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?Sunshine?

14 juin 2007, 20:00

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Rien n?est aussi trompeur que le futur ; à plus forte raison, l?idée que nous nous en faisons. Certains grands films comme 2001 Odyssée de l?Espace ou Things to Come (classique des années 1950 connu seulement des vrais érudits) présentaient en leurs temps, une vision du futur, c?est à-dire de notre époque, qui est très peu en rapport avec ce que nous vivons aujourd?hui. Ces films véhiculaient des idées qui étaient celles de leur époque, d?où leur obsolescence aujourd?hui. On peut supposer qu?il arrivera un moment dans le futur à partir duquel un film comme Sunshine de Danny Boyle, sera tout aussi daté, se limitant à la pensée de ce début du XXIe siècle.

Ce qui n?est déjà pas si mal : ce film pouvant être considéré comme celui qui aura le mieux résumé notre époque, la projetant dans le futur avec ses préoccupations et ses angoisses. Bien que Sunshine soit un film dit de science-fiction, on y trouvera beaucoup plus de fiction que de science, mais on peut parler d?une belle fiction humaniste. Certes, les amateurs d?aventures spatiales y trouveront leur bonheur. Danny Boyle a laissé les coudées franches à ses techniciens artistes de l?imagerie numérique et ces derniers s?en sont visiblement donné à c?ur joie, puisant soit dans les archives de la NASA, soit dans leur imagination pour nous offrir des images à époustouflantes. Des images de ce qu?on appelle à tort le ?vide intersidéral?, quelques gros plans de Mercure, des vues du soleil qui se meurt tout au long du film et le vaisseau, l?Icarus II. Les proportions gigantesques du dernier item ne manqueront pas d?impressionner le spectateur lambda ; les passionnés et passionnées d?exploration spatiale noteront le réalisme de sa conception et trouveront ses lignes quelque peu familières, tandis que les cinéphiles noteront que les intérieurs du vaisseau ne sont pas sans évoquer 2001?.

Les références au film de Kubrick abondent dans ce film. Mais, alors que ce dernier avait fait de son vaisseau, un cocon protecteur baigné de lumière ? du moins, au début ? Danny Boyle fait de l?Icarus II une gigantesque prison pour son équipage. Ces hommes et femmes aux origines diverses comme la population terrienne, sont au c?ur même du film. Eux, n?ont pas eu l?avantage d?un voyage en hibernation comme dans Alien (autre référence) et dès le début, on sent déjà les tensions nées de sept années passées ensemble dans un espace hermétiquement clos. La façon dont ils sont filmés dans leur univers tient presque du tape-à-l??il, mais elle est efficace. Au fur et à mesure que se dessinent les personnalités, on prend conscience de leur isolement, de l?immensité du vide qui les entoure et du poids de leur mission : sauver l?espèce humaine, ils sont notre dernier recours. Et, lorsque survient l?accident, tous choisissent d?accomplir leur mission au sacrifice de leur vie. Mais, les choses ne s?arrêtent pas là, chacun des personnages (survivants) négociant sa destinée différemment. Sunshine nous offre ainsi quelques descriptions de personnages dont la réussite repose essentiellement sur le talent de leurs interprètes. Michelle Yeoh, la plus connue, s?en sort haut la main ; Cillian Murphy et Chris Evans, moins connus, sont également remarquables dans les rôles principaux.

Tous sont dirigés de main de maître et à travers l?évolution de leur personnage, on retrouvera les principales préoccupations de notre époque. La survie de notre planète, un monde sans armes nucléaires et ce refus absolu devant la fatalité de notre disparition en tant qu?espèce ; sans compter le thème de la Mort, elle-même. Il reste à savoir ce qu?on en pensera dans cinquante ans.

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