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Sports Act : la natation en eaux troubles

23 janvier 2005, 00:00

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Décidément, les décideurs de la politique sportive de ce pays font les choses à moitié, pour ne pas dire mal. Comme à chaque amendement, le Sports Act, loi-cadre censée réglementer les fédérations et associations sportives, amène son lot de complications.

Parmi les disciplines sportives les plus touchées par les nouvelles mesures, la natation.

Qu?il aurait été simple si les clubs de natation pouvaient s?adonner à leurs activités à la mer, comme l?a suggéré, dans toute sa stupidité, un haut cadre du ministère des Sports dans un passé récent.

Or, la pratique de ce sport requiert des infrastructures bien définies : une piscine de dimension spécifique, le traitement de l?eau, l?entretien du stade nautique, le chauffage, etc, etc...

Le Sports Act version 2005 exige aux fédérations/ associations sportives d?avoir au minimum deux clubs affiliés dans chacune des 13 régions de l?île. Or, dans le cas de la natation, c?est impossible dans l?état actuel des choses.

Impossible parce qu?il existe 15 clubs actuellement et seulement? quatre piscines de compétition (Le Pavillon à Quatre-Bornes, Serge-Alfred à Beau-Bassin, Souvenir à Calebasses et celle de Rivière-du-Rempart) et aussi celle de Les Salines et bientôt un nouveau bassin à Plaine-Verte.

La Fédération mauricienne de natation a fait savoir qu?elle peut, au plus, se faire représenter dans cinq régions. Et cela pas avant un an, voire un an et demi, le temps que soit terminée la construction des piscines de Rodrigues et de Mare d?Albert.

Il existe, il est vrai, une possibilité de dérogation (à la discrétion du ministre de tutelle), qui est de ramener le nombre maximum de régions à huit pour les fédérations/associations qui ne peuvent, par la force des choses, être présentes dans les 13. Là aussi, ce sera insuffisant pour la natation pour les raisons évoquées plus haut.

Au lieu d?essayer de résoudre ce problème, de faire preuve de compréhension et de bon sens, voilà que les autorités brandissent la menace : trois mois pour se mettre en conformité avec le Sports Act ou c?est la suppression de l?aide financière du ministère des Sports. Ridicule.

À quoi bon pénaliser des fédérations/associations dans la même situation que la natation si elles ne peuvent, malgré toutes leurs bonnes volontés, respecter les règlements ? Une sanction irréfléchie équivaudrait à la condamnation de ces milliers d?adeptes de la discipline qui sont souvent appelés à défendre les couleurs mauriciennes.

Il est évident que trois mois c?est peu. Même cinq ans ne suffiront pas. L?éternel et épineux problème de la régionalisation se posera aussi longtemps que toutes les régions de l?île, sans exception, ne seront pas dotées d?infrastructures dignes et adéquates pour toutes les disciplines, sans distinction. Un projet si ambitieux prendra peut-être 10 ans. Cela demande aussi de la volonté politique?

La natation n?est qu?un exemple. Beaucoup d?autres disciplines font face aux mêmes difficultés.

La régionalisation du sport à Maurice a été une grossière erreur politique. Dans une tentative maladroite d?éradiquer le communalisme du football, les décideurs ont fait un mal encore plus immense à l?ensemble de la communauté sportive.

Aujourd?hui notre football est sans âme. Les intercollèges ont été réduits à une compétition dépassionnée et anonyme. On a volé leurs identités aux gens. Ils ne se retrouvent plus dans ces nombreux clubs, dont certains sont fictifs et sans histoire.

Par incompétence et manque de courage, voilà à quoi nos hommes politiques ont réduit le sport à Maurice ! Un jour, peut-être, leurs petits-enfants leur reprocheront de n?avoir eu aucune vision d?avenir?

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