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Stéphanie Bax de bonne humeur
Dans un coin, un ange. Une paire d?ailes accrochées à un corps que l?on devine féminin. Tout est suggéré d?un trait. Un seul. Celui qui file, parfait, du galbe d?une hanche à la pointe d?un orteil. Le cheveu en bataille, l?ange pense. Semble vouloir se fondre dans la semi-obscurité bleutée. Le poids du monde menace de l?écraser.
Coup dur ou coup de chance ? Stéphanie Bax nous propose de partager ses États d?âme, titre de son exposition, visible dès aujourd?hui jusqu?au 9 décembre au Café du Vieux Conseil, à Port-Louis. Une vingtaine de tableaux entre chaud et froid. Pour sa première expo, la jeune femme montre des séries bien ordonnées. Parmi celles qui nous ont frappées : ses anges. Parfois déchus, parfois déçus. Toujours comme des lignes tendues. Dessinées d?un trait sur fond dégradé noir-marine-bleuté.
Parmi les plus lumineux : Le saut de l?ange. Frêle créature comme perchée au bord de sa planète, toute prête à prendre son envol. Mais la pose est ambiguë. Est-ce un envol souhaité ou forcé ? L?ange quitte-t-il l?Eden ou va-t-il à sa rencontre ?
Vastes contrées de l?imagination
Clé du peintre : ?États d?âme, c?est une révélation de Moi. Je montre des moments sans expliquer le pourquoi.? Des humeurs majoritairement joyeuses, fixées sur la toile en l?espace de deux mois.
Urgence de créer, dont le déclic a été actionné par un ancien collègue de Stéphanie Bax. Et conditionné par un départ prochain pour les Seychelles.
Avant de partir pour l?archipel, l?exposante nous balade entre ciel et mer. Ciels embrasés par des couchers de soleil, dont la luminosité orangée est comme multipliée par dix. Stéphanie Bax eWst sans prétention. En sus d?avoir étudié le dessin au collège Lorette de Quatre-Bornes, elle nous confie qu?elle n?a jamais suivi de cours de dessin. Après le secondaire, elle vivra même une période de rejet. Et range ses pinceaux aux couleurs diluées. ?Je déteste que l?on m?impose quelque chose à dessiner?, explique-t-elle.
Attendra que revienne l?envie. Celle de mélanger des bleus mélancoliques. D?inventer des scènes bucoliques. Car Stéphanie Bax ne se rend jamais sur place pour peindre. Par choix. Préférant chercher ses paysages soit sur Internet, soit piocher dans les souvenirs de voyage à Nosy Be (Madagascar) de sa s?ur, dans les films ou dans les vastes contrées de son imagination.
Et pour les peupler, nulle abondance de personnages. C?est un monde débarrassé du bruit, de la chaleur et de l?odeur, qui accompagne l?humain. Pour que ne reste plus que la douceur.
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