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Statistiques peu significatives
Par Raj MEETARBHAN
Le budget n?est pas qu?une question de statistiques. Or, une grande attention est portée, au cours des débats publics, sur le montant réel de l?investissement direct extérieur (IDE). Les vrais enjeux, ceux qui préoccupent la population, semblent oubliés.
C?est le président de la commission Économie du MMM, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui a parlé de ?manipulation? dès lundi. Dans un commentaire truffé de chiffres et peu compréhensible pour le profane, l?ancien ministre a accusé Rama Sithanen de masquer la vérité au sujet des IDE. Son argument peut mystifier l?opinion. Il est donc important de comprendre les détails de la question soulevée.
Pour Vishnu Lutchmeenaraidoo, une somme de Rs 3,5 milliards a été comptabilisée à tort comme investissement étranger dans le secteur bancaire. Il estime qu?il s?agit d?une opération de trésorerie au cours de laquelle cet argent a fait un aller-retour entre la branche locale de HSBC et sa maison mère.
Cette opération a été rendue nécessaire parce que la branche locale a changé de statut. Elle est maintenant devenue une filiale juridiquement distincte de la maison mère. Par conséquent, la branche locale a rapatrié ses profits, puis la maison mère a investi Rs 3,5 milliards pour fonder le capital de sa nouvelle filiale enregistrée à Maurice. S?agit-il d?un jeu à somme nulle ? C?est ce que pense l?opposition.
De son côté, le gouvernement argue que le rapatriement des profits de la branche locale est une chose et l?investissement fait pour constituer le capital de la filiale une autre. Il ne faut pas les lier. Le premier relève du ?current account? et le second du ?capital account?. C?est aussi ce que dit le manuel du FMI sur la balance des paiements. Il définit le montant versé pour fonder le capital d?une filiale, à l?étranger, comme un IDE.
Dans la pratique, il importe peu de savoir qui a raison. Toute la polémique tourne autour d?une question de nuance terminologique. Cela ne change rien, pour le citoyen, que les Rs 3,5 milliards soient classifiées ou pas comme des investissements venant de l?étranger. Ce débat passionne les politiciens parce que c?est important pour leur orgueil mais la grande majorité de la population ne les suit pas.
Il aurait été beaucoup plus utile de profiter du contexte actuel pour poser les vrais problèmes auxquels est confronté le pays. Il faut discuter du pouvoir d?achat, des emplois, des réformes en suspens telles que celles des pensions et de l?administration publique. La modernisation de l?industrie sucrière reste compromise. L?enseignement supérieur se plaint de dotations insuffisantes alors que l?État dit miser sur la formation. Bref, les politiciens doivent revoir leurs priorités.
Un penseur a dit que les constructions statistiques ne sont que des outils de raisonnement. La seule tâche de l'économie est l'analyse des actions d'hommes, l?analyse de processus.
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