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Sucre : chute des prix et compétition en vue

1 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Organisation mondiale du commerce (OMC) vient de sceller le sort du sucre mauricien en statuant sur celui de l?Europe. Il ne reste plus à l?Union européenne (UE) qu?à finaliser son plan de réforme du régime sucrier. Maurice aura intérêt à se faire entendre lors des négociations là-dessus. Sont en jeu les mesures d?accompagnement promises par l?UE à ses partenaires du Sud.

L?OMC vient de confirmer son verdict : l?UE est en train de déstabiliser le marché mondial en l?inondant de son sucre subventionné. Le Brésil, la Thaïlande et l?Australie étaient en litige avec Bruxelles. Ils ont eu gain de cause. L?UE a fait appel et vient de perdre.

Ce dénouement a une importance particulière pour les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) qui exportent leur sucre sur l?UE. Le volume exporté et le prix perçu sont déterminés par un jeu d?équilibre vis-à-vis des betteraviers européens. C?est ce qui constitue toute la complexité du régime sucrier européen. Il permet à l?UE de maintenir le prix du sucre très élevé sur le marché domestique et d?exporter au moins un volume équivalant à celui importé des ACP à un prix largement subventionné sur le marché mondial.

Réserves des états members

L?OMC engage l?UE à réduire ses exportations subventionnées. Cela risque de déséquilibrer le régime sucrier. L?UE, qui voyait ça venir et qui est mue par des pressions internes, s?est embarquée dans une réforme en profondeur du régime.

En juillet dernier, Bruxelles avait fait ses propositions de réforme. En somme, il est prévu de réduire le prix communautaire pour le sucre roux par 37 % au cours des deux prochaines années. La réforme devait être évaluée en 2008 avant que des baisses subséquentes soient appliquées.

L?UE attendait le verdict final de l?OMC avant d?entériner la réforme. Elle devrait désormais le faire le 22 juin.

Les états membres de l?UE et le Parlement européen ont exprimé des réserves sur la réforme. Dix membres de l?UE ont cosigné une lettre faisant état de leurs appréhensions. Ils protestent, entre autres, contre le climat d?incertitude que laisse planer la perspective de 2008. Par conséquent, la Commission européenne a indiqué qu?elle pourrait renoncer à la midterm review.

Maurice, porte-parole du bloc ACP sur le sucre, fustige la Commission européenne qu?elle accuse de profiter de la conjoncture pour enfoncer le couteau dans la plaie. L?OMC n?oblige pas l?UE à réduire les prix aussi drastiquement, relève un communiqué sorti vendredi après le conseil des ministres.

Les lobbyistes vont donc reprendre leur bâton de pèlerin. Arvin Boolell, ex-ministre de l?Agriculture, estime que le Premier ministre doit s?impliquer personnellement. Ce sera chose faite. Paul Bérenger entend écrire à ses homologues européens. Toutefois, les lobbyistes font ressortir que l?approche est aujourd?hui plus légaliste.

Maurice peut-elle encore croire au miracle ? L?industrie sucrière est convaincue que non. La Chambre d?agriculture a décortiqué hier le verdict de l?OMC pour voir s?il y a des nuances susceptibles d?être exploitées à l?avantage de Maurice. Il n?en serait rien.

Jean-Noël Humbert, secrétaire général de la Chambre, pense qu?il vaudrait mieux se préparer à limiter la casse. Et se concentrer sur les mesures d?accompagnement. L?UE a promis un soutien sur mesure à chacun de ses partenaires sucriers des ACP. Elle les aiderait à se restructurer, à améliorer leur compétitivité et à se diversifier pour réduire la dépendance sur le sucre. Maurice a déjà décidé d?accélérer l?application de son plan de réforme. Le dernier budget a consacré Rs 500 millions aux champs des petits agriculteurs, pour améliorer leur efficience. Il faudra à présent songer à aller plus loin et plus vite.

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