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Sting le culte de l?amour
«Une violation, une mutilation, une capitulation.» Ce sont-là les conclusions de l?enquête qu?a mené Sting sur? l?amour. Sujet de toutes les convoitises, thème de toutes les controverses. Catalyseur de passions volcaniques, de haines sanguinaires.
Pour son septième album enregistré en studio, Sting nous livre le résultat des recherches minutieuses qu?il a mené depuis les événements du 11 septembre 2001, sur l?amour. Son rapport s?intitule Sacred Love. Il est sorti aux Etats-Unis sous le label A&M Records depuis le 30 septembre dernier.
Selon le magazine spécialisé VH1, on y retrouve un Sting d?humeur sentimentale qui partage son goût pour la world music et sa sobriété toute british. Sur Sacred Love, il parle de son engagement spirituel à travers des chansons qui rappellent le style de Marvin Gaye ou Stevie Wonder, tout en ressortant certains des ingrédients qui ont fait le succès de The Police dans les années 80.
COLÈRE, PEUR ET CONFUSION
Déclic de ses travaux : l?attentat du World Trade Centre. Ce jour-là, Sting avait prévu de mettre un point final à la tournée Desert Rose ? du nom de son précédent album ? en donnant un concert privé dans sa villa en Toscane.
Le concert eut bel et bien lieu. Mais quand tout fut terminé, Sting ne fut pas épargné par l?onde de choc provoquée par cet événement sans précédent. C?est avec stupeur qu?il apprenait, juste après le concert, que l?un des amis les plus chers de sa famille avait trouvé la mort dans les décombres du World Trade Centre.
«J?étais en colère, j?avais peur, j?étais confus. Le tout à la fois. J?ai passé le jour suivant l?attentat seul chez moi à revoir mes priorités, à m?interroger sur mon rôle en tant qu?auteur dans un monde où rien ne serait plus jamais pareil.» Du coup, la première chanson qu?il écrit est Inside. «J?y parle de l?aspect violent de l?amour, en le décrivant comme un raz-de-marée, quelque chose d?aussi dévastateur qu?une bombe ou que la guerre. La seule réponse que je puisse apporter aux problèmes du monde, est la bonne vieille panacée des artistes : l?amour. Tous les Oussama ben Laden et les Saddam Hussein de ce monde ont dû avoir une enfance terriblement malheureuse. Il y a quelque chose de forcément détraqué dans la manière dont ils ont été élevés. Le monde a besoin de plus d?amour. C?est aussi simple, aussi naïf et idéaliste que cela.» Un message que Sting a choisi de véhiculer de concert avec la reine du hip hop, Mary J. Blige. Le chanteur a fait appel à elle sur le duo Whenever I Say Your Name. Leur première rencontre remonte à la cérémonie des VH1 Music Awards 2002.
A cette occasion, Sting et Mary J.Blige avaient interprété If You Love Somebody Set Them Free. «J?ai été très impressionné par elle. Elle dégage une telle énergie grâce à son étonnante puissance vocale. Chanter avec elle est un énorme défi. C?est comme si vous jouiez au tennis avec l?une des s?urs Williams. Mais en même temps, elle a cette sorte de vulnérabilité qui la rend si attachante.»
De cette première prise de contact, Sting raconte qu?il a tâtonné pendant deux ans avant de trouver un concept lui permettrait d?être crédible dans un duo avec Mary J.Blige. «Son phrasé vient de la tradition du gospel, alors j?ai écrit une chanson qui mélange un thème de Bach et du gospel, qui s?appelle Whenever Say Your Name.»
Un titre que Mary J.Blige a commenté avec le franc-parler qui la caractérise : «Sur cette musique de Sting, mon rôle est de dire qu?il est temps de faire l?amour.»
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