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Fête de la musique 2026
Interview… Mahen Gondeea : «Les artistes méritent reconnaissance et dignité»
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Fête de la musique 2026
Interview… Mahen Gondeea : «Les artistes méritent reconnaissance et dignité»
Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la culture.
En tant que ministre des Arts et de la culture, quel est votre message en cette Fête de la musique ?
La Fête de la musique est avant tout l’occasion de dire merci à tous nos artistes. Merci pour leur talent, leur passion et les émotions qu’ils nous font vivre au quotidien. Je sais que le chemin n’est pas toujours facile, mais je veux leur dire qu’ils ne sont pas seuls. Je suis avec eux et je continuerai à être à leurs côtés pour que leur art soit reconnu à sa juste valeur. Continuez à croire en vos rêves. Maurice a besoin de ses artistes, car ils font battre le cœur et l’âme de notre nation.
Une citation commune, c’est «Lamizik bizin zwe». Les artistes attendent toujours une nouvelle concernant le Status of Artist Bill. Quelle est la dernière avancée à ce sujet ?
«Lamizik bizin zwe», mais les artistes méritent aussi d’être mieux reconnus et protégés. C’est pourquoi nous avons enclenché la modernisation du Status of Artists Act. Les propositions et les points de vue exprimés par les artistes lors de la Convention nationale sur les arts et la culture ont été compilés et transmis au State Law Office pour avis. Je veux rassurer les artistes : leurs voix ont été entendues et nous avançons avec détermination pour leur offrir un cadre plus moderne, plus protecteur et plus adapté aux réalités d’aujourd’hui.
Et le «One Stop Shop», un autre projet très attendu par les amoureux et travailleurs du secteur de la musique ?
Le projet du Culture Desk (One Stop Shop) a déjà franchi plusieurs étapes importantes. Une maquette fonctionnelle de la plateforme en ligne a été développée avec l’appui technique de l’Economic Development Board, en s’appuyant sur le National Electronic Licensing System. Des exercices de coordination ont également été menés avec les différentes parties prenantes concernées. Le projet se trouve aujourd’hui à un stade avancé et les derniers ajustements techniques, opérationnels et procéduraux sont en cours avant sa finalisation.
Le Budget 2026-2027 est venu donner une nouvelle impulsion à ce projet en fixant un délai maximal de 15 jours pour la délivrance des permis et autorisations nécessaires à l’organisation des concerts, festivals et autres événements culturels.
Que représente la musique pour vous ?
La musique, c’est avant tout quelque chose qui fait du bien. C’est un moment de détente, une manière de se ressourcer, de se défouler et parfois même de retrouver l’énergie après une journée difficile. Elle nous accompagne selon notre humeur, nous aide à évacuer la fatigue et apporte cette petite dose de bonheur dont nous avons tous besoin. Pour moi, la musique est tout simplement une source de bien-être.
Les artistes réclament souvent davantage d’espaces de diffusion. Le ministère travaille-t-il sur de nouveaux projets en ce sens ?
Il ne faut pas oublier que les artistes ne sont pas uniquement les chanteurs ou les musiciens. Maurice compte plus de 5 000 artistes dans différentes disciplines et leurs besoins sont nombreux. La question des espaces de diffusion est donc essentielle. Plusieurs réflexions sont en cours à ce sujet, car nos artistes ont besoin de davantage de lieux pour créer, exposer et se produire. Je suis également convaincu qu’un pays comme Maurice mérite une National Art Gallery, qui constituerait une vitrine permanente pour nos artistes visuels et notre patrimoine créatif.
Plusieurs artistes évoquent des difficultés financières et un manque de structures d’accompagnement. Que leur répondez-vous ?
Je comprends les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux artistes. J’aurais bien sûr souhaité disposer de davantage de moyens, mais chacun connaît les contraintes économiques auxquelles le pays fait face et que le gouvernement s’emploie à améliorer. Malgré ce contexte, le ministère a maintenu son soutien au secteur. Au cours de l’exercice 2025-2026, une aide financière de Rs 1,1 million a été accordée à 1 010 artistes à travers le General Assistance Scheme. Par ailleurs, 11 artistes ont bénéficié des différents programmes d’aide à la mobilité et à la participation internationale, pour un montant total de plus de Rs 953 000. Nous continuerons à faire le maximum, dans la mesure des ressources disponibles, pour renforcer l’accompagnement du monde artistique.
Quel est votre premier souvenir lié à la musique ?
L’un de mes premiers souvenirs liés à la musique remonte à mon enfance. J’étais fasciné par le Bhojpuri Gamat. Je me souviens qu’avec les jeunes de mon quartier, nous avions l’habitude d’aller aux mariages hindous juste pour écouter cette musique qui, à l’époque, était un incontournable. Et je dois avouer qu’on n’était même pas invités ! (rires). Mais c’était notre façon de vivre et d’apprécier cette ambiance unique.
Y a-t-il un artiste ou un morceau qui vous a particulièrement marqué au cours de votre vie ?
C’est sans aucun doute le légendaire Mohammed Rafi, notamment lorsqu’il prêtait sa voix à Shammi Kapoor. J’ai toujours admiré l’énergie, la joie de vivre et l’émotion qui se dégageaient de leurs chansons. Elles avaient cette capacité de rassembler les générations et de créer des souvenirs communs. En tant que Mauricien et aujourd’hui en tant que ministre des Arts et de la culture, je reste convaincu que la musique a ce pouvoir extraordinaire de traverser le temps et de rapprocher les peuples.
Quelle place la musique occupe-t-elle dans votre quotidien ?
Elle est toujours présente. La radio m’accompagne presque systématiquement lorsque je suis en voiture et, je dois l’avouer, il m’arrive souvent d’accompagner les chanteurs en chantant avec eux… que ce soit au volant ou même sous la douche ! (rires). La musique a cette capacité extraordinaire d’apporter de la bonne humeur et de rendre chaque journée un peu plus belle.
Si vous deviez choisir une chanson représentant Maurice aujourd’hui, laquelle serait-elle et pourquoi ?
Je choisirais sans hésiter Moris Mo Pei de Serge Lebrasse. C’est une chanson qui parle à tous les Mauriciens. Elle célèbre notre attachement à notre pays, notre diversité et ce vivre-ensemble qui fait notre richesse. À chaque fois que je l’écoute, elle me rappelle combien nous avons la chance d’appartenir à une seule et même nation, unie dans sa diversité.
Dans dix ans, comment aimeriezvous que l’on parle de la culture mauricienne à l’international ?
Dans dix ans, j’aimerais que, partout dans le monde, lorsqu’on parlera de Maurice, on ne pense pas seulement à nos plages, mais aussi à notre culture, à nos artistes et à notre incroyable diversité. J’aimerais que les talents mauriciens soient reconnus, respectés et applaudis sur les plus grandes scènes internationales. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’a poussé à instituer les Artist Excellence Awards et les Lifetime Achievement Awards : parce qu’un pays qui honore ses artistes est un pays qui croit en son âme, en sa mémoire et en son avenir. Je rêve d’une Maurice dont la culture fera la fierté de chaque Mauricien et l’admiration du monde.
Si vous aviez une seule promesse à faire aux artistes locaux aujourd’hui, quelle serait-elle ?
Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, dans l’exercice de mes fonctions de ministre des Arts et de la culture, pour leur rendre la reconnaissance et la dignité qu’ils méritent. Parce qu’au-delà des chansons, des tableaux ou des spectacles, il y a des femmes et des hommes qui consacrent leur vie à faire vivre l’âme de notre nation, et cela mérite le respect.
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