Publicité
Budget 2026-2027
Questions à… Jean Claude de l’Estrac : «La question de la pension reste le verre à moitié vide du Budget»
Par
Partager cet article
Budget 2026-2027
Questions à… Jean Claude de l’Estrac : «La question de la pension reste le verre à moitié vide du Budget»
Jean Claude de l’Estrac, Écrivain, ancien journaliste, ministre et secrétaire général de la COI (GCSK).
Quel est votre analyse globale du deuxième budget du gouvernement de l’Alliance du Changement présenté par le Premier ministre (PM) et ministre des Finances, Navin Ramgoolam ?
Comme toujours, on peut regarder le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Soyons indulgent. Au plan positif, ce discours de budget contient nombre de mesures dont le bien-fondé ne peut être contesté. On trouve une tonalité moderniste qui colle aux exigences de l’heure quand il évoque l’intelligence artificielle, l’éducation et la formation, l’économie bleue… Mais immédiatement se pose la question de la capacité d’exécution d’un gouvernement dont on déplore les lenteurs et les atermoiements. J’aurais voulu entendre une proposition concrète de méthodologie de suivi et d’opéralisation.
Le verre à moitié vide, c’est toujours la question de la pension. Si l’objectif du PM était de répondre à la contestation de la réforme, par ailleurs indispensable, je crains qu’il ne soit atteint. Dans la réforme initiale, le mécontentement était le fait des contribuables qui voyaient repousser à plus tard une allocation attendue. Dans la nouvelle mouture, ce sont, en partie, ceux qui bénéficient de l’allocation qui vont la perdre totalement ou partiellement. Cela fait plus mal, même si ceux qui seront impactés, toujours les mêmes, sont moins nombreux.
La décision de mettre fin aux privilèges parlementaires en matière de retraite et de limiter les parlementaires à une seule voiture «dutyfree» par mandat a été saluée par de nombreux groupes et formations politiques. Que pensez-vous de cette mesure ?
C’est une bonne mesure au plan symbolique. Mais elle représente, budgétairement, une infime partie des mesures d’économie dont nous avons besoin.
Certains membres de l’opposition et des syndicats ont qualifié cette feuille de route financière de terne ou manquant d’ambition, en évoquant notamment la difficulté de préserver le pouvoir d’achat des ménages face à l’inflation sous-jacente. Quel est votre opinion ?
L’opposition est dans son rôle. Je n’ai pas trouvé que les propositions du PM manquaient d’ambition. Au contraire. Je trouve qu’elles expriment des ambitions qui sont peut-être hors de notre portée dans l’état actuel des structures étatiques, de la faiblesse de l’encadrement, de la médiocratisation des institutions et de la corruption ambiante.
Quant à la défense du pouvoir d’achat, la marge de manœuvre de tout gouvernement restera étroite tant que le pays continuera à importer 90 % de ses besoins alimentaires. Et il n’y a pas dans ce budget de mesures décisives en faveur d’une plus grande autosuffisance alimentaire sinon une déclaration d’intention.
Publicité
Publicité
Les plus récents