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Superman, un retour qui vaut le détour

1 septembre 2006, 00:00

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Sans doute parce qu?il a été le tout premier des super héros en collants avec cape, (né dans les années 1940 pour protéger l?Amérique et lui donner une image triomphante d?elle-même) Superman est le seul à être totalement invulnérable à tout matériau d?origine terrestre et à ne souffrir d?aucune blessure secrète ni d?aucune fêlure dans sa personnalité. Ce qui fait de lui le moins intéressant des super héros, étant le plus monolithique et le moins humain. Lui conférer une certaine humanité sans tomber dans la caricature et lui garder ses super pouvoirs intacts sans tomber dans l?infantilisme des toutes premières bandes dessinées était un défi intéressant à relever. Suffisamment on le suppose, pour décider le réalisateur Bryan Singer à abandonner le troisième épisode des X-Men et se consacrer à ce retour du justicier volant.

Bryan Singer est de ces nombreux cinéphiles qui furent marqués par le Superman des années 1980, avec Christopher Reeves. Chez les spectateurs de plus de trente ans, les premières images de Superman Returns provoqueront l?étrange sensation d?un retour en arrière. Les images sont les mêmes que pour le film de Richard Donner, la musique du générique est la même et sous certains angles, l?interprète Brandon Routh a comme un faux air de Christopher Reeves.

Le film de Bryan Singer reprend le récit là où s?était arrêté le deuxième épisode de la série précédente (laissant de côté les épisodes 3 et 4 pas très réussis). Superman est de retour sur terre après cinq années d?errance dans l?espace à la recherche des restes de sa planète natale. Il retrouve sa mère adoptive Martha Kent (Eva Marie Saint de La Mort aux Trousses d?Hitchcock ? l?actrice ne joue aucun rôle important dans la présente histoire, mais il fallait quand même qu?elle soit mentionnée), et, en même temps, son personnage de Clark Kent et découvre que sa planète d?adoption, la Terre, arrive tant bien que mal à tourner sans lui.

C?est sous cet angle que Bryan Singer fait ressortir l?humanité du super héros. Ainsi, il s?aperçoit que celle qui l?a aimé, Loïs Lane (Kate Bosworth), a refait sa vie sans lui et qu?elle a un gamin de cinq ans dont il pourrait bien être le père. Quête des origines, mais aussi la quête d?une famille, d?un clan (les amis de Clark Kent) et celle du bonheur : il n?y a rien de plus humain.

Le côté surhumain du personnage n?est pas délaissé pour autant. Superman parle peu, mais ce qu?il a à dire, il le dit bien. Pour respecter la nature idéalisée du héros, celui-ci est évidemment invulnérable (sauf à la kryptonnite), mais il y a comme un sous-entendu ironique dans la façon dont tout cela nous est présenté. Superman a été envoyé sur Terre par son père afin d?orienter les humains vers ce qu?ils ont de bon en eux, etc. Sommes-nous supposés prendre de telles références christiques au sérieux ?

Comme pour les X-Men, Bryan Singer a l?intelligence de relever les aspects intéressants de son sujet. Dommage qu?il ne prenne pas la peine de les développer. Attitude qui nous laisse avec un film de deux heures et demie environ durant lesquelles on ne s?ennuie pas, vu qu?il est habilement réalisé, que le récit tient la longueur du parcours et que les scènes d?action sont spectaculaires à souhait ? bien qu?elles ne nous offrent rien de nouveau en la matière. Reste que Superman se retrouve une fois de plus à combattre Lex Luthor (Kevin Spacey), son ennemi de toujours. Et, du nouveau, justement, c?est ce qu?on était en droit d?espérer.

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