Publicité

Sucre exclu, la croissance économique sera inférieure à celle de 2003

2 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le Central Statistics Office (CSO) révise à la baisse ses prévisions de croissance économique pour l?année 2004. Elle sera de 4,7 % au lieu de 5,3 % comme avancé en avril.

Ce chiffre est à peine mieux que le taux de 4,6 % enregistré en 2003, selon les dernières révisions des statistiques officielles. Sucre exclu toutefois, le taux de croissance sera inférieur à celui de l?année dernière, soit de 4,4 % contre 4,5 %.

Cette révision était attendue. Les services économiques de la Mauritius Commercial Bank (MCB) avaient à la fin de juillet ramené leurs estimations de croissance de 5,5 % à 4,8 %. L?institution bancaire avait estimé la croissance hors sucre à 4,6 %.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l?analyse du CSO ne pouvait être différente, même si on note que les analystes de l?Etat sont légèrement plus pessimistes que ceux de la MCB.

L?affaissement des perspectives de croissance est attribuable à une détérioration dans les principaux piliers de l?économie, à savoir le sucre, la zone franche, le tourisme et les services financiers.

La production sucrière cette année tournera autour de 590 000 tonnes et non de 620 000 tonnes, comme le faisaient espérer les bonnes conditions climatiques qui prévalaient au début de l?année.

Au niveau de la zone franche, il faut prévoir une contraction de l?ordre de 1 %. Mince consolation, en avril le CSO avait envisagé une croissance négative de l?ordre de 2 %. ?Néanmoins, selon les acteurs de l?industrie, les incertitudes sur la performance du secteur persistent toujours?, préviennent les analystes de l?Etat.

Au niveau du tourisme également les nouvelles ne sont pas réjouissantes. L?objectif de 740 000 touristes cette année ne sera pas atteint. Durant les six derniers mois, la performance de certains de nos principaux marchés tels que La Réunion et l?Afrique du Sud a été inférieure aux attentes. De ce fait, le CSO ramène ses prévisions sur le nombre de touristes à 725 000 cette année.

Faible croissance dans la banque et l?assurance

La tendance est à la baisse aussi dans le secteurs des services financiers qui devraient enregistrer une expansion de 6 % au lieu des 7,4 % estimés en avril. Cela est attribuable à une plus faible croissance attendue dans la banque et l?assurance. Dans le secteur bancaire, les institutions domestiques devraient améliorer leur performance avec une croissance de 6,1 % contre 5,9 % en 2003. Par contre, les banques offshore devraient faire moins bien que prévu, avec un taux de croissance de 6,7 % comparé à 12,3 % en 2003, estime le CSO.

Face à ces mauvaises nouvelles dans les principaux secteurs d?activités, le CSO a donc ramené à 4,7 % le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2004.

Par ailleurs, si le niveau d?épargne augmente, l?investissement, lui, baisse. Sur la base des travaux en cours ou à venir, l?investissement en 2004 devrait passer à Rs 38,7 milliards, ce qui représente une hausse de 8,5 %. En termes réels, l?augmentation sera de 4,8 % comparée à 10,3 % en 2003. Achat d?avion exclu, la croissance de l?investissement sera de 7,4 % contre 8,2 % en 2003.

Le taux d?investissement en termes de proportion par rapport à la formation de capital régresse, passant de 22,7 % l?année dernière à 22,2 % cette année.

La bonne nouvelle toutefois est que l?investissement privé repart. Il devrait s?élever à Rs 25 milliards cette année, représentant une croissance de 10,1 % en termes réels après une contraction de 1,2 % enregistrée l?année dernière. C?est l?hôtellerie qui devrait mobiliser davantage de capitaux : Rs 5,2 milliards cette année contre Rs 3,2 milliards l?année dernière.

L?investissement public sera réduit à une croissance modeste de 3,6 % après un taux exceptionnel de 35,7 % en 2003 quand la majeure partie des grands chantiers de l?Etat ont été réalisés.

Publicité