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Squatters : le Logement prêt à sévir

22 octobre 2008, 20:00

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Des ordres d?évacuation ignorés depuis plus de deux mois. Ou encore des démolitions ordonnées par le ministère du Logement mais non exécutées. Conscient de la situation, ce dernier se prépare à sévir et annonce une politique de «zéro tolérance».

Ce maître-mot est d?ailleurs revenu comme un leitmotiv lors des récentes réunions organisées sur le dossier au ministère. Même si un plan d?action n?a pas encore été défini.

Le problème concerne particulièrement Vallée-Pitot avec des squatters qui élèvent des b?ufs, des moutons et des cabris sur quatre arpents de terre. Ces structures illégales sont également un obstacle au tracé de la route circulaire (ring road). Ce projet, qui doit relier Sorèze à Roche-Bois, devrait permettre à réduire les embouteillages à l?entrée de Port-Louis.

Et pourquoi les ordres d?évacuation ne sont-elles pas exécutées ? Le ministère dit attendre que les autorités policières agissent. Celles-ci se sont bien rendues à Vallée-Pitot, mais ont buté contre? les b?ufs. Car si la police peut évacuer les squatters, elle ne peut en faire de même avec le bétail.

<B>Des agents politiques</B>

Abu Kasenally, nouveau ministre du Logement, a récemment visité les lieux à Vallée-Pitot. Dans les milieux proches de l?Hôtel du gouvernement, l?on affirme qu?il est question de «mesures imminentes». Il y a peu, Rashid Beebeejaun, alors Premier ministre suppléant, déclarait dans son discours à l?occasion de la célébration de la fête Eid au Taher Bhag à Port-Louis : «Il faut absolument libérer cette région.»

Le principal obstacle à l?exécution de l?ordre de démolition reste les b?ufs. Si leurs propriétaires sont évacués, on ne peut pour autant laisser le bétail dans la nature. Il a été suggéré que l?on dispose de ces bêtes pour la fête musulmane du sacrifice d?Abraham, le 9 décembre.

Dans les milieux du Logement, l?on avance que les squatters sont connus pour être des agents politiques. Ils auraient aidé plusieurs députés de la région lors de la campagne électorale de 2005. D?ailleurs, les fonctionnaires chargés de faire afficher les avis de démolition ont fait face à une forte résistance.

Les squatters, se disant forts du soutien d?hommes politiques, les ont forcés à s?y prendre à deux fois avant de pouvoir exécuter leur mission.

Ils prétendent en outre avoir déjà demandé, depuis août, l?autorisation pour développer un élevage, une plantation et un parc touristique au ministère du Logement. Ils affirment aussi avoir déjà entrepris des travaux de déblayage.

Les différents recensements révèlent que les régions de Port-Louis comprennent les plus grandes concentrations de squatters. Un autre audit est prévu pour mieux cerner la situation. «L?occupation illégale est un des fléaux que le ministère tente d?éradiquer mais force est de constater que c?est un problème épineux, qui nous dépasse, nous les fonctionnaires, explique un employé exaspéré. Il y tellement de lobbies qui entrent en jeu»

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