roche-Terre, village voisin, qui fréquentaient l?école de Goodlands. Il y avait jusqu?à quarante sections, avec un personnel d?environ 70 personnes.
Ishwar Hurry a de bons souvenirs comme de mauvais. Il se souvient aussi des instituteurs très dévoués et du boursier de Junior Scholarhip en 1975, un dénommé Kanhye. Et comment le toit du bâtiment fut emporté par le cyclone Carol et l?école dut rester fermée pendant au moins six mois. ?Ti éna tellement réfugiés qui ti zot ti plis qui zélèves?. Les rondins et les feuilles de tôle étaient gardés dans la cour de l?école pour être distribués aux réfugiés. Il se souvient encore du passage de Jenny deux ans plus tard.
Parcours
Ishwar Hurree : une riche carrière
Iswhar Hurree, aujourd?hui, âgé de 75 ans, a fait une belle carrière dans l?enseignement. Il se joint au Training School en septembre 1946. Avant même de finir son ?training?, il est appelé à enseigner à l?école de Goodlands, dès son ouverture. Après avoir obtenu sa licence, il se joint au Hindu-Aided School, contre son gré. Il est alors affecté à l?école Young Men?s Hindu, de Port-Louis.
En 1953, il est muté à la nouvelle école de Goodlands. Il y travaille pendant une bonne dizaine d?années.
En 1965, il devient ?Government Teacher? et quatre ans plus tard, il est promu assistant maître d?école. Il est nommé maître d?école trois ans plus tard. Il est promu inspecteur en 1985 et prend sa retraite en 1988.
Il a aussi travaillé comme Community School Teacher au début des années 80. Cette école était destinée aux recalés du Certificate of Primary Examination (CPE). A 75 ans, Iswhar Hurree a encore une bonne mémoire et les souvenirs reviennent sans cesse chez lui.
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