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SSR justifie sa position sur Diégo
A la fin de juillet 1980, Sir Seewoosagur Ramgoolam répond aux détracteurs contestant sa décision d’augmenter les prix de vente du riz de ration et de la farine ou encore sa position au sujet de l’appartenance territoriale de Diego Garcia et des îles Chagos. Il rejette les accusations portées contre lui. Il assume pleinement ses responsabilités en faisant ressortir qu’il a dû privilégier l’indépendance politique à Maurice en cédant l’archipel des Chagos au Royaume-Uni. Il reconnaît “ki Anglais ine faire malin ek moi. Mo accepté mais mo pas ti capave litté are zotte”.
Il estime que la hausse des prix du riz et de la farine n’est pas exorbitante. Les Mauriciens ont les moyens de la payer. “Ils doivent payer ce que coûtent réellement leurs denrées alimentaires”. Il accuse des personnes irresponsables de manipuler l’opinion publique. Il explique qu’il n’y a aucun moyen d’augmenter les subsides gouvernementaux sur le riz et la farine. Il profite de sa conférence de presse pour rappeler aux journalistes leurs responsabilités professionnelles. Les journalistes ont le devoir de se protéger et de protéger leur crédibilité “Pas bisoin ène lotte zaffaire Sheik Hossen”.
Il rappelle que Ringadoo a déjà expliqué dans son discours budgétaire qu’il n’est pas possible d’allouer plus de Rs 173 millions comme subsides sur le riz et la farine. Après la dévaluation de 30 % de la roupie, on achète forcément 30 % de riz et de farine en moins avec Rs 173 millions. Au grand maximum, on peut porter ces subsides à Rs 183 millions mais guère plus.
Au fur et à mesure, il faudra diminuer ces subsides car les Mauriciens doivent apprendre à subvenir par eux-mêmes à leurs besoins. “Nous bizoin coumence diboute lors nous dé li pieds”. Pour augmenter les subsides sur le riz et la farine, il faudrait pouvoir augmenter l’impôt sur les revenus, ce que refusent les contribuables. Si le prix du riz augmente à l’étranger, il faut bien qu’il augmente aussi à Maurice. A une roupie la livre, le Mauricien paie son riz de ration moins cher que dans les pays producteurs de riz. Le riz est un produit de luxe dans bien des pays et le payer à une roupie le demi-kilo, ce n’est pas le payer bien cher. Le Mauricien accepte de payer sa chopine de boisson gazeuse à 85 sous et rechigne à casquer 15 sous de plus pour une livre de riz. Un billet d’entrée dans une salle de cinéma coûte plus cher qu’une livre de farine. L’éducation secondaire gratuite lui vaut autant de critiques que le rétablissement des frais de scolarité à l’Université de Maurice.
Le gouvernement subventionne le prix du riz et de la farine depuis 1945. Il lui faut désormais restructurer sa politique économique. Chacun doit donc accepter sa part de sacrifices. En accordant la récente compensation salariale, Ringadoo savait qu’il y aurait par la suite une réduction des subsides sur le riz et la farine. Il ne pouvait le dire tout haut pour ne pas faire le jeu des spéculateurs et du marché noir. Le Conseil des ministres est incapable d’aborder des questions aussi délicates car tout se sait ensuite cependant en raison de fuites inadmissibles. Ce ne sont pas tant les ménagères qui crient que des personnes irresponsables manipulant honteusement l’opinion publique. Il n’y a plus de misère à Maurice. Cela ne veut pas dire que les Mauriciens ont beaucoup d’argent. Ils ont de quoi manger à leur faim.
En ce qui concerne Diego, SSR rappelle ce qui s’est passé lors de la conférence constitutionnelle de Londres en 1965. L’opposition de l’époque (le PMSD et le secteur privé) ne voulait pas de l’indépendance et elle a effectué un walk-out. Sont restés en salle, le PTr, le CAM et l’IFB. Le fardeau des négociations repose donc sur les épaules des représentants de ces trois partis. Le choix à faire se situait entre l’indépendance et Diego Garcia. En 1980, il est facile de réclamer Diego et les Chagos. Mais en 1965, nul n’a protesté contre la cessation de cet archipel aux Anglais. L’indépendance a donné fierté et souveraineté aux Mauriciens. “En 1965, mo même pas ti conné cotte Diégo ti été. So forme mo pas ti conné. Qu’on me conteste si l’on est contre l’indépendance de Maurice. Mo reconnaître ki Anglais ine faire malin ek moi. Mo pas ti conné si mo ti capave litté are zotte. J’ai voulu préserver les droits mauriciens en matière d’espaces aériens, maritimes, droits de pêche, ressources minéralières, les Anglais se sont mis à rire dans ma figure. Si l’opposition n’avait pas quitté la salle, elle aurait pu m’avoir aidé dans cette phase délicate des négociations”.
Autre tromperie indigne des Anglais. Ils disaient qu’il n’y aurait qu’une base de télécommunications sur Diego or cette île est occupée aujourd’hui par une des plus importantes bases militaires américaines hors des Etats-Unis.
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